Quelques petits trucs

Je trouve que les gens portent souvent des jugements injustes sur ma vie et sur ma personne. Ce n’est pas toujours parce qu’ils sont méchants, même si parfois oui. C’est probablement plutôt parce qu’ils oublient de s’informer, de remettre leurs pensées en question et de poser des questions justement. Des questions pas méprisantes. Les gens oublient souvent qu’ils n’ont accès qu’à une petite partie de notre histoire. D’où l’utilité de la bienveillance…

Je suis née dans une famille où un membre souffre visiblement d’un trouble de personnalité narcissique. Il a les antécédents pour et la plupart des critères selon l’ensemble des professionnels de la santé mentale à qui j’en ai parlé. Je n’avais pas le droit d’avoir des besoins, des préférences, des envies. Ils nous voyaient comme sa prolongation plus que comme des enfants et des êtres humains différents de lui. Ma mère était dépressive comme la plupart des victimes de violences conjugales. J’ai été une enfant parentifiée.

À 14 ans j’ai fait une descente infernale dans les drogues et l’alcool. Je suis allée jusqu’à la consommation par intraveineuses. J’ai arrêté pour des raisons que vous découvrirez dans mon livre s’il est publié un jour. J’ai subi des attouchements non désirés comme bien des adolescentes. J’ai eu mon premier amour à 15 ans. C’était beau. Ça n’a pas duré principalement parce que pour moi l’amour correspondait à quelque chose de très malsain vu le modèle que j’avais eu. Aussi parce que jlavais peur plus que tout de rester coincée dans la banlieue où je suis née. J’ai eu deux chums violents de façons différentes de 16 à 19 ans. Ils sont dans Le Revenant et Je connais la musique. J’ai vécu une forme d’abus de pouvoir et de harcèlement par un prof de cégep.

J’ai quitté pour Montréal. J’ai été agressée sexuellement pour la première fois à mon vingtième anniversaire. Après j’avais beaucoup de difficulté à croire qu’on pouvait m’aimer et qu’on pouvait vouloir autre chose de moi que du sexe. Ça a duré au moins 15 ans. J’ai été encore une fois harcelée par un prof, cette fois à l’université, celui qui appelait tout le temps chez moi. J’ai fait bacc, maîtrise, doctorat en étant ce qu’avec le recul je nommerais une alcoolique fonctionnelle même si personne ne s’en rendait compte puisque je réussissais si bien. C’était comme ça parce que je ne savais pas que je souffrais de trauma complexe. C’est comme ça que j’ai géré les symptômes au début. Je n’étais pas réellement alcoolique j’imagine… sinon je n’aurais pas eu autant de facilité à arrêter de boire… J’ai vu plein d’hommes violents durant ma vingtaine et ma trentaine, dont JS qui est mort il y a un peu plus d’un an. En plus de toutes les violences générales envers les femmes et dans les relations interpersonnelles. J’ai été agressée sexuellement une deuxième fois à la fin de ma vingtaine.

J’ai eu mon diagnostic de HPI autour de l’âge de 30 ans. Ça a été une surprise. J’avais toujours pensé que j’étais complètement stupide… effet secondaire du gaslighting et de l’absence de droit à l’existence de mon enfance… J’ai commencé à enseigner durant mon doctorat, j’ai eu aussi un autre chum violent durant cette période, soit le prof de maths (pas mon prof, un prof). J’ai eu mon premier diagnostic de PTSD après lui… mais je souffrais de trauma complexe depuis longtemps déjà. J’ai ensuite commencé à travailler au collège où je suis encore. J’y ai vécu du harcèlement principalement parce que je suis différente (HPI, look, objectifs de vie) et parce que j’ai faire s’effondrer une manigance visant à modifier la liste d’ancienneté. J’ai subi le harcèlement du voisin pendant plus d’un an. J’ai subi l’humiliation publique par le chargé de cours à l’université où j’le tais avant.

J’ai finalement eu un diagnostic de trauma complexe, de stress post traumatique (crises sévères après les différents traumas) et de dépression persistante (comme si ça pouvait être une surprise après tout ça..). Les diagnostics ont été soulevés par mon psychologue et confirmés par mon médecin et mon psychiatre. Même s’il a précisé qu’il ne peut pas l’écrire (trauma complexe) puisque ce n’est pas encore dans le DSM, il a dit que c’était clairement ça ma situation.

J’ai passée ma trentaine à juste commencer à comprendre et connaître qui je suis (ça avait été impossible avant), à sortir du brouillard causé par les symptômes, à ne plus boire, à apprendre à prendre soin de moi et à vivre, à comprendre mon histoire et mes symptômes et…

Je connais très bien qui je suis et ce que j’ai traversé. C’est vraiment pénible de me faire dire des conneries à mon sujet. Ce sont d’autres violences qui s’accumulent sur tout le reste. C’est déjà miraculeux que j’aie réussi à accomplir tout ce que j’ai accompli malgré ce que j’ai vécu. C’est lourd pour moi quand les gens me mettent de la pression en plus. Par exemple pour mon livre. Ça n’a pas l’air facile de comprendre que je dois encore dealer avec beaucoup de symptômes en plus d’étudier et de travailler à temps plein. Il me semble que c’est normal que certaines choses me prennent du temps. Ma priorité ces dernières années voletait de me sentir mieux et plus en sécurité. Ça va mieux depuis que j’ai le bon traitement, mais ce n’est pas miraculeux et je suis hypersensible aux médicaments donc ça reste un peu laborieux. Il est aussi arrivé plein d’autres choses aussi que je n’ai pas indiquées dans cette liste.

J’aimerais ça qu’on agisse de façon plus bienveillante avec moi. Qu’on me pose des questions. Qu’on soit respectueux. Qu’on comprenne que c’est déjà beau que j’aie survécu et que tout le reste est un plus.

Moi je sais que j’avance et c’est le plus important. Quelqu’un m’a sorti que peut-être le prof me faisait du gaslighting pour sauver la face dans son message. Je ne sais pas. Peut-être une phrase. J’y ai pensé, mais le reste du message était bienveillant et à la fin, s’il a fait ça, c’est plus son problème que le mien. Je choisis de vivre ma vie avec intégrité et authenticité. Si les autres veulent vivre autrement, ça les regarde.

Je n’ai pas envie de me relire. Désolée si le correcteur a fait des corrections automatiques qui me font dire de drôles de choses… vous comprendrez quand même.

Au repos.

Avec Hannah-Loup cette fois, pour que personne ne pense que j’ai une préférence…

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