Les peurs (2)

La session n’est même pas vraiment commencée qu’il s’est déjà passé assez de choses pour que je n’aie pas envie d’aller travailler. Je n’ai pas le choix, on s’entend… mais quand même. Il y a des jours où c’est difficile de rester motivée avec tous ces bâtons dans les roues à l’infini. On pourra dire que ça m’a beaucoup nuit de travailler là. Je n’ai vraiment pas pu m’y épanouir. Je vais me concentrer sur les cours et les élèves. C’est le plus important, après tout.

C’est également difficile dans ce contexte d’aller mieux. Je sens qu’une partie de moi a la mèche courte. Je suis infiniment tannée des commentaires, des attentes étranges et…

Durant les prochains mois, je dois mettre l’accent sur ma santé plus que toute autre chose. J’ai besoin d’aller mieux. J’ai besoin de pouvoir vivre. Comme j’ai dit il y a quelques temps, je ne veux plus continuer à mourir. Je ne veux plus laisser les autres me pourrir la vie. De mon côté, je laisse les autres tranquilles et j’apprécierais la même chose en retour. Je suis quand même consciente qu’il me faudra probablement encore fuir souvent intérieurement pour me protéger des agressions extérieures.

J’ai passé énormément de temps à lire ces derniers jours. Pour mes cours et parce que j’ai un genre de boulimie de bibliothèque dans la vie. Il faudra quand même que je cesse d’en emprunter et que je me concentre sur le tri de ceux qui sont à la maison. Il faut que j’évacue encore beaucoup de choses pour le jour où je serai capable de partir d’ici.

J’ai encore de la difficulté avec les êtres humains. Ce n’est pas si surprenant considérant les choses que je vis depuis des années. Je ne sais plus trop comment connecter au quotidien, on dirait. J’ai toujours peur que l’autre se révèle horrifiant de l’intérieur et que je sois encore trahie. Ne soyez donc pas offusqués si je ne vous ai pas relancés ou si j’ai annulé des rendez-vous. Je trouve les contacts humains très difficiles en ce moment et je ne sais plus trop par quel bout les prendre.

Ça va du côté du deuil. Ça fait son chemin avec des hauts et des bas. Il y a des jours où j’accepte et des jours où tout me remonte à l’intérieur. J’aurais envie de hurler. Peut-être que je le ferai. Ce n’est pas facile à accepter le suicide. J’aurais voulu une autre vie pour lui. Ce n’est cependant pas moi qui décide. La seule chose que je peux, c’est m’occuper de ma vie qui en a grandement besoin. Je souffre beaucoup. Beaucoup trop.

Je continue à travailler sur mon livre. Demain je saurai si j’ai gagné le concours de nouvelles. Je ne pense pas, mais on verra. Parfois je fais les concours surtout pour le deadline, pour faire l’exercice. Ce n’est pas grave si je ne gagne pas. C’est normal que j’aie peur un peu pour mon livre. Il est très important à mes yeux. En même temps, je me dis que j’ai déjà traversé assez de choses horribles pour m’en remettre si ça ne se passe pas bien.

Je suis encore un peu dans la confusion. Ce dont j’ai le plus peur, c’est que les choses horribles se répètent à l’infini malgré tout ce que je fais.

J’ai besoin de recommencer à faire de la photo. Ça me manque beaucoup. Je n’en ai pas fait depuis l’affaire du chargé de cours.

J’ai aussi surtout besoin de calme et de douceur… J’ai besoin que les choses aillent bien aussi.

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