Je pense que si on m’avait dit dans le passé qu’un jour quelqu’un jalouserait le peu d’attention que j’ai à la suite de la mort violente d’un ex, je ne l’aurait pas cru. J’ai beaucoup de difficulté à comprendre les gens qui ramènent toujours la couverture de l’attention vers eux… Probablement parce que moi j’essaie de l’éviter le plus possible. Ça m’a pris énormément de travail en thérapie avant de pouvoir accepter de prendre une place. Je ne serais pas prête à dire que cette place est ma place en fait.
Je n’en ai pas beaucoup, de l’attention en fait, même dans ma vie privée. En ce moment, si je me sens aussi lessivée, c’est en bonne partie parce que beaucoup de personnes me tirent de l’énergie, me demandent de combler leurs besoins, de leur donner mon attention, de faire les choses à leur place et… En retour, je reçois souvent bien peu… et ça m’épuise. Je pense que beaucoup de personnes prennent pour acquis qu’on doit faire des choses pour elles, prendre soin d’elles et… Elles ne pensent cependant pas toujours à rendre cela. Ça fait mal souvent et ça gruge ma vie… et parfois ça me désespère.
J’imagine que plusieurs personnes ont dû trouver bizarre que je veuille ne pas trop parler en mal de quelqu’un qui m’a fait beaucoup de mal, quand j’ai parlé de mon ex. Tout simplement parce que j’essaie d’être une personne juste. Il y a eu du très mauvais. Il y a eu du bien aussi. Il le savait, lui, à quel point il m’a blessée. Je pense que c’est l’important. Ça ne me servirait à rien de m’étendre là-dessus maintenant. J’avais fait mon deuil. Aussi, je n’ai pas eu tant de relations. Celle-là était donc importante pour moi malgré son effet négatif sur ma vie. Ça doit être bien difficile à imaginer pour les personnes incapables d’être seules et qui font n’importe quoi aux autres pour avoir toujours plus d’affection et d’amour… C’est quand même ça ma réalité: une misère affective qui dure depuis l’enfance.
Au moins il y a les chiens et quelques amis. Je ne sais pas si je serais encore capable de plus. Surtout avec les risques que ça implique. Ça m’affecte vraiment beaucoup de subir à répétition des violences et des déceptions. J’ai développé une forme d’allergie viscérale à ces personnes. Je travaille très fort pour que cela m’affecte moins. Ce n’est pas facile parce que ça dure depuis si longtemps. Ça s’accumule et ça érode ma foi dans le fait que les choses pourraient être différentes. Ce n’est pas de la négativité. Ce sont de mauvaises expériences accumulées qui semblent ne jamais s’arrêter.
Ça m’a dégoûtée aussi que cette personne, la femme aux menaces, essaie de transformer ce que je fais en quelque chose de laid et de méchant. Ça m’a dégoûtée qu’un femme qui prétend être du côté des victimes de violence essaie de me faire honte de parler des violences que j’ai vécues. Qu’elle me fasse subir en plus des violences supplémentaires pour sauver sa face d’hypocrite. C’est normal que les victimes de violence ressentent de la colère. Ça ne fait pas d’elles des personnes violentes. C’est par contre très très violent d’essayer de le leur faire croire comme elle a fait.
Je vais essayer de laisser aller, oui. J’y travaille fort. Je travaille fort pour que ces gens m’affectent moins. Je suis par contre vraiment tannée d’avoir à me relever de la marde des autres.
Moi cachée dans un de mes châles.

À plus!