Il me reste juste neuf copies. Je vais réussir! J’aime bien donner ce cours parce que je sais que je suis bonne pour calmer les élèves avant ce qu’ils voient comme le plus gros examen de leur vie jusqu’à ce moment, mais qu’ils finiront par considérer comme une des choses les plus faciles de leur parcours académique… mais je pense quand même que je pourrais profiter d’une petite pause l’an prochain parce que le sprint de finir toutes ces copies avant la mi décembre (alors qu’on aurait normalement jusqu’à la fin du mois ou au début janvier) ça finit par m’épuiser un peu. Je serai quand même heureuse de mes vraies vacances avant la session qui m’attend.
Ce ne seront effectivement pas tout à fait de vraies vacances parce que j’ai besoin de prendre de l’avance dans la préparation du nouveau cours si je ne veux pas devenir folle durant la session. Je suis quand même confiante que ça ira. J’ai déjà donné les deux autres même s’il y a certains trucs que je veux améliorer. Ce sera quand même la première fois que je donne un cours complet de littérature étrangère depuis une charge à l’université que j’ai eu en 2012… c’est un peu comme rentrer à la maison.
Cette journée fût étrange, mais je pense que je vais mieux. Je me suis levée. J’ai lu un peu en prenant un café. J’ai révisé mon travail. Je l’ai envoyé avant l’heure limite. Puis j’ai corrigé en prenant des pauses ici et là. J’ai pensé au cours du la victimisation sexuelle. Je me suis dit que je serais probablement dans des dispositions pour finir le livre que j’avais commencé sur mon agression sexuelle pendant et après ce cours puisque j’aurai tout l’été libre. Après j’ai pensé à mon agresseur. Après j’ai pensé à mon examen sur les psychopathes. Ensuite j’ai pensé à la femme qui m’avait dit que c’en était un, qu’il avait reçu ce diagnostic. J’ai douté que ce soit vrai, principalement parce que je ne pense pas que ça aurait été diagnostiqué comme ça, dans ces circonstances, au moment où il a été interné au début des années 2000 et parce que je ne suis pas certaine de pouvoir faire confiance à cette femme. Je ne pense pas non plus qu’il se serait promené dans la vue en disant son diagnostic… J’ai essayé de lui faire passer le test d’après mes souvenirs. Ça n’a rien d’un jugement professionnel bien sûr, c’est seulement un jugement plus informé que celui que j’avais la première fois qu’on m’a dit ça. J’ai conclu que non. C’était certainement un trou du cul violent et manipulateur… Je ne pense cependant pas qu’il se qualifierait.
À chaque fois que je parle de lui j’ai envie de vous sortir la phrase horrible, mais délicieusement stupide, qu’il m’a dite quand je l’ai confronté sur ce qu’il m’a fait, mais non. Je la garde pour mon livre. Elle contient tout. Vous la connaîtrez peut-être un jour.
J’en ai des choses à finir…
Comme vous voyez, mon esprit oscille entre se concentrer beaucoup et surfer sur les associations. J’ai atteint une forme d’état de fatigue productif.
J’ai essayé de faire la sieste parce que je suis encore un peu malade. Les chiens se sont battus sur moi pour savoir qui serait le plus collé. Ça semble cute, mais recevoir les 38 livres de Cassius sur la cage thoracique parce qu’il bondit pour éviter sa sœur qui veut le mordre, c’est quand même assez éprouvant. Tout le monde s’est quand même endormi après un temps.
J’ai été moins déprimée au sujet des gens. Je ne pense pas que toutes les personnes auxquelles j’ai fait référence dans les derniers billets sont des personnes mauvaises ou méchantes ou les deux. C’est l’accumulation qui épuise. D’abord l’accumulation de mauvaises expériences dans le passé. Puis l’accumulation des commentaire mesquins au quotidien. La confrontation constante au fait que plusieurs personnes ont l’air de manquer d’imagination et de commenter sans cesse les vies qui diffèrent de la leur de façon négative. Accumulations de regards, de commentaires, de jugements, de préjugés et… J’avoue me demander souvent où le respect, la bienveillance et la curiosité sont partis…
Il y a des personnes gentilles. Je le sais. C’est juste qu’après ma soirée de l’autre jour et l’anniversaire de la mort de mon ex, beaucoup de choses sont remontées. J’aime bien quand ça arrive même si extérieurement je dois avoir l’air d’aller mal. Je sais que beaucoup de gens n’aiment pas vivre ça. La raison pourquoi j’aime ça est que ça m’informe qu’il y a encore des choses à apprendre et à vivre qui relèvent de ces expériences antérieures et on se souvient que ce que je préfère dans la vie c’est apprendre et faire les liens entre mes connaissances pour apprendre encore plus.
Donc c’est ce que je fais.
Il va quand même falloir que j’accepte le conseil de mon psy de cesser d’attendre que les gens agissent de façon cohérente, logique et rationnelle. c’est la principale cause de mon malheur. Il faut aussi que j’accepte que ce l’est pas tout le monde qui fait autant d’introspection… malgré le fait que l’introspection c’est quand même pas mal utile dans la vie… mais voilà: ce n’est pas toujours rationnel.
C’est pas super évident être hypersensible et hyper rationnelle en même temps.
En attendant que j’accepte ces choses presque inacceptables pour moi, je vous dit bonne nuit.
Je vous ressors la photo de mon futur album puisque je n’ai pas de nouvelles photos et que la petite n’attend pour dormir en ayant encore cette position, bien qu’elle ait beaucoup vieilli…
