Je pense qu’après ce que j’ai mentionné dans le dernier billet, le moins qu’on puisse dire est que le monde est petit. On peut aussi dire que je ne suis plus vraiment disparue, oui… quoique ça pourrait ré arriver donc j’ai gardé ce titre.
Aujourd’hui je travaillais de la maison et une fois que la préparation pour mes cours a été pas mal fini j’ai commencé mon étude pour mon examen dans mon cours sur la victimisation sexuelle. J’ai déjà examiné en long et en large les détails et divers moments de mes agressions. Ça m’affecte encore, oui, mais moins qu’il y a des années. Ce qui m’affecte un peu plus c’est de lire les mécanismes de défense et autres comportements que les victimes ont souvent après. Je me revois plus jeune et si souffrante. Posant inévitablement un regard extrêmement critique et négatif sur la pauvre jeune femme que j’étais. J’ai aussi des flashs des personnes qui m’ont fait subir de la victimisation secondaire. Il y en a tellement. C’est difficile à croire. Ce sont en majorité des personnes éduquées qui paraissent bien, mais qui sont clairement profondément ignorantes des enjeux de diverses natures liés aux agression sexuelles. Ce sont aussi en grande majorité des personnes qui étaient prêtes à me dire et me faire n’importe quoi pour garder leur vision rose du monde intacte.
Je déteste le déni, l’évitement et la fuite.
Contrairement à bien des gens, je ne pense pas que ça me fait du mal de repenser à tout ça. J’y repense souvent de toute façon. Même si je sais que ce n’est pas la même chose pour la majorité des gens, dans mon cas, ce sont plus souvent les victimisations secondaires qui me remontent que les agressions en tant que telle. C’est plus facile pour moi de comprendre les problèmes que les agresseurs avaient que ceux des gens qui m’ont dit ou fait des erreurs après. Ces mêmes personnes qui traitent mes agresseurs de malades sans se poser la question de ce qu’elles ont fait pour empirer les effets secondaires de mes agressions. Leurs commentaires répugnants et violents leur semblent normaux.
Là où je trouve qu’il y a vraiment un trou dans la recherche et dans l’analyse du sort des victimes, c’est par rapport à la capacité, qui semble assumée, de la société de contribuer au rétablissement des victimes. On parle sans cesse des victimes comme des personnes qui pourraient retrouver des vies plus normales avec des personnes plus saines dans leur entourage. Cependant la question de l’existence réelle de toutes ces personnes supposées saines ne me semble jamais posée. Le fait est que mon expérience fait que je ne suis pas si certaine qu’il y a tant de personnes dans la vie qui sont à la fois saines et capables d’agir de façon adéquate et même respectueuse avec les personnes qui ont vécu des agressions. Ce n’est pas moi qui suis négative, non. Même si c’est toujours ce qu’on essaie de me faire croire… ce qui, par ailleurs, est aussi une victimisation secondaire, mais cette fois de la part des personnes payées pour nous aider… et supposément formées pour le faire.
Il y a là énormément de réflexion à faire.
Personnellement je pense que j’ai fait beaucoup d’efforts pour me rétablir de ce que j’ai vécu. Je ne pense pas que la majorité des gens que j’ai rencontré dans ma vie ont contribué à ce que ce soit possible. En bonne partie parce que ces personnes ont des problèmes qu’elles refusent de voir et qui m’ont nuit. Je trouve ça insupportable les gens qui ne se posent pas de questions sur comment leurs comportements affectent les autres.
Je suis un peu épuisée d’essayer, je l’avoue. ça devient de plus en plus difficile pour moi de croire qu’il est possible d’avoir des relations saines.
Je reviendrai bientôt. Ne vous inquiétez pas.
Pour ce que j’ai dit de la voisine, ça va m’emmerder qu’elle me rappelle souvent cette situation. J’ai abandonné l’idée que je saurais le fond de toute cette histoire ou que je pourrais l’effacer de ma vie. Je vais travailler à m’en détacher avec le temps. Jusqu’à ce que je puisse déménager un jour. Mon loyer va finalement être augmenté assez pour atteindre la barre des 700$. C’est encore ridiculement peu cher.
À plus!
