J’ai finalement réussi à corriger toutes les copies. Mon cerveau flotte dans un genre de brouillard depuis et j’ai pas mal moins de patience que d’habitude. Je m’en remettrai. Il me reste des notes à rentrer et après je pourrai calmement finir ma session d’université, puis juste faire ce que je veux ou presque, mais tout au rythme que je veux pour plusieurs semaines et ça fera vraiment beaucoup de bien.
J’ai profité d’une partie de l’après-midi pour réviser les notions sur les psychopathes pour le dernier examen. J’ai vu que Donald Trump avait encore dit des conneries. La vie irait mieux si les gens travaillaient sur eux-mêmes:

J’ai vu mon psy aussi. On a parlé en bonne partie des choses dont j’ai parlé ici ces derniers jours. Je ne sais pas comment expliquer ce que je pense… si ce n’est que le monde bénéficierait de beaucoup plus de nuances. Mon psy a mentionné à un moment donné que beaucoup de mes problèmes avec les autres venaient du fait que je parle de choses sur lesquelles beaucoup de gens préfèrent fermer les yeux. Des choses qui, pour les personnes qui ont été beaucoup blessées et maltraitée, sont impossibles à ne pas voir. Je décide de continuer à ne pas fermer les yeux et d’accepter que beaucoup de personnes ne m’aimeront pas. Fermer les yeux et se taire, minimiser, regarder ailleurs et… ça permet à la violence de continuer. Pour cette affaire du nuances, un des exemples que j’ai utilisé c’est une situation avec une psychoeducatrice (mais elle aurait pu se produire avec plein d’autres personnes… mais probablement que ça m’aurait paru moins lourd) quand je parlais de mes difficultés à rencontrer des hommes avec qui ça se passe bien et que je disais que souvent c’était parce que nous n’avions pas fait les mêmes réflexions, par exemple au sujet du genre. Elle m’avait répondu que les hommes ne peuvent pas tous être des con. Ce qui n’avait rien à voir avec ce que j’étais en train de dire. On peut être une bonne personne voulant bien faire et quand même faire mal par exemple parce qu’on n’a pas réalisé qu’on portait inconsciemment des idées misogynes qui nous rendent blessant. Tout n’est pas noir ou blanc. Nous sommes tous et toutes porteurs d’une infinité d’idées héritées et dont, si nous prenions conscience de ce qu’elles font vivre aux autres, nous horrifieraient probablement… ou pas si on a des problèmes plus sévères sur le plan psychologique… enfin… tout cela est épuisant. Je n’aime pas les paresseux ni les paresseuses de la pensée. Je n’aime pas les personnes qui déforment mes propos non plus. Ça a l’air compliqué, entendre l’autre…
On a bien terminé l’année en riant. Je lui ai demandé s’il avait déjà traité des poètes, chose qui l’a intrigué. J’ai expliqué que c’est parce que j’ai pris conscience récemment qu’un énorme proportion des personnes qui m’ont fait subir des violences sont des poètes… des poètes qui se racontent être très sensibles mais le sont apparemment seulement pour elles-mêmes. Mon violeur, la femme aux menaces, mon ex violent décédé l’an dernier, mon ancien ami dont je parlais récemment, deux de mes collègues qui m’ont harcelée (celle qui fait la bouilloire et un homme), le prof de cégep qui essayait de me faire croire que j’avais vécu des abus d’un autre prof parce que mes jupes étaient trop courtes… et d’autre… tellement d’autres. Il y a aussi des poètes gentils dans ma vie, mais je ne les nommerai pas. On va dire que Gaston Miron avait l’air pas mal gentil. Mais il y a quelque chose là, c’est sûr. En attendant de trouver quoi, je devrais peut-être faire une pancarte ou un chandail qui dit « Poètes, hors de ma vie! ». J’ai quand même quelques soupçons sur ce qui peut expliquer cela… et non #pastouslespoetes 🙄 Pas besoin de vous sentir visé si vous êtes poète et que vous ne violez ni violentez pas les autres. Merci
J’ai lu ça aussi. C’est beau. Une bonne réflexion sur la solitude contemporaine avec plein de faits sociaux et scientifiques fascinants.




Maintenant repos.