Les souvenirs et les faits

Quand j’ai parlé de la fin de mon manuscrit à mon co enseignant du cours de bande dessinée, il m’a parlé d’un film de Manon Barbeau que je n’avais jamais vu. Le titre est L’armée de l’ombre. C’est un genre de suivi/portrait des punks de Québec dans les années 90. Je l’ai regardé. Ca m’a ramené dans la période de mon livre et j’ai vu ces garçons que soit je croisais souvent, soit je connaissais. Dont le beau Lion qui est mort pas très longtemps après le tournage en chutant (je ne sais pas si c’était volontaire ou pas) en bas du viaduc coupé à la circulation sur lequel les punks allaient souvent après que les rassemblements de jeunes aient été interdits au carrefour d’Youville. Le viaduc s’élevait ne diagonale avec là où se trouve la gare du Palais. Je ne sais pas s’il est encore là. Il y avait eu un aménagement avec des graffitis un temps, mais ça fait longtemps que je ne suis pas allée. Je ne sais pas ce qu’il en est maintenant. Le beau Lion. Un beau cœur, un beau jeune homme. Charmeur et doux, adorable dans sa force, avec moi en tout cas. Ça m’a fait un coup au cœur.

Après ce projet, je veux participer à un autre concours puis je m’enfoncerai dans mon livre sur mes agressions. Il est déjà bien commencé. J’ai trouvé son objectif plus précis et sa fin. Pendant que je patauge là-dedans pour un des cours que je suis. C’est le bon moment.

La première semaine est presque terminée. Ça s’est bien passé. Je me suis quand même fait crier après déjà… c’est comme inavouable on dirait. Mais j’ai choisi une réaction différente et ça a comme désarçonné la personne et calmé la situation. Le jeudi je suis à la maison. J’ai un horaire sur quatre jours. Ça va aider beaucoup à traverser la session.

Cette semaine en thérapie on a parlé du fait que souvent les gens me disent des choses blessantes pour préserver l’image qu’ils ont du monde, des autres et d’eux-mêmes. Vouloir penser que tous les professeurs sont gentils… vouloir penser que c’est ok de commenter le physique des femmes et qu’elles devraient être contentes de la moindre miette d’attention… vouloir croire que mon quartier est dangereux pour se terrer bien confortablement dans sa bourgeoisie hypocrite… Vouloir se dire et prétendre qu’on ne ressent rien pour ne pas avoir à assumé ce qu’on a fait… Vouloir croire que je suis paranoïaque ou que je fais quelque chose de mal pour pouvoir continuer à se raconter que le monde est beau et gentil et qu’il n’y a pas autant de violence que ça…

On en est à 5 féminicides en moins d’un mois de la nouvelle année…

Il est plus que temps de s’ouvrir les yeux.

Je ne suis pas responsable de votre aveuglement volontaire et je n’ai pas à en payer le prix…

Il y a tout le reste aussi… les suicides, les surdoses (dans toutes les couches de la société, hein? Pelletez vos préjugés hors d’ici.), les violences conjugales qui ne mènent pas à la mort, les enlèvements d’enfants et…

Ça ne veut pas dire qu’il faut déprimer, non. Il y a du beau aussi, oui.

Mais pour moi, la beauté est dans le courage et la force de voir le monde tel qu’il est… et de choisir d’être là et d’aimer quand même.

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