Désolée… j’ai encore quelques petites choses à dire. Je n’ai pas aimé que des gens prétendent que mon ex a décidé de faire cela sur un coup de tête… par supposée impulsivité. Il n’était pas une espèce de poule pas de tête. Je pense qu’il a fait un choix. Pas un choix complètement rationnel parce que la dépression et la consommation changent la vision du monde nécessairement… mais je ne croirai jamais à l’acte irréfléchi et soudain. Surtout que j’ai immédiatement cessé de recevoir les pourriels que je recevais depuis des années de son ancienne adresse email… qu’il a probablement pris la peine de fermer avant de quitter. Je n’aime pas que les gens fassent comme s’ils étaient en danger dans le métro. J’ai dû y aller dès le lendemain. Ça m’a fait mal et troublée. J’ai pris sur moi et je me suis rappelé de l’essentiel: c’était son choix. Personne ne l’a poussé. Il n’a pas glissé. Il a choisi. Il y a des gens qui se jettent sous le métro depuis probablement l’année de son installation. Ce n’est pas rare. Le métro a peut-être un autre sens depuis sa mort… mais il aurait dû avoir cet autre sens avant. On aurait dû depuis longtemps faire des choix personnels et sociétaux différents. Nous pouvons les faire maintenant. On pourrait par exemple confronter la ville sur pourquoi il n’y a toujours pas de barrières de sécurité comme c’est le cas dans certains pays. On pourrait prendre soin les uns des autres. On pourrait arrêter de faire semblant que tous les suicidés sont pareils et ne savent plus ce qu’ils font. Il y a toutes sortes de personnes différentes qui font ce choix pour des raisons différentes. Certaines ont des maladies. Certaines n’en peuvent plus de souffrir et pourraient bénéficier d’une main. Peut-être la vôtre.
Je sais ce que ça fait de ne plus avoir d’espoir. Ça m’est arrivé souvent. Ça m’est arrivé quand j’ai dénoncé mon agresseur et qu’une partie du milieu littéraire m’est rentrée dedans. Ça m’est arrivé après ma deuxième agression. Ca m’est arrivé durant ma pire période de CPTSD après le prof de maths. Ça m’arrive à chaque fois que je perds des gens. Pendant la période de harcèlement. Ça m’est même arrivé il y a quelques jours…
Avec le temps, j’ai compris que la meilleure chose à faire, pour moi, ce n’était pas de mourir. C’était de faire la morte. D’accepter de réduire ma vie, un temps… et de vivoter un temps en attendant… jusqu’à ce qu’un jour, d’une façon ou d’une autre, la vie me ramène à elle et me redonne de l’espoir. Je ne sais pas si j’en serai toujours capable. Je sais que je suis tannée d’avoir à être forte. Je m’accroche quand même. C’est cependant trop me demander que d’être gentille toujours avec les personnes qui me font du mal… encore moins avec celles incapables d’assumer ce qu’elles font. Si je voulais me venger ou leur faire du mal, je ferais autre chose que de parler ici de ce qu’elles m’ont fait en ridiculisant ici ou là un raisonnement ou un argument absurde. Je ferais bien pire, oui… mais ça n’a jamais été mon genre.
Je me connais. Je suis quelqu’un qui prend soin des autres en général. Je ne suis cependant pas une gentille niaiseuse. J’ai des limites. Je serai toujours féroce avec les gens qui me font du mal ou qui font du mal aux personnes que j’aime. Je suis très protectrice et loyale. Je pense que c’est rare et sain.
Je vous mets mon petit Ali pour clore la partie sur la mort. Il me manque tous les jours. Mon ex aussi me manquait déjà souvent et me manquera toujours. Et avant que quelqu’un pense que c’est irrespectueux de mêler les chiens aux humains, il faudrait comprendre que quand on a tant souffert des humains, les chiens sont très importants et qu’en fait ce sont les humains qui sont honorés d’être en présence des chiens. Pas l’inverse. Mon ex le savait, lui, comment cet animal m’a sauvée. Je n’ai jamais eu besoin de lui dire.

J’ai vu mon psy aujourd’hui. Ça s’est bien passé. Il n’était pas super heureux du comportement de la femme dont je parlais récemment. Il ne pense pas que je fais de la diffamation, non. Ce n’est pas de la diffamation que de parler de ce que je vis réellement. J’ai conclu que la prochaine fois que je m’apercevrais qu’une personne que je pensais mon amie pense en fait du mal de moi, je lui demanderai ce qu’elle fait dans ma vie. J’ai autre chose à faire que d’avoir de fausses relations. On devrait tous et toutes avoir autre chose à faire. La vie est courte et assez difficile comme cela.
On a aussi parlé de la fin de mon autre suivi et nous arrivons à la même conclusion. La personne qui me suivait a voulu forcer une approche « one size fits all » sur moi… alors que ce qu’elle me disait de faire est en fait l’opposé de ce dont j’avais besoin. Ça ne veut pas dire que ça ne peut pas fonctionner pour quelqu’un d’autre… mais pas pour moi. Il y a même des choses auxquelles elle voulait me soumettre qui sont des choses contre lesquelles j’enseigne. Ça ne pouvait pas aller.
Même si je ne correspond pas aux critères de tout le monde, je m’aime. Je choisis aussi de rester en vie.
À plus!