La joie

Kali souvent de la difficulté à croire et comprendre qu’on en doit encore là. Personnellement j’ai toujours vécu comme une violence infinie les rôles et les stéréotypes de genre. Déjà enfant je ne voulais jamais être la petite fille qu’on essayait de me forcer à être. Je détestais ça. Je déteste encore ça. Il me semble qu’à la place des hommes, je serais comme une biche gambadant dans la ville au petit matin. Furtive, mais explorant quand même. À la fin cette histoire de ce que les féministes demandent aux hommes, c’est de choisir qui il veulent être. La seule option refusée étant d’être des caves misogynes violents physiquement et/ou psychologiquement (ça inclut les tons condescendants de « ma petite madame » et ceux qu’on utiliserait pour parler à un enfant pas vite vite). À part ça, ce qu’on leur offre, c’est une liberté totale. Je pense que ça peut déstabiliser un peu oui. Je pense aussi que certains refusent de céder des privilèges… mais il me semble que la liberté ça devrait être pas mal plus précieux que des privilèges acquis en écrasant d’autres êtres humains. Pour moi ça l’est en tout cas. Je pense aussi que certains ont peur de regarder en eux. On le leur a interdit si longtemps… mais bon… Je ne suis pas un homme. Je sais par contre que moi, la liberté d’être moi, je la veux. Plus que tout. Et malgré tous les faux discours qu’on tient sur le monde qui avance et… je trouve qu’on étouffe encore. Que beaucoup de gens ont la tête plein d’idées de marde violentes qu’ils ne semblent pas capables ou pas prêts à questionner. Considèrent que ça fait vingt ans que je suis en thérapie et la quantité de livres que j’ai lus dans ma vie, tout ça me rend infiniment triste. Pour moi, pour les autres… pour les jeunes à qui j’le saigné particulièrement.

Pendant les vingts dernières années, j’ai déconstruit tant de choses qu’on essaie encore très souvent à tort de m’enfoncer dans le crâne de force. Je me suis libérée de la plupart des discours toxiques que je portais. Je ne me les laisserai clairement pas imposer à nouveau. J’ai aussi envie de vomir sur les hommes qui écrivent des menaces aux féministes, sur la femme aux menaces qu’on a essayé de me faire peur et de renverser les rôles dans l’histoire, sur tous les gens passifs face à cette violence aussi. Ça me donne la nausée, oui.

Je dois rester loin de ça un temps je pense. J’ai besoin, comme je disais, de faire des choses pour ma vie. Des choses qui me font du bien, qui me font avancer… Des choses qui me tiennent en vie. Les trois dernières années ont été terribles et je ne comprends pas toujours comment je suis passée au travers ni comment faire pour être avec les humains maintenant. Ça fait beaucoup d’horreur pour une même personne. Je vais m’accrocher et faire de mon mieux… mais vivement de plus belles choses, des liens plus sains et sécuritaires, des personés curieuses qui posent des questions et qui sont capables de grandir, des expériences positives.

J’attends toujours ma surprise. J’espère qu’elle sera heureuse pour une fois. Devoir expliquer à des hommes adultes l’importance d’agir de façon respectueuse avec les autres, ça fait longtemps que ça ne me surprend plus malheureusement. Être face à des gens incapables de dépasser leur ego non plus. J’aimerais ça en rencontrer qui sont curieux et capables de se remettre en question.

J’aimerais ne pas être instrumentalisée ni rabaissée.

J’aimerais vivre et non juste passer mon temps à me remettre.

Je vais essayer de faire ça.

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