Je pense aussi que souvent les gens sous-estiment ma condition de santé ou ne la comprennent pas. Ce n’est pas parce que je ne me plains pas que je ne souffre pas et que les choses ne sont pas difficiles pour moi. Ça ne sert juste à rien de se plaindre.
Nous vivons dans un monde où les idées fausses comme « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts » circulent abondamment. La recherche a cependant démontré que c’est faux. Ce qu’on sait aujourd’hui c’est que chaque revictimisation empire les effets secondaires des violences passées et que la victimisation secondaire augmente considérablement le risque que les effets secondaires deviennent chroniques dans la vie de la personne. Donc non, ce n’est pas anodin de faire volontairement du mal à une personne dont on sait qu’elle a déjà vécu des traumatismes graves. Vous vous attaquez directement à la santé de la personne même si vous ne le voyez pas. Vous risquez de la rendre inapte à fonctionner en société. Vous augmenter aussi les risques de suicide. Le trauma complexe que j’ai, il est chronique. Comme il provient en bonne partie d’abus vécus par des proches très tôt dans la vie, (qui ont été suivis dans mon cas de nombreux abus dans mes relations par la suite incluant des agressions sexuelles) il entraîne des difficulté relationnelles, par exemple vraiment beaucoup de difficulté à faire confiance et à nouer des liens.

Comme j’ai déjà dit, c’est difficile dans mon cas de déterminer si à la base j’avais vraiment une personnalité plus introvertie ou si je préfére seulement la solitude et les animaux à cause de tout ce que j’ai vécu. Il reste que j’ai le droit de vouloir être seule sans que les gens imaginent n’importe quoi à mon sujet et me le projettent dessus violemment sans jamais avoir posé de question ni m’avoir écoutée si je leur en ai parlé.
Bizarre, sans émotion, psychopathe… ce sont des mots qu’on a dits à mon sujet récemment… et qui sont l’inverse de ma personnalité réelle. Je mène une vie plutôt saine. Je ne bois pas. Je ne me drogue pas. Je me couche tôt. Je me lève tôt. Je m’instruis. Je me divertis. J’ai besoin de recommencer à bouger plus et manger un peu moins, mais à part ça ça va plutôt bien je pense du côté « vie normale et saine ». Je ne vois pas ce qu’il y a de bizarre. Je suis hypersensible aussi. La plupart des gens le voient assez vite, mais j’imagine que je peux avoir l’air extérieurement froide parfois. J’ai appris en partie à cacher ce que je ressentais parce que jeune ça voulait dire qu’une crise de nerfs allait éclater et des objets voler dans des murs et… si j’avais l’air d’avoir quoi que ce soit. Parfois aussi mes émotions sont gelées sous la peur que je ressens. La terreur des autres même parfois. C’est mon émotion principale, la peur… et j’aimerais en vivre plus souvent d’autres, ce qui n’arrive pas si les gens me font n’importe quoi constamment.
Pour ce qui est de la psychopathie apparemment ça viendrait du fait que je m’intéresse à la criminologie et à des sujets liés aux violences. Il faut avoir l’esprit vraiment tordu ou manquer de connaissances pour penser que les gens qui s’intéressent à ces sujets sont des psychopathes. La plupart des personnes qui travaillent sur ces sujets sont des personnes qui ont elles-mêmes subi des violences et veulent aider les autres… ce qui implique beaucoup d’empathie sincère… et une très grande sensibilité justement. Si je ne parais pas nécessairement troublée par des choses qui dérangent les autres, ce n’est pas que je n’ai pas d’émotions, c’est que j’ai appris que parfois il faut aller au-delà de nos émotions pour atteindre la possibilité de comprendre et d’aider, ou même pour avoir les vraies émotions importantes, soient celles qui suivent l’horreur initiale de quelque chose pour nous permettre de voir l’humanité de la personne et avoir envie d’être là pour elle. Aussi parce que je sais que tout n’est pas à propos de moi, que je n’ai pas à être toujours confortable, que je peux m’occuper de moi plus tard, une fois que ce qui doit être fait l’aura été. Ce que nous ressentons n’est pas la chose la plus importante du monde 24 heures sur 24, même si oui, il faudra ne pas oublier de prendre soin de soi. Ça fait vingt ans que je travaille sur la capacité de lire, voir et parler sur ces sujets parce que c’est important pour moi que les gens puissent mieux les comprendre si on veut que la société change. Pas parce que je serais une conne bizarre insensible.
Ce serait bien de se poser des questions et de vraiment s’intéresser aux autres au lieu d’inventer des histoires complètement fausses, mensongères et nuisibles.
Je rêve de personnes qui ont envie de comprendre vraiment mon état de santé. Je rêve de personnes qui veulent réellement me connaître au lieu de me juger.
J’ai eu beaucoup d’anxiété ce matin, mais ça a passé vers 14h. Je pense que demain et les jours suivants seront de meilleures journées.
Enfin, les cours que je suis m’aident à me réparer et non pas à planifier des crimes… et peut-être qu’un jour ils me permettront d’aider des gens qui vivent les violences que j’ai vécues.
C’est ça mon rêve.
Pas que les gens se permettent d’inventer n’importe quoi à mon sujet et de me maltraiter à partir de leurs inventions. Mais bon…. Ça a l’air difficile à comprendre.
Lectures du jour… pas faciles faciles non… mais il le faut, pour moi et pour les autres.

