Libre (2)

Je suis très attristée et en colère face à tout ce qu’il se passe dans les médias. J’avoue qu’en même temps, une partie de moi est soulagée. Je ne suis pas heureuse de ce qu’il se passe. Loin de là. Ce qu’il faut comprendre, c’est que ça fait 25 ans que je parle de violence et 25 ans qu’on me traite de parano et qu’on me dit que j’exagère, que je capote pour rien, que je dois faire quelque chose de mal pour que ça m’arrive et d’autres conneries violentes du genre.., Des conneries clairement fausses et qui m’on vraiment gravement blessée et presque détruite. Alors là le mains ne peuvent s’empêcher de faire plusieurs fois par jour le geste qui signifie « Voilà, c’est devant vous maintenant. Vous ne pouvez plus le nier. ». Et ça me répare un peu, même si j’aurais préféré avoir tort et pouvoir conserver un espoir de vivre des choses plus positives. Ce n’est pas tant qu’il y a une augmentation de la violence. Elle a toujours été là. Ceux qui la niaient en deviennent plus conscients. Ceux qui la commettent sont plus décomplexés et la font plus ouvertement. Ce qui a changé et qu’on en parle plus et que maintenant les gens n’ont plus le choix de reconnaître la violence. Elle est dans leur face.

Je n’ai jamais oublié et je n’oublierai jamais les personnes qui m’ont laissée tomber et tapé sur la tête alors que j’étais déjà en train de me noyer à subir de la violence. Les personnes qui ont essayé de me faire croire que c’est moi le problème. Je ne souhaite pas qu’elles vivent ce que j’ai vécu. Je leur souhaite quand même un bon moment de honte. Ce serait nécessaire.

En dehors de cela, je vais bien. J’ai commandé les semences qu’il me manquait pour le printemps qui arrive. J’ai aussi commandé des plants d’une variété de kiwis qui poussent au Québec.

Je continue de penser qu’il faut vivre, malgré toute la violence de la société, malgré les gens qui continuent à s’enfoncer la tête dans le sable. Il faut résister et occuper le plus d’espace possible. Ne pas se cacher. Ne pas si suicider. Je préférerai toujours mourir en luttant que de vivre dans la peur et le déni de mes droits.

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