La haine

Ce n’est pas surprenant que tu vives de la violence, as-tu vu où tu as choisi de vivre? Où est-ce que tu les prends les hommes dont tu parles dans ton blogue? Tu n’as pas trouvé l’endroit où se trouveraient tous les hommes sains? C’est ta faute! Tu as voulu ne pas t’aimer, c’est normal que tu aies été violée. Tu es sortie tard le soir? Tu as invité des amis chez toi? Tu as bu! C’est normal que tu aies été violée! Tu as l’air d’une butch parce que tu ne portes pas des robes et des talons hauts tout le temps. C’est normal qu’aucun homme au monde ne veut de toi! Il t’a violée pour t’apprendre à être une vraie femme! Tu n’as pas voulu être mon bouche-trou pendant que ma blonde était partie? C’est ta faute si je te harcèle pendant des mois en t’espionnant ou en passant devant chez toi continuellement au lieu de simplement aller te parler directement! Tu as osé te fâcher après que je t’aie cruisé pendant des mois par messages textes alors que je n’étais pas intéressé par toi? C’est ta faute si notre relation n’a pas fonctionné! Tu m’acceptes pas que je te dises continuellement des choses misogynes? Tu es épeurante pour moi et le problème c’est toi! Tu n’acceptes pas que je fasse des grimaces de dégoût au sujet de ton corps? C’est toi le problème! Et…

Ça me fait rire quand on me dit que ma thérapie ne fonctionne pas. Le principal critère menant les brillantes et très sensibles personnes qui me disent ça à cette conclusion est absolument toujours le fait que je ne sois pas encore en couple. Savez-vous quoi? Parce qu’il ne me viendrait jamais à l’esprit de penser et encore moins de dire ou de faire le genre d’horreurs qu’on m’a dites et faites ces deux dernières années, je vais assumer que ma thérapie fonctionne très bien, et ce, même si je ne suis pas en couple.

Je pense qu’il ne faut vraiment pas être bien avec soi-même, être plein de haine, de peur, de déni et de souffrance, ainsi que d’une quantité impossible à mesurer de fausses informations et préjugés pour en arriver à penser, à dire et à faire des choses comme ça. Ça me semble d’une sauvagerie épouvantable… mais je n’ai plus envie de m’engueuler avec qui que ce soit, alors je vais continuer mon chemin calmement et faire mes affaires.

Ma vie et ma personne vont vraiment mieux que ça et je peux me targuer d’être une personne saine et bienveillante même si j’ai évidemment des défauts et des problèmes comme tout être humain. Certaines me diront que ça m’arrive parce que je parle de ma vie, mais bon… parler de sa vie ne veut pas dire autoriser tout le monde à me dire où me faire n’importe quelle connerie violente qui leur passe par la tête. Il y a une marge de jeu quand même énorme dans les diverses possibilités face à une personne qui nous parle de sa vie. Il est aussi possible de faire de bons choix. Tsé…

Quand je regarde tout ça, je me dis que c’est vraiment normal que je sois fatiguée et que j’aie pas mal envie de fuir les humains ces jours-ci. Ça n’a pas de criss de bon sens! La question que je me pose vraiment c’est comment c’est encore possible de penser que ce serait de bonnes idées? C’est très étrange. C’est insensé. Ce n’est pas rationnel, comme dirait mon psy… et je ne peux pas me battre contre des choses irrationnelles. Je ne vais pas gagner.

Ce matin j’écoutais Stolen un balado sur les pensionnats autochtones et ça me rendait bien triste pour eux. Jamais aucune idée effroyable comme celles qu’on me dit ou qu’on me fait subir ne m’est passée par la tête. J’aurais eu honte de moi si c’était le cas et j’aurais écrit à mon psy pour avoir un rendez-vous supplémentaire en urgence, parce que ce serait clair pour moi que je ne vais pas bien… pas que je suis malade mentale, non. Juste que je ne vais pas bien. Pourquoi est-ce que les autres se contentent de ces pensées et actions irrationnelles et violentes au lieu de réfléchir et se renseigner vraiment?

J’allais dire qu’il ne faut pas la tête à Papineau pour comprendre que ces réflexions et actions ne produiront rien de bon et sont juste cruelles et vides… mais il faut que j’arrête de faire ça. Il faut que j’arrête de penser que les choses que je sais, que j’ai apprises en travaillant vraiment comme une folle toute ma vie sont des évidences. Parce qu’elles n’ont crissement pas l’air claires pour les autres.

Parfois ça me donne envie de partir à courir et de m’étamper moi-même de toutes mes forces dans un mur de briques. Ça ne me sonnerait même pas autant que toute cette haine, cette absurdité et cette violence, je pense. J’imagine que la seule chose que j’en retirerais serait l’inconscience pour quelques minutes, mais encore faudrait-il bien viser.

Je sais qu’il n’y a pas grand-chose à faire que de continuer à travailler et faire de mon mieux pour décortiquer les idées ici, avec mes élèves, dans d’autres formes de création et… mais il y a des jours où j’aurais vraiment envie de tout lancer par la fenêtre tellement ça m’apparaît insensé.

Je vais me faire une tisane et caresser les chiens. Regarder un documentaire sur la marche. Ça ira probablement mieux demain.

Update: J’ai fini la soirée en riant fort et sainement comme je n’avais pas ri depuis au moins un an en jouant sur le sofa avec les chiens et Monsieur Ours qui pue. Tout n’est pas perdu!

Végétation ensoleillée dans mon quartier violent.

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