Je n’ai vraiment pas aimé ça cette histoire. C’est vraiment pénible quand un suivi thérapeutique nous nuit plus qu’il nous aide. Ce n’est pas si commun, mais ça arrive et je pense que c’est une bonne occasion d’en parler.
Oui, la restructuration des pensées c’est quelque chose qui peut être utile. Ne vous méprenez pas. Je la pratique depuis vingt ans maintenant… Le problème c’est quand elle est mal utilisée. Je pense par exemple dans le cadre de ce suivi à quand j’ai parlé du fait que plusieurs de mes amies ne pouvaient pas me voir ces temps-ci parce qu’elles ont des maladies chroniques ou des enfants en bas âge. Elle m’a répondu que c’était ridicule de ma part de m’imaginer ça. J’ai dit que je ne me l’imaginais pas, que ça correspondait à ce dont nous avions discuté mes amies et moi et que c’était donc factuel. Elle m’a répondu que non, je pensais ça parce que je ne m’aimais pas.
Tabarnak….
C’est du gaslighting ça. Pas de la thérapie. Ça n’a pas à être fait de façon intentionnelle pour faire du mal et nuire à la santé mentale, non. Ce genre de situation s’est produit plusieurs fois durant le suivi. Je ne vois pas comment me mentir à moi-même au sujet de ce que je vis et ce que je sais pourrait m’aider…
Elle était comme obsédée par l’idée que je ne m’aimerais pas… alors que c’est faux. Je déteste cette tendance à prétendre que les choses mauvaises arrivent parce que les gens ne s’aiment pas et donc à les rendre responsables des violences qu’ils vivent. Même si une personne ne s’aime pas, ça ne donne pas l’autorisation à qui que ce soit de la maltraiter. Ce n’est pas en lui reprochant de ne pas s’aimer que ça va l’aider. On ne peut pas forcer une personne à s’aimer à force de bullying. Enfin, il est faux d’affirmer que tout change lorsqu’on apprend à s’aimer. Ça rend des choses plus faciles, oui, mais ça n’empêche pas les gens qui détestent ce que vous êtes de vous faire du mal. Vous risquez juste moins de les croire… Et je ne les crois plus depuis longtemps les personnes qui me font du mal… Ça fait déjà entre cinq et dix ans.
Mon expérience c’est que durant les périodes où je me suis le plus aimée, les gens me fessaient dessus de plus en plus fort pour que je retourne à la place qu’ils m’avaient donnée dans leur cerveau…
Aussi l’estime de soi n’est pas quelque chose de fixe. Ce n’est pas parce qu’on s’aime moins à un moment que l’on ne s’aime globalement pas. Demandez à Christophe André… il sait pas mal de quoi il parle. D’ailleurs ça fait un moment qu’on s’est rendu compte que la compassion envers soi c’est beaucoup plus efficace pour la santé mentale que l’estime de soi.
Je voulais préciser ces choses pour les personnes qui pourraient être inquiètes que j’aie quitté ce suivi. Je vais bien. Je me sens bien. Je suis fière de nous avoir respectées, mes limites et moi. Je connaissais déjà la plupart des choses qu’elle me recommandait donc ça ne m’aidait pas vraiment. La pression de me transformer en quelqu’un d’autre pour lui faire plaisir était aussi très malsaine. Je me sens en mesure de prendre soin de moi avec l’aide de mon psy pour le futur.
J’aimerais qu’on arrête de confondre le fait que j’ai peur de beaucoup d’humains (avec raison considérant la quantité infinie d’événements violents que j’ai vécus) avec les fait que je ne m’aimerais pas. Ce n’est pas super rare les HPI désordonnées qui préfèrent la solitude. C’est plutôt très commun.
Bonne fin de semaine!
