Même si ma colère a pu me faire sonner injuste, je sais bien qu’il y a des neurotyiques qui ont une bonne conscience de l’autre et des neuroatypiques égocentriques, Elon Musk étant probablement celui qui vient le plus facilement à l’esprit… Au-delà de ma volonté personnelle de parler justement, il reste quand même que la majorité des violences que je vis proviennent de règles et de normes établies et/ou volontairement transgressées par et pour les neurotypiques. C’est plus cela que je vise, quand je les regroupe dans mes textes. Pas tous les individus.
Cette d’histoire d’agression de mon collègue homosexuel par mon autre collègue homosexuel elle illustre bien l’erreur dont je parlais dans le dernier billet. C’était avant un party de Noël. Il me parlait du collègue en prenant un verre. Il a dit qu’il allait le saouler afin qu’il accepte de lui faire une fellation et qu’il s’arrangerait pour l’humilier publiquement devant tout le département avec ça. C’est une agression sexuelle, oui. Personne ne donnerait son consentement à cela et en plus l’ivresse annule le consentement… encore plus si on a été saoulé par un autre. Il pensait que j’allais trouvé ça drôle. C’est bien mal me connaître. Il trouvait ça très drôle, lui. J’ai figé intérieurement, comme ça m’arrive quand je ne dois pas me laisser envahir par mes émotions. J’ai réussi à lui demander pourquoi il ferait ça. Il a répondu que c’est parce qu’il ne lui donnait pas assez d’attention. C’est insensé, oui, mais pas dans la logique d’une personne qui se croit supérieure et se raconte qu’elle a droit à l’attention des autres et qu’elle peut les punir s’ils n’agissent pas comme elle le veut. C’est une pente très très glissante. Il faut faire très attention aux idées qu’on accepte pour mener notre vie.
C’est assez épeurant, oui, cette histoire… J’ai passé la soirée dans un coin à les surveiller jusqu’à ce que le collègue en danger rentre chez lui, J’avais exprimé que c’était une agression sexuelle et clairement pas une bonne idée. Ça semblait avoir un peu calmé les plans du vilains. Après il est parti travailler ailleurs. Quelques mois plus tard, le collègue à qui j’avais évité le pire m’a dire que j’allais nuire à sa réputation… parce que j’avais demandé une cigarette à quelqu’un alors que nous étions sortis prendre un verre et apparemment, c’est honteux. C’est beau la vie, hein?
Mon problème, c’est que j’ai tendance à toujours assumer que les gens sont plus intelligents et plus gentils qu’ils le sont réellement. J’ai le réflexe inverse de bien des gens donc. Je leur ai maintenant créé une salle d’attente imaginaire dans mon cerveau. Ils devront faire leurs preuves avant d’accéder à ma vie.
Hier soir, j’ai croisé un artiste contemporain qui habite à côté de chez moi depuis plusieurs années, Monsieur V. Il a dit que je n’avais pas l’air d’aller bien ces jours-ci. Il m’a offert, du haut de ses 95 ans, de casser la gueule à toutes les personnes qui m’emmerdent parce qu’il est vraiment écœuré que les femmes ne puissent pas vivre tranquilles. J’ai dit: « Non merci, monsieur V. ». Il a ensuite confié à Cassius la mission de me protéger. J’ai dit que c’était bien comme ça. Même s’il a 95 ans, je suis certaine qu’il est fort comme un bœuf parce qu’il a fait des sculptures immenses toute sa vie.
Je n’accepterais jamais une telle proposition, mais j’avoue que ça réconforte une partie de moi, ces personnes âgées qui veulent prendre soin de moi. Peut-être que je serai comme elles quand je n’aurai plus rien à perdre. Je l’espère. J’espère surtout ne plus avoir à faire preuve d’autant de courage que ça a été le cas toute ma vie. Maintenant, si quelqu’un m’écœure, je pourrai dire: « Laisse-moi tranquille, sinon un artiste contemporain de 95 ans va venir te péter la gueule! »
Je me sens mieux.
J’ai aussi fini mon périple hospitalier. Le vue depuis mon dernier lit d’hôpital.
