Je pourrais parler encore pendant des heures de ce que j’ai vécu entre les murs de mon lieu de travail. Je sais que plusieurs personnes du département m’espionnent ici, oui. Je ne suis pas idiote, même si c’est ce que vous aimez vous raconter. C’est moi qui ai choisi de le rendre public, ce blogue, après tout… Ce serait bien idiot de votre part de penser que je ne suis pas consciente de la possibilité d’être lue… Je me trouve bien gentille de ne nommer personne. Ça reste pour me protéger moi et pas les autres. J’assume tout ce que j’ai dit ici. Je me trouve aussi très posée dans mes propos. Quand j’ai raconté ce que je vis à une amie qui travaille dans un autre département, elle m’a répondu qu’il y avait vraiment des criss de bitchs partout. Bien que je sois mal à l’aise avec ce type de formulation, je ne désapprouve pas le fond du propos. Parce que c’est pas mal ça, oui… malheureusement.
Ce que je sais, c’est que je ne harcèle pas mes collègues. Je ne me moque pas d’eux. Je ne juge pas leur vie. J’ai l’esprit assez ouvert pour comprendre que d’autres personnes ne vivent pas comme moi. Je ne leur invente pas des fausses vie dans ma tête en m’imaginant supérieure. Je ne réagis pas comme une personne jamais sortie de chez elle et arrivée tout droit des années 50 quand ils et elles me parlent de ce qui les intéresse. Je ne les rabaisse jamais à moins qu’ils m’aient fait quelque chose de vraiment très sérieux. Je ne mens pas à tout le département pour fermer la gueule d’une collègue et m’assurer d’avoir ce que je veux (un mensonge par omission c’est quand même un mensonge, oui… 🤥) Je ne leur fais pas vivre de violence psychologique ni physique. Je ne les menace pas. Je ne vole pas leurs idées. Je ne veux pas les agresser sexuellement… C’est quand même pas mal. Face à tout ça, je suis un collègue plutôt facile à vivre et pertinente, je pense. Honnête et droite aussi. C’est plutôt rare, selon ce que j’entends et ce que je peux constater.
Ça ne sert pas à grand-chose d’en parler. Une d’entre elles m’a dit que je devais lui dire si elle faisait quelque chose. Comme si ça servait à quelque chose. Comme si j’avais du temps à perdre à ce point. Comme si c’était à moi de le faire. Comme si c’était ma responsabilité de surveiller et contrôler le comportement des autres. En tant qu’adultes, c’est à vous de surveiller votre propre comportement. Votre comportement, c’est qui vous êtes réellement. Dans tout ce que j’ai raconté ici, on se trouve à chaque fois très très loin de la blessure et du manque de respect involontaires et de la maladresse de passage. C’est correct, hein, de faire le ménage de son cerveau et de se poser des questions sur son comportement. C’est même une excellente idée en fait. Personne n’est parfait. Une autre m’a ignorée aujourd’hui. C’est très enfantin. Mais bon… si elle veut se raconter que je suis méchante de dire ces choses au lieu de comprendre que les personnes méchantes sont celles qui les font, ça lui appartient.
En thérapie, j’ai vu aussi que plusieurs personnes pouvaient à la fois envier et se sentir mal à l’aise de la position d’apprenante que j’adopte continuellement. De ma curiosité infinie aussi. C’est pour moi toujours la position la plus saine… mais apparemment, pour plusieurs personnes bien campées dans leur idée de ce qu’est un professeur, c’est insultant et honteux, l’idée qu’on puisse encore apprendre quelque chose. Ces personnes m’énervent et me déçoivent royalement. Enseigner, ça veut juste dire qu’on maîtrise assez bien un sujet pour le partager. Pas qu’on sait tout, qu’on est irréprochable et qu’on n’a plus rien à apprendre. Ça ne veut jamais dire ça.
J’apprends de plus en plus de façons de me distancer intérieurement de ces violences. Je ne pense pas que les personnes aimeront les nouvelles façons dont je réagirai à l’avenir. Ce sont quand même les plus saines, je crois. Je les partagerai un peu plus tard ici.
Je pense que la seule chose que je peux faire dans ce lieu de comportements inutilement pénibles, c’est de m’occuper des personnes qui me traitent bien et d’être en réciprocité avec elles, de m’accrocher à mes rêves et de travailler très fort pour les réaliser. Un jour, je serai très loin de cette malhonnêteté, de cette violence et de ces drames inutiles et futiles. Mais pour cela, il faut que je cesse de laisse mon énergie être dévorée par ces personnes. Dans la forme d’hypersensibilité qui est présente dans le HPI, on est comme poreux aux émotions des autres. Quelqu’un dira qu’ils n’ont pas à s’empêcher de vivre pour ma sensibilité. C’est vrai. Le problème avec ce raisonnement est qu’aucun de ces comportements ne serait ok même si j’étais moins sensibles. S’il fallait que je leur fasse 1/10 de ce que j’ai vécu, ils hurleraient comme des animaux qu’on égorge. Je n’ai aucun doute.
Je vais donc travailler très fort. Je mérite une belle vie, de l’amour, du calme et même bien plus. Je suis bien décidée cette fois.
Le reste de la vie va bien. Je tricote ardemment. J’ai vendu un châle hier. Il part pour l’Angleterre demain. On m’a offert d’être tutrice dans ma nouvelle discipline après seulement une session d’été. J’apprécie beaucoup ma nouvelle intervenante. Mon état de santé laisse encore un peu à désirer , ça c’est certain, mais je finirai par aller mieux. Il me faut de la patience, du temps et de la discipline.
Aux personnes qui me détestent ardemment, vous avez deux choix: me rendre légume ou me tuer et accepter d’aller en prison… ou me crisser la paix et me laisser vivre ma vie. Choisissez sainement.
Bonne nuit.
