Ça ne me dérange pas qu’on me trouve méchante d’avoir écrit la phrase que j’ai écrite hier. Je pense que ce qui a été fait avant et l’impact que ça a eu sur ma vie est bien pire que quoi que ce soit que je puisse écrire. Le simple fait de me nuire alors que cette personne était déjà au courant du fait que je souffre de la forme chronique du stress post trauma est un manque de respect et une violence. Une violence bien pire que les quatre mots écrits.
Je suis infiniment tannée de subir les troubles de santé mentale des autres qui apparemment n’ont pas envie de se responsabiliser et d’aller se faire soigner au lieu de faire subir leurs problèmes et leur état aux autres qui ne leur ont rien demandé. J’ai grandi dans un contexte où c’était présent. J’ai étudié dans un contexte où fleurit présent. J’ai eu des amitiés où c’était présent et des relations amoureuses bien sûr. Je travaille aujourd’hui encore dans un milieu où c’est présent. C’est présent partout en fait, mais ma patience s’effrite. Depuis vingt ans, moi, comme une conne assidue, je paie une thérapie pour me remettre des problèmes des autres… ces autres qui nient et ne se soucient absolument pas de l’impact qu’ils ont sur les autres. C’est épuisant.
Je trouve la vie épuisante ces jours-ci. Je suis tannée des normes et des attentes des autres.

Je ne pense pas que j’ai raté ma vie. Je suis simplement tannée de passer ma vie à me remettre des conneries des autres, des attentes qu’ils ont quant à ce qu’ils perçoivent comme la normalité et qui n’est rien d’autre qu’une construction vide à partir de laquelle ils se permettent tout de même de juger ma vie et de me mettre de la pression.
Je pense que les gens sous-estiment beaucoup les états dépressifs que j’ai connus au fil des ans. Je sais aussi que les gens comprennent très mal ce qu’est le trauma complexe et ce que c’est que d’en souffrir au quotidien. Je pense que les gens sont sur les réseaux sociaux comme devant la télévision et qu’ils oublient l’être humain réel derrière leur écran. Obsédés par leur image vide, ils perdent leur humanité et font souffrir les autres en espérant se glorifier, s’inscrire d’une façon superficielle dans ce qu’ils imaginent être l’histoire du monde avec un grand H.
C’est triste.
Cette histoire de mon ex, ça m’avait beaucoup fait de mal à l’époque parce que j’ai reçu vraiment très peu d’amour dans ma vie. Ma vie a en fait été dominée par la maltraitance. Les gens qui m’ont fait du mal ne le savaient pas à l’époque, mais ce n’est pas une excuse. Il n’y avait aucune justification à me gâcher la vie, pas plus qu’il n’y en a maintenant… ou je n’ai pas vraiment reçu plus d’amour en fait. À 44 ans, je ne sais toujours pas vraiment ce que ça fait que d’être aimée. Comment ça nourrit. Comment ça aide à vivre. Ce n’est pas parce que je ne serais pas aimable, non. Je me demande souvent pourquoi les gens s’évertuent autant à détruire le peu de bonheur que j’ai. À chaque fois. C’est inévitable. Je pense qu’ils imaginent que ma vie est plus facile qu’elle je l’est. Je pense qu’ils imaginent que j’ai plus de bonheur que je n’en ai.
Les personnes qui me font du mal jouent à un jeu dangereux. C’est en quelque sorte un miracle que je sois encore en vie. Mon psy me répète à l’infini que j’ai une résilience hors du commun. Je pense que c’est vrai. Il faudrait quand même que ça arrête à un moment donné, l’acharnement des autres sur mon cas. C’est invivable. Ça me rend malade depuis longtemps maintenant.
Pour la nouvelle année, j’aurai besoin de liens plus riches. De personnes qui ne jugent pas mon passé ni mon mode de vie présent. De personnes qui ne cherchent pas à m’enfoncer de force dans le moule qui les sécurise eux. C’est une grosse mission, je sais. Elle est cependant nécessaire.
J’ai assez souffert.
J’ai le droit de vivre.
J’ai le droit d’avoir la paix.
J’ai le droit d’être heureuse.
Un peu de cuteness pour contrer la lourdeur:
