Si j’avais su! Je serais juste devenue plus positive avant! Je déconne bien sûr… Je sais très bien que ce n’est pas ce qu’il se passe dans ma vie… Ce n’est pas ça, mon problème, non… Me faire dire ça ça m’a fait plus de mal que la situation qui a mené à l’expression de cette phrase. Un imbécile dire: Si ce n’était pas vrai, ça ne te ferait rien. (Vous voyez, j’ai vécu assez de violence psychologiques pour pouvoir faire les voix des dialogues de cet ordre…) Je répondrai: Je ne suis pas fâchée parce que c’est vrai. Je suis fâchée parce que je m’attendais à mieux et que je me sens trahie. C’est insultant pour mon intelligence et pour celle de tous les professionnels que j’ai consultés ces vingts dernières années. J’ai presque envie de les appeler pour leur dire qu’ils étaient complètement dans le champ avec leurs théories et leurs réflexions. Non. Je n’ai pas de trauma complexe parce que j’ai vécu de la maltraitance depuis l’enfance plus des agressions sexuelles et du harcèlement. Non. Vous aviez tort. Tout ce temps le problème était que j’étais négative et que je tournais tout en noir. C’est pour ça que je vis de la violence et toutes les mésaventures que je vous ai racontées ici. C’est ma faute. Mon choix…. Je trouve ça incroyable. C’est condescendant et violent aussi. Mais bon… J’ai bien appris qu’on ne peut pas changer les gens et ce n’est pas la première fois que cette personne me sort des commentaires de cet ordre. C’est triste parce que c’est quelqu’un qui devrait en savoir plus sur ce que je vis que ça. Je vais m’éloigner pour me protéger. Ce genre de commentaire est dangereux pour moi et je ne veux pas subir ça. J’ai mis trop d’effort dans ma démarche et dans l’acquisition de connaissances pour subir ça encore. On dit toujours aux gens de parler, de ne pas rester seuls, mais plus souvent qu’autrement quand on le fait on reçoit une claque dans la figure et une absence totale d’empathie. Je ne veux pas vivre ça. Surtout pas de quelqu’un qui prétend ne rien penser de mal de moi et qui ne sait rien de ma vie de son propre aveu (ça fait pourtant des années qu’on parle… m’écouter et m’entendre ça n’a pas l’air important…). J’ai travaillé trop fort pour me sortir les conneries qu’on m’avait enfoncées dans la tête et avoir un regard plus juste sur moi. Je ne laisserai plus jamais personne jouer avec ça, me regarder de haut, me rabaisser.
Une dernière chose qui a été difficile dans l’histoire que j’ai vécue récemment ça a été de me retrouver au centre de l’attention sans l’avoir demandé. Ce n’était pas arrivé depuis l’affaire de l’humiliation publique. Je n’ai plus de problème à enseigner, mais dans d’autres circonstances ça m’est de toute évidence encore difficile qu’on attire l’attention sur moi. Je n’aime pas ça tant que ça avoir de l’attention en public. J’aurais besoin d’avoir plus d’attention sincère dans ma vie quotidienne.
Bon. Assez pour cette histoire là.
J’ai besoin d’avancer.
