La rentrée

Ça y est: c’est demain. J’ai encore un peu de difficulté à croire à tout ce que j’ai à faire cette session. Je vais m’en sortir comme d’habitude, mais vu d’ici c’est un peu effrayant. Je n’ai jamais vraiment hâte à la rentrée en tant que prof. Pas à cause des élèves. Eux je suis heureux de les voir. Ce sont tous les mauvais souvenirs qui remontent… mais c’est moins pire un peu cette année.

Le froid des derniers jours n’a pas aidé. Je resterais à la maison jusqu’à ce que tout soit un peu plus facile à l’extérieur. J’aimerais avoir à moins me battre. J’aimerais pouvoir bouger plus facilement. Ça allègerait tout.

Je suis assez enthousiaste pour le contenu de mes cours. J’espère que les élèves penseront la même chose. J’en ai compté 18 qui m’ont choisie à nouveau après avoir passé la session. D’automne avec moi. J’imagine que c’est bon signe.

J’aurais quand même pris quelques jours de plus. Toutes ces oreilles vont me manquer au quotidien:

Ils restent bien collés sur moi, comme s’ils savaient. Je suis aussi très maternante avec les chiens. Surtout l’hiver. J’ai peur de trop baisser le chauffage et qu’ils aient froid. Heureusement ce n’est pas comme si j’étais partie des heures et des heures d’affilée. Mais quand même… je pense que j’ai une forme d’anxiété de séparation d’avec mes chiens. C’est ok. Il y a pire comme problème.

Je n’aime pas la rentrée parce qu’il y a trop de choses à organiser et auxquelles penser, je trouve. Je dois aussi à chaque fois affronter ma vieille phobie sociale qui me fait trouver difficile de parler en public, voire d’exister dans le monde. Apres deux semaines environ, en général, ça va et je serai ok jusqu’à la fin de la session. Je trouve quand même ça un peu épuisant de me réadapter à chaque fois.

Les cours à l’université se passent bien. À part les maudits forums. Cette session j’ai deux profs dans des forums et c’est infernal. Je reçois entre cinq et vingt messages par jours qui la plupart du temps ne me concernent pas du tout, mais je ne peux pas me désabonner. Pas pour le moment en tout cas. Je trouve ça infiniment pénible. Il y en a un qui fait tout contre vérifier à chaque semaine. J’imagine que c’est de l’anxiété, mais il pourrait se gérer un peu. Je n’ai pas envie de voir toutes ses réponses à toutes les questions continuellement. Je préfère me faire ma propre compréhension et m’ajuster s’il le faut.

Je trouve la vie trop rapide et trop lente. Les gens trop proches et trop loin. Ça s’ajustera j’imagine. Probablement un reste de dépression saisonnière. Il faut s’accrocher. L’hiver est loin d’être fini.

Une chose que j’ai apprise de la dernière histoire c’est de moins demander leur avis aux autres. Et de mieux choisir à qui je parle. Les gens sont rapides à essayer de nous faire croire que nous hallucinons des affaires. Je n’ai rien halluciné. Quand il n’y a pas de raisons de douter ni d’ambiguïté, on ne se pose pas de questions tout simplement. (À moins d’avoir un trouble mental qui cause ce genre de questionnements, mais ce n’est pas mon cas.).

J’ai hâte que le temps passe un peu. J’ai hâte de voir ce qui va m’arriver. Où je vivrai. J’attends des nouvelles de différentes choses dont je reparlerai, dont un concours d’écriture dont les textes restaient anonymes jusqu’à la sélection des finalistes mais dont un des membres du jury est subitement apparu sur mes réseaux sociaux dernièrement. Hasard?

Je me sens molle, mais les oreilles se dressent quand je dis dehors, donc je vais me bouger un peu et aller affronter l’horrible froid.

Je risque de disparaître quelques jours dans le tourbillon de la rentrée et des besoins des autres.

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