Vacances en vue

Demain je pense que ce sera mon dernier jour au collège pour cette session. Il me reste une table ronde avec un groupe et puis je reviendrai ici. Il me reste aussi un travail et trois examens à l’université, mais ça c’est ok. Quand je peux passer plus de temps à la maison je pourrais travailler très très très longtemps… et mes cours me rendent heureuse.

C’est bizarre les choses qui vont réveiller nos traumatismes. Dans mon cas on penserait à des choses évidentes comme des scènes de viol dans des films. En fait il y en a juste trois qui m’ont troublée. Celle de C’est arrivé près de chez vous, mais je l’ai revu récemment et c’était moins pire que dans mon souvenir. La scène du petit Gregory m’a plus troublée parce qu’elle me fait me poser des questions sur la personne qui a réalisé le film, sur sa santé mentale… Je comprends le projet du film. Je comprends l’importance du film dans l’histoire du cinéma, Mais quand même… c’est la partie qui va trop loin pour moi. Je sais quel effet veut être créé, mais je pense quand même qu’un autre crime aurait pu être inventé pour cette scène. Ça aurait pris plus de mise en contexte, mais il n’y aurait pas une famille qui sait que le meurtre de son enfant est devenu une blague passée dans l’histoire du cinéma pour toujours. La deuxième scène c’est celle de Straw Dogs, l’original des années 70. Oui, il arrive que le corps ressente du plaisir lors d’une agression sexuelle, mais il y a quelque chose d’infiniment pervers et malsain dans la façon dont cette agression sexuelle est érotisée dans ce film. En plus de Dustin Hoffman qui est terrorisant. L’autre c’est le témoignage sur son agression inconsciente par la comédienne dont je parlais du documentaire l’autre jour. Sinon ça me touche, oui, bien sûr, les scènes de violence sexuelle, mais ce n’est pas ce qui va résonner le plus violemment contre mon histoire personnelle. Je ne suis pas non plus virée à l’envers par tous les crimes, meurtres, habits de peau et… auxquels je suis constamment confrontée dans mes recherches et dans mes cours.

Ce n’est pas ça.

La réponse est dans quelque chose que j’avais déjà raconté, soit la scène dans la dernière saison de Toute la vie où j’ai été plus troublée par la fuite brusque en voiture que par le meurtre de la femme. Vous vous souvenez peut-être… c’était parce que ça me renvoyait à des moments d’impuissance de mon enfance, des moments où j’étais terrorisée par la conduite de mon père et où je n’avais aucun moyen de me soustraire à la situation… parce que j’étais une enfant. Je n’avais jamais repensé à ça. Je n’en avais jamais parlé en thérapie. C’était là, mais enfoui.

Je pense que j’ai quelque chose comme ça avec les violences psychologiques. Je vais chercher. Hier une élève qui était disparue de mon cours depuis plus d’un mois m’a envoyé un message disant qu’elle blâmait pas pu être présente pour la dissertation finale (qui est finie depuis une semaine et qui s’est étalée sur trois cours donc une semaine et demie) et que j’allais devoir m’arranger pour la lui faire reprendre à la fin de cette semaine. J’ai eu la nausée en lisant cela. Je lui ai demandé si elle avait un billet du médecin. Elle m’a répondu qu’elle s’arrangerait pour en avoir un puisqu’elle voyait le médecin plus tard cette semaine. Je lui ai dit que ce serait surprenant qu’un médecin puisse témoigner du fait qu’elle était incapable de faire une dissertation durant les deux dernières semaines puisqu’il ne l’avait pas vue à ce moment. La maladie mystérieuse est devenue un burn out (qui s’est réglé en deux semaines oui… hahaha). J’ai offert aujourd’hui. Elle a dit que non, ce serait jeudi. J’ai dit que ce n’était pas possible parce que ça enfreignait les règles du collège (et aussi ça voulait dire de refaire toute une évaluation différente pour madame puisque les autres ont fini et que les sujets ont circulé et…). Elle m’a alors dit qu’elle allait contacter son association étudiante pour la suite…

L’affaire c’est qu’il n’y a pas de suite parce qu’elle est disparue pendent trop longtemps et a attendu trop longtemps pour signaler son absence à l’évaluation et la motiver et… j’ai vérifié les règles à plusieurs reprises… à plusieurs reprises, oui parce que ça, ce genre de situation là, ça déclenche les symptômes de stress post traumatique.Ed Gein qui coud de la peau pas du tout.

Je connais une partie de la réponse… parce que personne n’a fait de meubles avec ma peau (bon ça c’est un peu une blague mais en même temps non… parce que ce genre d’acte ne renvoie à rien dans mon histoire à part, à la limite, mais il faut étirer, au fait d’avoir été traitée comme un objet). Je sais que ça a à voir avec le fait que vu le trouble de personnalité narcissique de mon père je n’avais pas le droit d’avoir des besoins et que quand je vois des enfants rois qui donnent des ordres aux professeurs et sont malpolis, ça va jouer là-dedans. Je suis tellement polie… Je n’imaginerais jamais agir comme ça ni avec un professeur ni avec qui je ce soit…

Mais il y a aussi une part qui reste mystérieuse… ça vient provoquer une sorte d’horreur panique en moi ce type de comportement… J’ai des choses à explorer.

D’ici là élever vos enfants et apprenez leur à se gérer et à prendre leurs responsabilités.

Merci

(Je retournerai à la suite du bilan bientôt)

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