La vie et mon corps m’ont donné congé aujourd’hui finalement. Ce n’est pas annonciateur de la suite de la session, non. Depuis hier après-midi j’avais très mal à la tête. J’avais quand même finalisé les préparatifs pour mes cours. Ce matin une élève m’a écrit pour savoir s’il y avait cours même si on allait être juste trois voire juste deux. C’est un tres petit groupe d’un cours spécifique au programme et des élèves avaient en plus un voyage organisé. J’ai dit oui et je me suis préparée. Avant de partir j’ai échappé mon pot d’antihistaminiques et je suis partie inquiète de ne pas les avoir tous trouvés pour les chiens… J’ai marché dans le froid glacial jusqu’au métro ou au moins deux cents personnes attendaient sur le bord de la rue et d’autres sortaient dans arrêt du tunnel. Je me suis dit que c’était assez et que j’allais rentrer chez moi. L’autre alternative était d’attendre à l’infini la série de navettes qui nous emporteraient, de frapper quelqu’un pour un taxi ou de marcher et ça me semblait impossible dans ce froid. J’ai écrit à mes élèves et je suis rentrée à la maison avec mon mal de tête. J’ai pris une journée de congé. Apres m’être un peu reposée et que le mal de tête parte enfin, j’ai réussi à écouler bien des choses que je reportais sur ma liste de choses à faire depuis le début de la session. Le mal de tête est un peu revenu, mais je me sens prête pour le reste de la session. Ca va avoir fait du bien.
Je pense que je traverse encore une forme de crise existentielle. Une qui est liée à des choses qui sont arrivées dans le passé et qui se sont reproduites après peu importe ce que j’ai pu changer en moi et en ma vie. Ce qui n’a jamais disparu c’est la rage que j’ai toujours mis à me dire que j’étais inadéquate et insuffisante. Je m’aime plus, oui, mais je ne suis pas pour autant toujours plus gentille avec moi.
Jalen ai marée de cette idée de normalité, d’implicites, de vides sociaux et… Je suis tannée qu’on essaie de m’enfermer. Je suis tannée que des gens qui agissent comme s’ils étaient complètement cons se permettent de me dire et me faire n’importe quoi. Je suis tannée que les gens essaient de m’imposer leur vision limitée de l’existence. Je suis tannée qu’ils jugent ma vie qu’ils ne connaissent pas.
Je suis tannée de m’abandonner aussi. Tannée d’avoir trop longtemps mis de côté ma pratique d’écriture et ma pratique artistique.
J’ai vu que quelqu’un a lu aujourd’hui un texte dans lequel je disais que je le laissais deux ans pour changer quelque chose. Les deux ans sont écoulés. Ce n’est pas grave. Quand j’ai écrit ça c’était juste après la plainte a l’université. J’ai changé des choses depuis, mais j’avais sous-estimé la fatigue qui viendrait du harcèlement, de cette plainte, de la mort de JS, de la femme aux menaces et toutes les autres conneries égocentriques et violentes que les gens ont fait dans ma vie.
J’ai quand même envie de changer quelque chose. J’ai envie de retourner aux désirs de cette jeune femme que j’ai été. J’ai envie de croire en elle, en moi, cette fois-ci et de commencer à construire quelque chose.
À suivre…
Pendant que j’étais à la maison j’ai reçu cet ensemble que j’ai commandé il y a quelques temps. C’est pour amasser des sous pour faire une forme de justice et pour commémorer les plus de 4000 femmes accusées de sorcellerie et tuées en Écosse dans le passé. On verra bien ce que j’en ferai.
