Le temps file à une allure folle ces jours-ci. J’avoue être un peu épuisée. J’essaie de prendre soin de moi le plus possible. Ce n’est pas toujours évident. Hier quelqu’un m’a demandé si j’étais toujours heureuse célibataire. J’ai répondu que la chose qui m’embêtait, c’était de toujours être responsable et devoir tout faire seule. Parfois c’est épuisant. Mais sinon ça va. Je n’ai pas eu des relations qui feraient que je pourrais m’ennuyer de cette situation. Mon autre réponse a été que mon célibat est pas mal plus heureux que l’ont été toutes mes relations. Je ne suis pas fermée à la possibilité de rencontrer quelqu’un… mais c’est sûr que je ne veux pas des modèles relationnels dont les gens me parlent. Ceux où ils font semblant d’être quelqu’un d’autre pour ne pas être seuls. Ceux où ils endurent des horreurs en faisant semblant que c’est normal pour ne pas être seuls. Ceux où ils n’aiment pas vraiment leur relation ni la personne avec qui ils sont, mais où ils restent pour ne pas rester seuls. Ne pas vouloir être seul n’est pas une raison valable d’être en relation. C’est par contre une excellente façon de gâcher sa vie et celle d’au moins une autre personne.
J’ai vraiment de la difficulté avec les humains ces jours-ci. Ils me semblent à la fois pleins de rage et d’inconscience. J’ai vu la nouvelle de l’élection de l’autre ce matin, oui. Ça n’a pas amélioré mon humeur face aux humains. J’essaie de me concentrer sur mon enseignement. C’est en abordant des choses difficiles avec eux que le monde peut changer, je pense. Bien modestement, mais en même temps, je crois au rayonnement. Je pense que certaines personnes dans mes cours se souviendront de ce que je leur ai donné et en feront bon usage. Aujourd’hui j’ai parlé du fait que ça ne sert pas à grand-chose de se plaindre de Donald Trump justement. Il restera lui-même peu importe ce qu’on en dit. Il y a même un risque qu’il devienne pire en recevant toute notre haine. Je pense qu’il est plus sain et plus utile de travailler fort à ce qu’on peut faire ici pour essayer de ne pas devenir comme les États-Unis à court ou à long terme. C’est ce que j’essaie de faire en tout cas. Je ne pense pas que je pourrais me regarder dans le miroir sans avoir honte si je n’essayais pas au moins.
Quelqu’un a fait du mal à une amie. Je me suis fâchée. Je n’endure plus l’inconscience. Je n’endure plus les gens qui se défilent de leur responsabilité face à ce qu’ils font et se racontent ensuite être de bonnes personnes. J’ai pris un titre de Romain Gary pour gérer mes relations et mieux poser mes limites ces jours-ci. C’est: Au-delà de cette limite, votre ticket n’est plus valide. Ça veut dire pour moi qu’au-delà d’un certain point dans le manque de respect et de considération, vous n’avez plus votre place dans ma vie. Guichet fermé. C’est complet. Je me suis fait crier après par un monsieur qui m’a fait subir son power trip en sortant du travail parce que j’ai roulé trois mètres sur le trottoir avec mon vélo. Je ne roulais pas comme une folle, non. À chaque fois qu’il y avait un piéton je me tassait sur le côté et je laissais la personne passer avant de reprendre ma route. Il m’a dit que je devais avoir un QI d’enfant de 5 ans et m’a hurlé plein d’autres horreurs puis barré le chemin jusqu’à ce que j’aille dans la rue. Ça a redémarré mes symptômes de stress post-traumatique d’un coup. Pourquoi est-ce que je roulais sur le trottoir? Parce que j’avais vu un tas de déchets contenant des canettes et des sachets de drogue en passant dans l’autre sens en allant au travail et qu’ils étaient restés dans ma tête pendant tout ce temps. J’essayais de les retrouver en allant en sens inverse sur la rue. Je voulais les ramasser parce que je trouvais ça imprudent pour les enfants. Quelle maudite criss de folle égocentrique! Il faut m’écraser et me punir de toute urgence!
Les gens sont enragés en ce moment et c’est lourd. Hier, j’ai regardé En criss de Bianca Gervais. Ça vaut la peine. Il y a Catherine Mavrikakis comme invitée. J’ai bondi sur mon siège comme une petite fille joyeuse quand elle est apparue à l’écran parce que je ne l’avais pas vue depuis un moment et qu’elle m’a semblé un choix très pertinent d’invitée. Mon voisin m’a dit des affaires bizarres. Une collègue m’a dit des affaires bizarres. Dans les deux cas, j’ai conclu qu’à moins qu’ils fassent une thérapie, ils ne changeraient pas d’idée sur le sujet et j’ai réussi à me calmer plus vite que d’habitude… tout en m’éloignant. Je ne supporte plus les personnes qui sous-estiment ou humilient les autres. Ça n’apporte rien. Littéralement rien d’autre que de la souffrance.
J’essaie de mieux protéger mon temps et mon espace. J’ai vraiment beaucoup de choses à faire en ce moment pour faire avancer ma vie et je ne dirais pas que je suis complètement rétablie. Je veux un entourage et un environnement sain. Je veux travailler sur ce qui me rend heureuse et me passionne. Pas gérer les problèmes de santé mentale des autres sans être payée en plus. Je parle ici des gens pénibles. Si on se connaît et que vous n’allez pas bien, je vous écrouterai bien sûr en faisant de mon mieux.
L’automne avance vite. J’ai su hier que je serai à Expozine le 23 et le 24 novembre. Encore des choses à préparer! Je vais réussir!
Je vous laisse deux petites bêtes d’automne. Hannah d’abord, de plus en plus courageuse avec son petit collier de phéromones contre l’anxiété. Et cet écureuil dont la photo n’est pas très bonne parce que Cassius tirait trop fort sur la laisse. Je le vois depuis le début de l’été. Il était tout minuscule, un bébé. Il a profité! Faites-en autant!

