Faire un lien

J’ai appris récemment une nouvelle qui m’a surprise, mais juste à moitié. Si vous me connaissez ou me lisez depuis un moment, vous savez que je ne suis pas très à l’aise avec les trigger warning. C’est le cas en bonne partie parce que je pense que le fait de parler de sujets comme la violence et les agressions sexuelles est plus important que la sensibilité individuelle de chacun et chacune. Parce que je pense qu’il est plus important que le plus de personnes possibles aient accès à des informations et de la réflexion sur ces sujets que le risque que quelques personnes soient troublées, voire traumatisées ou retraumatisées par le fait qu’il soit question de ces sujets. Il y a eu une sorte de consensus voulant que les victimes préfèreraient qu’on ne parle pas de ces sujets en leur présence qui est venu de je ne sais où. Comme si toutes les victimes étaient pareilles. Comme si elles voulaient toutes la même chose. Comme s’il s’agissait de retraumatisation et non de réactivation…

Personnellement, en fait, je voudrais qu’on parle de ces sujets plus souvent et plus ouvertement, même en ma présence, oui. Je voudrais que la société avance et que plus de personnes aient des connaissances réelles sur ces sujets. Ça fait 24 ans que j’ai été agressée sexuellement pour la première fois. La société a littéralement avancé d’un pas de souris depuis. J’entends encore les mêmes conneries, je subis encore les mêmes victimisations secondaires 24 ans plus tard… par des personnes qui devraient clairement en savoir plus sur ces sujets. Et c’est pour ça que pour moi c’est vraiment important de pouvoir en parler le plus librement possible et avec le moins de freins possible. Je pense que c’est normal d’être affecté parce ce que les gens vivent dans le monde où nous vivons, que ce soit de près ou de loin. Je ne crois pas dans le fait de faire honte aux gens de parler de ce qu’ils vivent.

Ce que la recherche démontre aujourd’hui, c’est que les traumavertissements ont tendance à avoir pour effet d’empirer les traumatismes des personnes qui ont vécu ce dont on les prévient qu’on va parler. Ça remet l’accent sur le fait que c’est terrible d’avoir vécu ça et que c’est terrible d’en parler. Ce qui est pas mal nuisible en fait et diminue les probabilités que les gens sortent de la victimisation qu’ils ont vécue… parce que c’est tellement terrible qu’il faut avertir les gens, qu’il faut prendre des pincettes et… alors que les violences et les traumatismes sont si présents et malheureusement si fréquents. Et qu’en fait je pense que les gens doivent être bien plus conscients de leur fréquence et de leurs impacts afin que les victimes puissent plus facilement continuer à vivre sans être toujours traitées comme des phénomènes de foire et subir les préjugés violents et pénibles des autres.

À mes yeux, ça devrait être normal d’en parler. Présenté comme sain et non comme quelque chose qu’il faut craindre et limiter.

Si jamais vous vous êtes dit quelques fois que j’aurais du en mettre au début de mes textes, eh bien le site s’appelle les violents. Il me semble que ça donne une idée claire de ce dont il sera question. Ça devrait suffire.

J’ai entendu les résultats de cette recherche dans une balado qui s’intitule Encore heureux. Je n’ai pas encore lu la recherche, mais je le ferai assurément parce que c’est important pour moi.

Bonne journée!

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