Je n’ai honnêtement aucune idée de comment le fait de partager la traversée d’un traumatisme par la symbolisation et la création de liens peut sembler égocentrique et encore moins narcissique dans un monde où il y a tellement de personnes traumatisées qui n’arrivent pas à s’en sortir ni même à avoir l’espoir de le faire. Ça touche tellement de personnes et c’est si rare que des personnes le font. J’imagine que si j’avais fait un travail sur comment je trouve hypocrite que les gens s’inquiètent juste des enfants qui meurent pendant les guerres pendant que des milliers d’enfants meurent de faim ou de maladies facilement guérissables dans des pays où ils sont traités comme des sous-humains et que tout le monde s’en calisse ça aurait été mieux. Ou pas. Il y aurait eu autre chose de mesquin à dire j’imagine.
Mais bon. J’ai survécu à mon père, à la violence de beaucoup d’hommes, à deux viols et… je survivrai aussi à la petite merde qui sort de la bouche de personnes qui se pensent supérieures et ne réfléchissent pas vraiment à ce que je suis en train de dire et de faire… et qui n’ont aussi aucune idée de qui je suis. Ça m’a fait chier, les commentaires faux sur les travaux antérieurs, mais en même temps ça m’a fait me questionner sur sa capacité d’évaluer les travaux s’il confond une vidéo sur la mort d’un chien avec du narcissisme. Demain je devrais recevoir les consignes que le département aura décidé de me donner pour la fin de session. Je me dépêcherai à finir. En autant que j’aie la note nécessaire pour passer le cours, ça ira. J’ai déjà fait une maîtrise et un doctorat avec une moyenne de A+. Ça ne m’intéresse plus les notes.

Ça c’est une photo de mon projet. Ce n’est pas un corps érotisé ni un corps qu’on présenterait comme beau. Ce n’est pas une présentation de soi narcissique. C’est un corps souffrant. Un corps marqué. Je pense qu’on peut le voir sans nécessairement connaître toute la haine que j’ai eue de mon corps pendant si longtemps. Je ne vois pas comment on pourrait déduire de cette image que je me trouve belle. Ça a plus à voir avec la souffrance, la force et la fierté d’être encore là. Et j’ai le droit d’être fière des obstacles que j’ai franchis pour survivre. Ça ne fait pas de moi une narcissique. Je n’ai pas non plus à avoir honte de ce que j’ai traversé.
Ce que je me souhaite vraiment pour 2024, c’est de l’amour, de la douceur, de la sensibilité, de la curiosité et de l’intelligence chez les gens qui traverseront ma vie. Cette année et la précédente ont été profondément degueulasses sur le plan humain. C’était honnêtement à vomir et je n’ai plus de temps ni d’énergie pour les personnes qui pensent que c’est intelligent de faire du mal aux autres. J’ai juste du temps pour les personnes qui sont dans le respect et l’amour. J’ai besoin d’expériences positives. Il me semble que ça ne devrait pas être si compliqués de se donner de l’amour les uns les autres. Je veux vivre.

L’avant dernier jour de l’année je me ferai tatouer de petites lièvres vivants pour montrer que je suis encore en vie et le célébrer.

Mardi j’ai rendez-vous pour mon évaluation pour le CPTSD. Je pensais dire que ce va mieux mais toute cette histoire m’a un peu ramenée en arrière et a détérioré mon état de santé. Au moins ça aidera un peu. Ce qu’il me faudrait vraiment, c’est qu’on arrête de me tirer dans les jambes gratuitement à la mon dire seconde où l’on s’aperçoit que je vais mieux. C’est épuisant à la longue, devint toujours guérir des problèmes des autres.
Je veux juste la paix et la tranquillité. Je n’ai plus de temps ni d’enregistrer pour les personnes haineuses. J’ai beaucoup mieux à faire.
À plus