J’ai besoin de travailler sur mes relations, je sais. Il y a deux nouvelles personnes que j’aime bien dans ma vie depuis quelques semaines, deux femmes. Je verrai comment ça se passe avec le temps, mais au moins elles ont ne vécu des expériences assez proches de la mienne alors je ne me fais pas dire de choses blessantes quand j’en parle. Quand je voyais la psycho éducatrice qui essayait de me convaincre que je ne m’aime pas sinon je me mettrais en valeur en me maquillant, elle m’avait dit aussi que si je me sentais seule j’en lavais qu’à aller prendre un café avec quelqu’un… comme si c’était ça le problème. La solitude que je vis est plus existentielle. c’est la solitude de ne pas avoir plus de personnes respectueuses et informées dans ma vie, des personnes sincères et bienveillantes, des personnes aussi avec qui parler de ce qui m’intéresse vraiment sans me faire dire des conneries en retour. Ça ne s’arrange pas en allant prendre un café avec n’importe qui, non. Mais c’est ça qui manque le plus à ma vie. Pour les relations amoureuses je suis plus ouverte qu’après le harceleur, quand j’ai adopté Hannah, mais là encore c’est un peu compliqué. Les débuts ça me cause énormément d’anxiété et peu d’hommes que je rencontre sont capables de patience ou ont ne serait-ce qu’une vague idée de comment ce que j’ai vécu affecte la vie. Donc ce n’est pas complètement fermé, mais j’ai beaucoup essayé plus jeune et tout ce que ça m’a donné ce sont des violences et des traumatismes supplémentaires. Donc il faudrait que ce soit mieux que ça, disons…
Il faut aussi que je réexamine le sens de ma vie. Sinon je finis par perdre la motivation pour tout. Et puis en ce moment tout est si insensé dans le monde… Je pense que c’est important de se trouver des points d’attache. Plus que jamais probablement.
J’avais besoin de prendre une décision et de faire des choix pour avancer vers quelque chose aussi. Ça peut surprendre que je pense à rester à mon travail, mais la dernière personne dont j’ai un peu peur (parce qu’elle est instable et agressive) part bientôt alors ça ira mieux nécessairement. Ça va en fait mieux depuis quelques mois. Je verrai comment c’est cet hiver. La sécurité que ça me donne d’avoir eu ma permanence et les mois de liberté de l’hiver et de l’été sont difficiles à abandonner. J’ai vécu dans la précarité longtemps. Ça pesait beaucoup sur mon anxiété. Je n’ai pas beaucoup connu ça, moi, la sécurité. J’aime bien ça.
Ça ne veut pas dire que je vais arrêter de suivre mes cours à l’université. Ça m’aide à me guérir, ça nourrit les cours que je donne, mon expérience du monde, ma compréhension des autres, mon écriture et presque tous mes projets en fait. Donc ça sert. Si jamais je trouve une opportunité qui me plaît, je la saisirai. J’arrive à la fin de la partie criminologie. Certains cours seront transférés dans mes autres programme alors je pense que je pourrai faire deux ou trois cours encore.
Pour ce qui est de la ville, une partie de moi veut du changement. Je vais déménager, mais pas si loin. J’ai des amies qui sont déménagées dans des régions où ça m’intéressait d’aller et qui ont beaucoup de difficulté à avoir des services de santé adéquats pour ce qu’elles vivent. Plus de difficultés qu’ici, oui. Ça ne sera peut-être pas toujours un enjeu pour moi, surtout si je trouve des liens humains plus sains, mais pour le moment c’en est un de taille. J’aime aussi beaucoup vivre à pied. Déménager loin pour payer moins cher ça ne vaut pas le prix de devoir avoir la pollution, les coûts et les problèmes qui viennent avec une voiture pour moi. Je comprends les gens qui n’ont pas le choix. Je ne vous juge pas. Avoir un endroit à moi ça voudrait aussi dire pouvoir adopter des chiens vieillous de refuge et ça j’aimerais vraiment ça. Si je n’étais pas devenue allergique, j’irais adopter Abe le beau chat noir de 14 ans qui est à la SPCA en ce moment. Je ne voudrais pas qu’il finisse sa vie seul dans une cage.
J’ai des projets d’atelier, de toiles, de formations, de programme pédagogiques (un peu mystérieux), de nouveaux cours à proposer, des livres à lire et à écrire et… mieux vaut me retrousser les manches.
J’ai eu une assez belle journée. J’ai lu, j’ai rangé, j’ai cuisine et trouvé des trucs rigolos sur le net:


On a aussi joué à lance la chauve-souris avec un toutou clairement un peu trop gris pour la tête d’Hannah, mais elle était heureuse. C’est ce qui importe:


Moi aussi j’étais heureuse.
À plus