Quand il m’arrive des choses violentes à répétition, je comprends les personnes qui choisissent la mort. Ces jours-ci, il est facile pour moi d’imaginer ce que mon ex pouvait ressentir. Ça ne veut pas dire que je veux mourir, non. Rassurez-vous.
Je reste quand même perturbée par tout cela. Je vois beaucoup de personnes être supposément horrifiées quand quelqu’un se donne la mort. De l’autre côté, je vois tous les jours des personnes faire des choses violentes et sauvages aux autres…. Et ce sont souvent les mêmes personnes. Je trouve ça hallucinant que même en avisant les personnes de ce que j’ai vécu et de ce que je vis encore, ils ne se gênent pas pour me fesser dessus. Je me demande s’ils ne font pas en fait parfois exprès de fesser plus fort parce qu’ils savent que je suis dans un état très difficile à supporter déjà. Probablement que certaines personnes choisissent de le faire exactement pour cette raison. Probablement que d’autres choisissent de s’aveugler, de ne pas penser à l’impact que peut avoir ce qu’ils font. On dirait que beaucoup de gens sont complètement enragés et de plus en plus violents et se défoulent sur n’importe qui n’importe quand.
Ce n’est pas ce que je fais, non.
Considérant les deux dernières années que j’ai vécues, si je n’avais pas l’habilité de savoir reconnaître ce que je vis et de demander de l’aide appropriée, j’aurais été une bonne candidate pour le suicide. J’avoue avoir souvent pensé que je ne m’en sortirais pas, que je ne survivrais pas, que je ne m’en remettrais pas même si je survivais.
Je ne pense plus ça. C’est cependant pour cela que je n’ai plus de patience pour les personnes qui choisissent de me faire subir de la violence. Je n’ai jamais eu à en avoir même j’en ai encore moins maintenant. Je suis résiliente, mais à un moment donné, ce n’est pas infini cette affaire-là. Je suis épuisée d’avoir à être forte.
Je suis tannée des seuls aussi… j’ai du faire le deuil d’amitiés, du programme universitaire que je faisais, de mon sentiment de sécurité dans mon quartier, de mon sentiment que beaucoup de gens étaient rationnels, de certaines collègues dont je pensais qu’elles me respectaient, de mon énergie, de plusieurs progrès que j’avais faits avec le stress post traumatique, de ma santé, de mon suivi pour le stress post traumatique qui blaguait finalement rien à voir avec celui-ci et qui m’a plus nuit qu’aider, de mon ex… et finalement d’autres amitiés. Je suis à moitié morte… et je dois être heureuse et joyeuse et m’occuper de plus de 150 jeunes… tout en essayant de mener une vie équilibrée et de remplir toutes mes autres obligations en même temps…
En plus de tout cela, tantôt, j’ai appris que le monsieur qui habite en face de chez mon et avec le harceleur a été emmené à l’hôpital parce qu’il commence à souffrir de démence. Il devra être placé. Je ne le reverrai plus jamais. Ça faisait vingt ans que c’était mon voisin. Ça me rend super triste.
Prenez donc soin les uns des autres et posez-vous donc des questions avant de faire et dire n’importe quoi aux autres. Les réactions dramatiques après n’aident jamais quand le tort est fait. en fait elles sont même plutôt répugnantes.
Ça vaut la peine puisque vous ne savez jamais quand la vie d’une personne finira. il faut apprendre à un moment donné…
