Quelques autres détails

J’ai encore quelques petites choses à dire…

Je sais qu’il y a des gens qui trouvent ça bizarre que les choses m’affectent autant… mais c’est en fait normal. Si on pouvait bloquer si facilement les choses et les souvenirs qui nous font du mal, il n’y aurait pas de trauma complexe ni d’autres conditions du genre. Si les gens qui sont affectés pouvaient se débarrasser plus vite de ce qui les affecte, ils le feraient. Ça ne sert à rien de leur faire violence… parce que c’est ce qui est dans ces injonctions de passer et de penser à autre chose… Vous nous demander la même chose que les personnes qui nous agressent… soit de ne pas être affecté par leurs comportements, que ceux-ci ne soient pas graves… alors qu’ils le sont. Si nous cachons ou refoulons sans arrêt l’impact de ces événements violents, il n’y a pas de prise pour punir ces personnes. Pas de prise pour démontrer à quel point leurs comportements sont nocifs. Je sais que c’est difficile de vivre dans la conscience de la souffrance de l’autre, mais c’est nécessaire si on veut que les choses changent un jour.

L’argument comme quoi ça donnerait du pouvoir à l’autre n’est pas pertinent non plus. Tout n’est pas une question de pouvoir ni une lutte de pouvoir dans la vie. C’est important de ressentir ce que l’on a à ressentir après un événement pénible. Et ça prend le temps que ça prend. Je me suis remise d’autres trucs avant. Je me remettrai de celles-ci aussi, mais je suis profondément écœurée quand même…

Oui our ce qui est du collègue dont je parlais, les gens confondent beaucoup de choses, je trouve. Il y a une différence entre ne pas aimer quelqu’un et tenir la personne responsable de ce qu’elle a fait. Bien sûr cette personne a des qualités et je l’ai appréciée à différents moments de ma carrière. J’ai le droit d’en même temps être fâchée, déçue et révoltée qu’il ait fait ça et que la situation se soit déroulée comme elle s’est déroulée. Aujourd’hui j’ai surtout peur qu’il parte faire la même chose ailleurs… puisque aucun travail n’a été fait pour que ce ne soit pas le cas… comme les vieux curés abuseur à qui passaient de village en village, soit de force parce que leurs agissements avaient été mis à jour… soit volontairement parce qu’ils ne pouvaient plus supporter le regard des personnes qui savaient qui ils étaient vraiment. Je suis une personne qui croit à la réhabilitation… qui est possible dans bien des cas en fait… mais ça prend des démarches et du travail pour ça. On ne donne pas de nouvelles chances à des personnes qui ne reconnaissent pas le mal qu’elles ont fait. C’est dangereux pour tout le monde qui rencontrera ces personnes…

Je continue à réfléchir au travail. Je ne suis pas certaine si je serai en mesure de retrouver une bonne santé physique et mentale si je reste là. C’est important d’en tenir compte.

J’ai aussi encore des flash du comportement de la femme aux menaces. Combien c’était étrange et absurde de la voir m’écrire à répétions pour me dire de ne pas lui écrire alors que je ne le faisais pas et que je n’en avais aucune envie après la façon dont elle m’avait traitée. Les menaces aussi… L’absurdité et la violence de voir une personne nous faire du mal et ensuite essayer de nous faire peur pour ne pas qu’on en parle… Tout ce qu’elle à réussi a accomplir c’est de me rajouter un traumatisme de plus alors que tout ce que j’avais fait c’était de lui dire que certaines de ses paroles m’avaient blessée… Belle empathie… Belle sensibilité… Beau souci de l’autre… Belle lutte contre la violence… Elle trouve ça drôle d’être une mauvaise féministe. C’est son choix j’imagine. Quand j’y repense, même sa façon de m’annoncer la mort de mon ex était violente… en me parlant comme une moins de rien qui serait susceptible de ne rien ressentir à la mort d’un homme qu’elle a aimé. Tout ça parce que je n’en parlais pas sur les satanés réseaux sociaux de marde… alors que la réalité c’est que je ne le savais même pas. Si je pouvais reculer le temps, je la bloquerais immédiatement après avoir reçu son message violent et dénigrant après que je lui aie parlé de ma blessure. Il n’y a jamais rien de bon à attendre des personnes qui se permettent de nous rabaisser. Il n’y a pas de conversation saine possible avec ces personnes. Je n’ai jamais eu aucune nouvelle de la fausse identité « Nathalie ». Ça aussi c’était tellement bizarre et ridicule. Enfin… bon débarras!

Aujourd’hui j’ai passé une bonne partie de la journée à lire un livre sur le trauma complexe chez les enfants et les ados… pour me rendre compte encore une fois que je suis une personne normale qui a vécu des choses profondément anormales et qui en vit encore. J’ai pleuré une bonne partie du temps. En partie parce que je me rends compte à quel point c’est grave et inadéquat ce que j’ai vécu. En partie parce que ça fait du bien de trouver des moyens concrets de prendre soin de moi. Je reste découragée d’avoir bien peu de possibilités de me réparer considérant ma pauvreté des liens humains en cette époque… mais je vais continuer à faire ce que je peux.

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