Les deux seules fois où une personne a essayé de me faire croire que je suis violente c’est la jeune éditrice et la femme récemment. Dans les deux cas ces personnes m’avaient fait des choses vraiment blessantes avant et ont prétendu que je voulais détruire leur vie. Comme si ça m’apporterait quoi que ce soit de faire cela… Dans les deux cas, c’était après que je me sois défendue contre quelque chose de blessant qu’elles avaient fait sans vouloir le reconnaître que j’ai reçu cette attaque. Elle était fausse les deux fois. Je passe au contraire mon temps à me faire dire que je suis trop gentille… que je me laisse trop faire. Je vais aller avec la majorité tout en sachant que je peux m’améliorer sur certains plans.
Une des choses qui n’est pas assez mentionnée dans la vie, c’est comment c’est frustrant de devoir interagir avec certains types de personnes qui ne sont pas en thérapie depuis longtemps et qui n’ont pas nécessairement l’habitude de se remettre en question ou de questionner ce qu’elles pensent et ce qu’elles font. Chaque critique qu’on ose énoncer (même bienveillante) devient un genre de crime contre l’humanité.
Comme quand je dis que le fait que certaines personnes qui se disent hypersensibles et qui font des crises comme quoi les choses sont trop pour elles font en fait preuve d’un manque de sensibilité. Je ne dis pas qu’elles ne souffrent pas réellement. Je les crois que ça leur fait mal. Ce que je dis c’est que ce ne sont pas toutes les situations qui sont à propos d’elles et que dans certains cas les démonstrations de supposée sensibilité qu’elles font sont en fait blessantes et ne prennent pas vraiment les autres en considération.
Cette même personne avec qui j’ai eu le conflit récemment m’avait déjà dit que contrairement à ce que je prétendais, c’était vraiment trop pour elle et que j’avais tort. Elle n’avait pas compris ce que je disais. Je répète que je crois que ça les fait vraiment souffrir. Mon problème c’est que leurs réactions emportées nuisent parfois aux personnes qui devraient réellement avoir l’attention dans une situation précise. Parfois, même si ça fait mal, il faut savoir s’oublier pour laisser la place à l’autre. Par exemple ne pas faire une crise que c’est insupportable pour toi si une personne parle de son agression. Ce n’est pas à propos de toi. Tu ne vas pas mourir. Ta tête ne va pas exploser. Ton cœur n’arrêtera pas de battre. Tu feras peut-être des cauchemars un temps. Ce n’est pas particulièrement grave. Ce n’est pas ton bien-être qui prime dans toutes les circonstances et à toutes les minutes de l’existence. Des fois, la souffrance de l’autre est plus importante que la tienne et doit passer en premier même si tu souffres réellement.
Pour donner un exemple moins personnel, c’est comme la fois où les publications en soutien à Black Lives matter ont invisibilité les mesures d’aide sur Instagram. C’était beau de voir tous ces carrés noirs. Mais quand les organisateurs ont demandé de les retirer pour que les ressources d’aide soient plus visibles et disponibles, figurez-vous que des gens ont pété leur coche comme quoi ils avaient le droit de laisser ça, qu’ils savaient le droit de montrer leur soutien et… sans se soucier qu’en fait ils nuisaient à des personnes qui vivaient des situations vraiment graves, parfois des questions de vie ou de mort. C’est la même chose. Ce n’est pas à propos de toi. Ce n’est pas pour te nuire ou t’enlever de la visibilité ni parce qu’ils ne sont jamais contents qu’ils ont demandé ça. C’est parce que finalement ce type de soutien n’était pas adéquat. C’est la même chose. Oui oui. Ta visibilité sur les réseaux sociaux ne prime pas sur le reste de l’humanité,
Probablement que les personnes qui me disent que ce que je vis est insupportable pour elle souffrent réellement et veulent bien faire. Le problème c’est que ça nuit plus que ça aide et qu’il y a de sérieuses questions à se poser au sujet de ce genre de comportement. Par exemple pourquoi penses-tu que ton bien-être immédiat est plus important que le fait que les gens puissent parler de ce qu’ils vivent? Pourquoi l’attention devrait elle être tournée vers toi?
J’ai personnellement plus tendance à m’effacer. Souvent trop en fait. J’ai passé mon enfance avec un homme qui pensait constamment que son bien-être personnel était la chose la plus importante sur terre et qu’il devait toujours être le centre de l’attention et ça m’a conduite à penser pendant très très longtemps que mes besoins, mes ressentis et en fait toute ma personne n’ont pas d’importance. Ce type de comportement fait des dommages réels. C’est pour cela que ça m’affecte de voir des gens agir comme ça. Pas parce que je suis une méchante violente qui veut faire du mal aux autres. C’est parce que j’aimerais que vous compreniez que parfois il y a des situations qui dépassent votre personne et qui sont plus importantes que votre confort personnel. Dans ces moments, ce serait une bonne idée de prendre un peu sur vous et d’accepter que vous n’avez pas à être le centre d’attention. Ce serait ça, être sensible aux autres et à ce qu’ils vivent.
Ça a l’air vraiment vraiment dur à comprendre mais ce n’est pas un drame de faire des cauchemars parce qu’on a pris conscience de la souffrance de l’autre. C’est même plutôt une chose normale de la vie que nous devons endurer. Le vrai drame, c’est la souffrance réelle de la personne qui a vécu quelque chose de terrible.
Aujourd’hui, j’ai annulé tous les abonnements à des services américains et à chaque fois qu’ils m’ont demandé la raison, j’ai cliqué sur « autres » et j’ai écrit Donald Trump dans la case explicative. J’ai trouvé ça très drôle. Ce n’était pas un très gros sacrifice parce que dans cette situation précise: ce n’est pas mon confort personnel qui prime!
Bonne fin de journée!
