Les répétitions infinies

Il y a quelques temps, je vous ai parlé de l’homme qui m’avait invitée à prendre en verre. Je lui ai dit non finalement en prétextant que je réfléchissais à mon avenir et que je ne savais pas si j’allais rester dans cette ville ou partir. Ce n’est pas tant un prétexte puisque c’est vrai… mais en même temps je n’ai pas précisé que je m’la vais pas envie qu’on me gâche la vie en ce moment. Quand j’ai du retourner à l’endroit où il travaille, je l’ai revu. Sans m’avoir posé aucune question, il s’est mis à me rabaisser en me disant qu’il fallait réfléchir avant de prendre des décisions comme déménager et qu’on ne jouait pas avec sa vie comme avec un yo-yo…. Comme si j’étais une conne qui va foutre sa vie en l’air sur un coup de tête… comme si je lui avais demandé son avis sur mes choix… Du bon mansplaining comme on aime tant… Non. Je ne suis plus capable. Je sais, oui, qu’il m’a rabaissée parce que je lui ai dit non. Avant que quelqu’un dise que c’est bizarre que ça m’arrive si souvent de tomber sur des violents, c’est lui qui m’a approchée et non l’inverse. Ça m’arrive parce qu’ils sont vraiment beaucoup. Je ne lui avais rien demandé. Je voulais juste recevoir un service et recycler quelque chose. Aussi, avant que quelqu’un s’imagine qu’il a l’air d’un motard ou que c’en est un… eh bien non. C’est un homme d’âge moyen qui travaille dans le milieu communautaire… à aider les gens et la plante figurez-vous. Il n’existe pas de typologie de l’agresseur, non. Ça ne leur paraît pas dans la face, non. Et nous n’avons besoin de rien faire pour qu’ils nous tombent dessus. Juste exister dans le monde et vaquer à nos obligations. Je me demande souvent si ces gens sont conscients d’à quel point ils nous pourrissent la vie même sans qu’on leur ait demandé quoi que ce soit. Ça me répugne. J’ai pris une photo de lui sur le net au cas où je le verrais à nouveau rôder devant chez moi. Je lui ai répondu que je n’étais pas complètement imbécile et je suis partie. J’avais la nausée. Le culot quand même…

À part ça je suis encore fatiguée. Je n’ai pas envie de retourner au travail, mais il reste encore un mois de vacances. J’écris. Je m’occupe du jardin et des chiens. J’essaie de continuer à réfléchir à l’avenir. C’est difficile quand on n’est pas certaine d’avoir une place dans le monde.

Voici mon jardin maintenant avec mon ogre à tomates:

Il m’est arrivé quand même un petit truc drôle. Je suis un artiste que j’aime bien sur Instagram depuis 2019. Eh bien cette semaine j’ai vu son visage pour la première fois. Depuis des années je me disais que je croquerais bien ses oreilles et j’étais certaine qu’il me plairait. Eh bien quand je l’ai vu je l’aurais dévoré en entier! Ça n’arrivera pas. Rien ne se passera. Il reste que ça avait quelque chose de rafraîchissant d’attendre si longtemps pour voir le visage de quelqu’un dans une société où les gens se montrent constamment. J’ai aimé ça.

Je lis encore beaucoup. Je vise en montée juste un cette semaine parce qu’à part celui-là les deux autres livres que j’ai lus étaient probablement parmi les pires que j’ai lus de ma vie et je ne voudrais donner envie à personne de les lire. Il y en a un qui est supposé porter sur une jeune femme morte et dans lequel l’auteur ne parle que de lui. Un cauchemar.

À plus!

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