Je ne vais pas mourir. Ce n’est pas vers cela que ça s’en va. Pas du tout. Je sais que parfois les gens s’inquiètent quand je parle des choses tristes et de mes difficultés. Mais si je suis arrivée jusqu’ici, ce n’est pas pour mourir bêtement. Ce serait laisser bien des gens (que je n’apprécie pas) gagner et j’ai encore de la lutte en moi. Tant de projets aussi. J’explique, c’est tout. J’explique l’écart entre la perception et ce qui a vraiment été.
J’ai toujours eu beaucoup de difficulté avec les personnes manipulatrices. Je sais que je réagis plus fort que d’autres personnes face à elles. Je suis devenue comme allergique. J’ai un père comme ça. J’ai eu des amoureux et des amis et amies comme ça. Contrairement à ce qu’on prétend souvent, la revictimisation ne rend pas plus fort. Elle réouvre au contraire les plaies et les effets secondaires de ces nouvelles agressions psychologiques sont de plus en plus forts à chaque fois. Je ne suis pas la seule à qui ça fait ça, non. Il y a eu beaucoup de recherche sur le sujet. C’est un fait démontré. Vous pouvez croire des choses fausses si ça vous arrange. Je ne vous suivrai pas là-dedans.
La majorité de mes conflits ont lieu avec des personnes qui tentent de m’enfoncer des choses malsaines dans la tête ou de m’imposer des choix de vie qui n’ont rien à voir avec qui je suis. Ça s’envenime souvent parce que les gens ne lâchent pas le morceau et qu’ils disent des choses fausses sans tenir compte de l’impact qu’elles auront sur moi. Je réfère entre autres au fait que quand j’ai vécu la majorité des violences qui ont été déterminantes dans ma vie, les gens ont essayé de me faire croire que l’état dans lequel j’étais et ce que je ressentais après étaient anormaux. Alors qu’en fait c’était absolument normal. C’était la réaction normale d’un cerveau humain à des situations anormales qu’aucun être humain ne devrait avoir à vivre dans sa vie. Jamais.
Je réfère par exemple à des choses comme essayer de me faire croire que mes conjoints violents ne voulaient pas mal faire ou encore que la violence psychologique n’aurait pas d’impact réel sur la santé et qu’il suffirait de s’en ficher pour passer à autre chose. Des choses comme ça… Dites de façon agressives. Répétées sans arrêt. Des conseils extrêmement malsains qu’on essayait de me forcer à suivre parce qu’on ne voulait pas penser à ce que j’avais vécu. Au point où les gens m’ont laissée tomber pendant que je vivais les choses les plus difficiles de ma vie. Ça a fait très mal.
Ça m’arrive encore aujourd’hui ce genre de situations. Aujourd’hui je comprends qu’effectivement les gens ne veulent pas toujours mal faire, mais que ça n’enlève rien à l’impact de ce qu’ils font ou disent. Ils ne sont pas moins responsables de l’impact qu’ils ou elles ont en raison de leurs intentions. Peu de personnes se frottent les mains de plaisir à l’idée de faire du mal. Ces personnes existent, oui, mais souvent le problème est ailleurs. Dans la posture subjective des gens. Dans les idées qu’ils portent en eux sans toujours en être conscients et qui nourrissent et perpétuent des comportements malsains dans la société. Peu de gens ont beaucoup de souplesse subjective. Les comportements que je dénonce ici ne sont la plupart du temps pas le fait d’une seule personne. Encore moins d’une seule personne à qui je voudrais du mal. C’est une posture bien rigide et simpliste de prétendre que j’écrirais ici pour mal faire. D’autres personnes, en me lisant, se questionneraient sur leur comportement. Elles se diraient « Ah, tiens, je fais ça moi aussi. Je n’avais pas pensé que ça pouvait blesser des gens. Peut-être que je pourrais faire différemment. » … au lieu d’essayer de me faire croire que je suis méchante. Mais ça, c’est l’apanage de la manipulation, d’essayer de nous faire croire que nous sommes le problème, et les personnes manipulatrices n’ont souvent pas des structures psychiques très aptes à croître, changer, voire s’adapter. Il faut une mentalité de croissance pour bien entendre ce que je dis ici, et ça, ce n’est pas si commun. Ça devrait l’être plus. Personne n’est parfait. Heureusement. Et ce n’est pas de la violence de remettre en question le comportement d’une personne, non. Surtout pas si ce comportement nous blesse et est injuste. Heureusement.
Je comprends aujourd’hui qu’il y avait en partie de l’ignorance chez les personnes qui m’ont fait du mal et rejetée, en partie un refus de m’entendre, en partie un manque de respect énorme et en partie de la superficialité et de l’égocentrisme. Je n’ai plus de patience pour aucune de ces choses. Je n’en ai jamais vraiment eu beaucoup. Les études que je fais en ce moment me réparent en bonne partie en me montrant que mon état était normal dans les circonstances… que j’avais raison et que ces gens qui m’ont laissée derrière alors que j’étais mal en point avaient profondément tort.
Ça m’a causé beaucoup de souffrance. Ça m’a aussi ralentie beaucoup. Ça a détruit mon estime de moi pendant longtemps. J’ai vraiment peiné à la reconstruire. Aujourd’hui je suis encore souvent hésitante. C’est une des raisons pourquoi il est tellement difficile pour moi de faire des choix d’avenir. On m’a longtemps fait douter de tout ce que je pensais et de tout ce que j’étais. Même si j’ai plus confiance en moi aujourd’hui, le CPTSD fait que devant des choix important, mon anxiété plafonne et après je suis déprimée et épuisée et ça me prend des jours remonter… des semaines, voire des mois, si je vis d’autres violences supplémentaires. Vous comprendrez alors pourquoi j’hésite parfois devant de nouvelles personnes.
Il y a d’autres formes de violence plus sociales que j’aborde davantage dans le livre que je devrais finir enfin durant les vacances. J’en parlerai peut-être à un autre moment… ou vous le lirez ailleurs. Peut-être.
Ma santé mentale a donc été mise à rude épreuve cette année. Chose certaine, je n’ai pas besoin de pression ni de subir des crises de nerfs ni des menaces ou… Ce sont des enfantillages. Je travaille chaque jour à clarifier ce que je veux, à me sortir de ce marécage de mauvais souvenirs, à m’extirper de la dépression et du CPTSD, à trouver le courage de continuer à vivre parce que j’aime ça, vivre.
