Consommer (2)

Si vous avez été tenté de le juger parce qu’il avait un casier, je vous répondrai que je ne crois pas que vous ayez fait seulement des choix intelligents dans votre jeunesse. Vous avez juste fait des choix non intelligents qui ont eu moins de conséquences pour votre vie. C’est tout. Je déteste cette tendance qu’ont tant de personnes à projeter les connaissances qu’ils ont maintenant sur la jeune personne qu’ils ont été, comme les profs qui prétendaient que des élèves de 19 ans savaient ce qu’elles faisaient alors qu’elles étaient agressées par un prof. Comme les gens qui essaient de me faire croire que j’ai du faire des choses idiotes pour être violée et vivre de la violence. Il faudrait prendre conscience de votre erreur de raisonnement un jour ou l’autre… sinon j’arrête de vous respecter.

Si vous avez été tenté de me juger parce que j’ai fréquenté quelqu’un qui avait un casier, je vous répondrai que ce n’était pas écrit dans son front et que ça a pris un certain temps avant que je le sache. Quand je l’ai su, l’explication m’a satisfaite. Aujourd’hui je ne le ferais plus même si en fait j’ai beaucoup plus de compréhension concernant ce qui peut mener à commettre un crime. Je ne le ferais plus, parce que je n’arrive plus à endurer les hommes qui me font des crises parce que j’ai accompli plus… et que ça case produirait inévitablement s’il n’a pas trouvé à se réaliser d’une façon ou d’une autre.

Je sais aussi que j’aurais pu être comme lui. J’aurais pu faire des mauvais choix qui auraient eu plus de conséquences que ceux que j’ai faits. J’ai quand même quelques privilèges que d’autres n’ont pas. Je suis blanche. J’ai aussi un cerveau qui apprend extrêmement vite. Si je n’avais pas cette capacité d’apprentissage et si je ne m’y étais pas accrochée comme une perdue, je n’aurais pas la vie que j’ai aujourd’hui. Je ne pense même pas que j’aurais survécu à ce que j’ai subi.

Alors non, je ne le juge pas pour ça. Je juge certains choix qu’il a faits et répétés. Des choix qui lui ont fait du mal et m’en ont fait aussi.

Je ne suis pas mal à l’aise face à ma position par rapport à la consommation. Pendant des années je me suis dit que j’essaierais quand même de connaître la personne et je me suis toujours retrouvée traitée de la même façon par ces personnes. Que ce soit amicalement ou amoureusement. J’ai une tonne d’exemples, pas seulement les deux mentionnés récemment. Celui que j’avais nommé le troll philosophique en était un exemple aussi… on s’est parlé pendant vingt ans et il ne savait absolument rien de moi… C’est troublant.

Si je continuais à laisser la porte ouverte à ça dans ma vie et qu’il m’arrivait la même chose, vous me traiteriez de conne et je subirais encore de la victimisation seconde. Si j’ai la position que j’ai maintenant, je serai traitée d’intolérante. Ce n’est pas vrai, mais je préfère la deuxième option. J’aurai moins mal et je vivrai moins de violence… même si un peu par le faux jugement qui sera porté sur moi de toute façon. Je préfère alors ne pas avoir le coeur brisé en plus.

Ça allait mieux aujourd’hui. Ça fait plusieurs jours que je ne fais rien sauf me reposer, réfléchir, regarder des séries ou des documentaires, tricoter et lire. Je devrais me remettre en action bientôt… mais j’avais franchement besoin de cette période pour me recharger. Je note aussi que ça m’a fait du bien de ramener toutes ces histoires à la surface. Je sens qu’une autre partie est digérée.

Je me sens quand même extrêmement confuse face à l’avenir.

Un jour à la fois…

Au moins, Noël est enfin fini!

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