Ça va un peu mieux. J’ai réalisé durant la fin de semaine qu’il y avait eu un problème avec la médication contre le stress post traumatique la semaine dernière, ce qui peut expliquer pourquoi j’allais si mal une partie dernière la semaine. J’étais donc peut-être moins triste que je le pensais…
J’ai quand même eu mon premier commentaire étrange et déplacé hier… ça n’a pas été long. C’était par la même collègue qui pense apparemment que je suis lesbienne parce qu’il y a des gays et des trans dans lesbienne livres que j’enseigne et qui pense que je ne vais pas au travail… que je ne suis pas là. Comme si c’était possible… Eh bien cette fois elle m’a dit juste avant que j’aille enseigner que le livre que j’avais mis au programme était tellement ennuyant qu’il lui était tombé des mains et qu’elle ne comprenait pas que les élèves puissent aimer ça. Je n’ai rien dit sur le coup parce que j’étais pressée. Mais j’étais vraiment tannée… Je lui ai dit que je n’en pouvais plus qu’à chaque fois qu’elle me parle c’est pour me dire quelque chose de dénigrant et je lui ai dit que je voulais qu’elle arrête. Je lui ai dit aussi que si elle pensait que l’histoire de la vie d’une personne trans et des violences qu’elle avait vécue était si ennuyante elle devrait probablement se poser des questions sur sa capacité d’empathie. Ça peut sembler dur extérieurement mais c’est vraiment bizarre cette situation. C’est un peu comme dire à quelqu’un « l’histoire de ton viol est tellement endormante que je n’ai pas pu l’e durer jusqu’à la fin ». Qui pense des affaires comme ça et s’en vente? Ok c’est correct de ne pas aimer un livre. Doit-on absolument le dire? Doit on le rabaisser devant une personne qui l’aime visiblement? Doit-on faire ça juste avant que la personne aille enseigner au risque de troubler sa confiance en elle? Vous pouvez deviner ma réponse à toutes ces questions. On dirait que les gens sont devenus obsédés par l’idée de dire leur opinion à chaque fois qu’elle apparaît dans leur tête sans se poser aucune question sur la validité de cette opinion ni sur l’impact qu’elle pourrait avoir sur l’autre. Elle a réagi comme un enfant, commençant par s’excuser puis ajoutant qu’elle ne ferait plus jamais aucun commentaire en ma présence (comme si les options de réfléchir avant de parler ou de faire des commentaires constructifs n’existaient pas) puis elle a dit qu’elle se serait passé de mon commentaire sur son empathie. Je lui ai répondu que dire à une personne cinq minutes avant qu’elle aille en classe que ce qu’elle enseigne c’était clairement un manque d’empathie et qu’il n’était pas vraiment possible d’imaginer qu’il y avait une bonne intention derrière ça. J’ai aussi ajouté que c’était un commentaire qui n’avait aucune utilité ni aucune pertinence.
En plus ça fait je ne sais combien de fois que des élèves de cette personne me demandent de venir suivre mon cours parce qu’elle ne les prépare pas pour l’épreuve uniforme… Est-ce que je lui ai dit pour la blesser? Non. Je ne fais pas ça. Elle devrait quand même s’occuper de son enseignement avant de critiquer le mien….
Est-ce si compliqué de comprendre que la raison pourquoi les choses nous intéressent est parce qu’elle font écho à quelque chose en nous et non parce que nous aurions des goûts supérieurs à tous les mortels sur terre? Est-ce si compliqué de comprendre que parfois on s’en crisse de ce que tu aimes ou pas, que ce n’est pas importants… que tes goûts personnels ne font pas office de loi pour toute l’humanité? Ça a l’air.
Quelqu’un m’a dit que ça ne devrait pas me déranger puisque les gens font tout le temps ça. Ce n’est pas un argument. Ce n’est pas parce que plusieurs personnes endurent des comportements toxiques depuis longtemps ni parce que ces comportements toxiques sont fréquents qu’ils deviennent acceptables et qu’on doit les accepter. Oui, mon seuil de tolérance aux micro agressions est vraiment bas. C’est parce que j’en ai vécu vraiment beaucoup depuis l’enfance et que je sais le mal qu’elles peuvent faire aux gens. Elles peuvent même conduire à souffrir de stress post traumatique complexe…
À un moment donné, les conneries, ça fera.
Mais regardez moi! Je suis en train de parler des violences qu’on me fait subir au lieu de fermer ma gueule et d’endurer! Qu’elle méchante personne je suis!
C’est une blague…
Je reviens avec des nouvelles joyeuses pour la fin de semaine. J’en ai quand même aussi.
À bientôt!
