Une dernière fois

Il y a quelques choses que j’aimerais répéter une dernière fois et j’ai aussi un détail à ajouter.

Cette personne qui prétend être super sensible et qui m’a fait des menaces, pendant que j’écrivais les textes à la suite de la mort de mon ex, elle m’a dit que je devrais faire payer les gens pour lire ces textes… C’est quand même fou, hein? J’ai dit non. Ce n’est pas mon genre de faire de l’argent sur le dos d’un cadavre ni sur celui des gens qui souffrent de sa mort. Vous penserez alors peut-être à mon livre … mais ce n’est pas un livre sur mon ex. Il apparaît juste dans l’épilogue. J’ai aussi déjà prévu que s’il était publié, je donnerais une partie des droits d’auteurs à une fondation pour la lutte contre le suicide ou contre une forme ou une autre de dépendance. Donc non, ce n’est vraiment pas mon genre… J’avoue avoir beaucoup de difficulté à identifier la si grande sensibilité dans cette idée qu’elle a eue.

C’est difficile à imaginer pour moi qu’on puisse se prétendre sensible et tourner en ridicule ou minimiser ce qui importe pour une autre personne. Qu’on puisse prétendre avoir un cœur et en même temps saccager sans réfléchir le deuil d’une autre personne et faire semblant qu’on souffre davantage de la mort d’une personne que ses proches. Qu’on puisse prétendre se soucier des autres pour en fait ne pas tenir compte de ce qu’ils vivent et leur sauter sur la tête pour sauver son ego.

À mes yeux, ce sont d’immenses manques de sensibilité.

Probablement pas juste à mes yeux.

J’ai aussi de la misère à accepter qu’on puisse prétendre être en mesure d’aider les autres alors qu’on a la tête pleine de préjugés et d’idées pansements vides qui ne règlent rien.

Je discutais avec quelqu’un aujourd’hui qui m’a dit qu’elle pensait que les proches des personnes qui souffrent devraient s’informer davantage au sujet du trouble de leurs proches. Je ne peux pas être plus d’accord. Je n’en peux plus des personnes qui savent que je souffrent de stress post-traumatique complexe et qui me traitent comme si j’étais de la marde et qui se retournent ensuite pour faire semblant d’être contre la violence envers les femmes et contre la violence sexuelle et se soucier des personnes qui ont vécu cela. C’est d’un aveuglement ou d’une hypocrisie sans fin. On me demande sans arrêt de faire comme si dans mon cas ce n’était pas grave et que c’était à moi d’être forte et de soutenir les personnes qui n’ont pas vécu ce que j’ai vécu. C’est insensé.

Je n’ai pas à être gentille avec ces personnes, non. Je ne suis pas non plus en train de faire la même chose qu’elle, non. Je n’ai jamais traité les gens comme ils me traitent. Sauf peut-être à l’adolescence… moment où comme à peu près tous les ados, je n’avais pas beaucoup de conscience de l’autre. J’allais très mal et à 16 ans je n’étais définitivement pas toujours gentille… pas toujours pour de bonnes raisons. Mais ça fait très longtemps que j’ai changé. Il m’arrive encore parfois d’être impatiente… quand je remarque qu’on manque de conscience de l’autre… justement. Je pense que c’est normal, mais j’essaie quand même toujours de devenir meilleure et de dire les choses plus doucement quand c’est possible.

Ce n’est donc pas moi la vilaine insensible, non. Ce n’est pas non plus moi la personne qui ne s’aime pas.

Je pense que ce sera enfin tout.

Je suis heureuse que ces personnes me fassent plus partie de ma vie. Je n’ai pas besoin d’être traitée comme ça. Jamais.

Ça allait mieux aujourd’hui. Le soleil m’a fait du bien. J’avais peu envie d’enseigner, mais il y a des jours comme ça et j’ai fait du mieux que je pouvais malgré tout. Tous les cours n’ont pas à être le cours de ma vie.

Je vais aller me reposer. Le printemps est prometteur, mais je dois me remettre encore.

À plus!

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