La jalousie

Bien sûr il y a aussi des personnes avec qui je travaille qui sont de bonne personnes intelligentes, ouvertes et intègres qui ne se comportent pas de la façon décrite dans les billets précédents. Même celles dont j’ai parlé ont aussi des qualités que je respecte et je les ai souvent défendues quand j’entendais d’autres personnes dire des choses que je trouvais injustes à leur sujet. C’est parce que ce qui m’importe, c’est toujours la justice et non si j’aime ou je n’aime pas l’autre.

Certaines personnes diront que je suis méchante de dire les choses que j’ai dites. Ce qui était méchant, c’était de me faire subir ces choses pendant des années (à moi et à d’autres en fait) et non d’en parler. La moindre des choses aurait été d’essayer de me connaître au lieu de me juger et de me traiter avec méchanceté à partir de ces histoires inventées. Je ne suis pas bizarre. Juste un peu plus anxieuse et déprimée que les autres à cause des choses que j’ai vécues. C’est déjà assez difficile à vivre comme ça. Je le sais que je ne suis pas bizarre ni anormale parce j’ai été examinée dans tous les sens depuis vingt ans par différents experts à cause des traumatismes que j’ai vécus… s’il y avait quelque chose de particulièrement étrange, ils l’auraient vu bien avant mes collègues… J’ai le droit d’être qui je suis sans être persécutée. J’aurais du aussi avoir l’espace pour me remettre de ce que j’ai vécu sans subir sans arrêt des commentaires enfantins et violents… Je ne souffre pas non plus de paranoïa ni d’hallucinations, non. Il n’y a pas de problème avec qui je suis ni avec ma santé mentale qui me rendraient inaimable ou incapable dans la vie.

J’ai mentionné à quelques reprises la jalousie comme moteur du harcèlement. Certaines personnes se sont peut-être imaginé que ça signifiait que je me prenais pour une autre. C’est très mal comprendre le fonctionnement de la jalousie. Celle-ci parle toujours de la personne qui la ressent. La cause de la jalousie n’a même pas à être vraie. Il suffit que la personne envieuse pense qu’on a quelque chose qu’elle désire, qu’on est capable de faire quelque chose qu’elle voudrait pouvoir faire, ou qu’on soit ou fasse quelque chose qui est confrontant pour cette personne. Ça n’a pas à être vrai. Il suffit qu’on nous projette ces choses dessus. C’est comme ça que ça fonctionne la jalousie. Alors, quelles sont les choses en moi qui peuvent perturber les autres? En voici quelques-unes:

Le fait que j’aie survécu à tous ces traumatismes et que j’aime encore la vie. Le fait que je sois capable d’en parler. Le fait que je comprenne comment ils m’ont affectée. Le fait que j’aie encore malgré tout ça une capacité d’émerveillement. Le fait que je sois capable de parler de sujet difficiles pour la majorité des gens. Le fait que je sois HPI. Le fait que j’ai une grande capacité d’apprentissage et une grande vitesse de traitement de l’information. Le fait que je sois organisée. Le fait que j’aime mon travail (tâches). Le fait que je continue de m’instruire. Le fait que j’ai du plaisir en passant des examens. Le fait que j’aie une vie différente de la norme. Le fait que je sois bien seule, que je n’aie pas besoin d’être en couple ou en groupe. Le fait que je sois introvertie. Le fait que je sois indépendante. Le fait que j’affronte mes peurs. Le fait que je n’ai pas besoin de boire ou de me droguer. Le fait que je travaille sur moi en thérapie. Le fait que j’ai une vie intérieure riche. Le fait que je sois créative. Et…

Toutes ces choses proviennent soit d’événements vécus, soit de la génétique, soit du travail en thérapie justement. À part la génétique, rien n’a été gratuit. Il a fallu beaucoup d’efforts. Ces choses que certaines personnes m’envient, elles viennent toutes avec des points négatifs aussi. Le fait d’être HPI permet par exemple que j’exécute plusieurs tâches plus rapidement, parfois même en même temps et plus rapidement, mais au lieu de voir le HPI, les gens sont toujours en train d’imaginer des choses aberrantes pour expliquer pourquoi je finirais plus vite qu’eux la même tâche ou d’assumer que je l’ai mal faite. Si je ne faisais rien ou tout mal, quelqu’un à quelque part se plaindrait… genre la centaine d’élèves que j’ai par session… Le fait que certaines choses ne semblent pas me demander autant d’efforts qu’à d’autres conduit aussi parfois à l’idée que je ne ferais rien… mais si je ne faisais rien, je n’aurais pas des mentions d’excellence à l’université, et, encore une fois, ça s’écroulerait à quelque part dans ma vie. Mon sens de l’organisation et le plaisir que j’ai à travailler font aussi que je fais toute ma préparation durant mes vacances… ce qui me permet de moins souffrir pendant les sessions et d’agir de façon plus professionnelle en n’attendant pas à la dernière minute pour préparer mes cours… Ça semble difficile pour plusieurs personnes d’accepter que d’autres personnes sont différentes d’elles. Ce n’est pas en leur faisant du mal que ça ira mieux.

Il serait probablement plus utile de leur demander comment elles font… et de bien identifier ce que vous voulez pour vous-mêmes et d’agir en ce sens.

Je vais aller faire ça: travailler à ce que je veux.

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