La différence (2)

Je tiens quand même à préciser à nouveau qu’il y a beaucoup de personnes que j’apprécie, voire aime beaucoup à mon travail, dont entre autres ma colocataire de bureau et mes voisins et voisines de bureau. J’ai aussi beaucoup de plaisir à construire des cours, enseigner, voir les élèves apprendre et… Le problème est que ça ne suffit pas toujours. Ce n’est pas normal de se faire pourrir autant la vie par des personnes supposées éduquées à son travail. Absolument pas. Ça ne fait partie des droits de personnes d’empoisonner la vie de sa collègue en toute liberté. Ça n’a pas l’air clair pour beaucoup de gens malheureusement.

Souvent les gens ne savent pas où commencent et où finissent leurs droits. Ça ne fait pas partie de la liberté d’expression d’essayer de convaincre ta collègue qu’elle est idiote, inadéquate ou je ne sais quoi d’autre de négatif. Ça a le droit d’apparaître dans ta tête, mais tu n’as pas le droit de le dire et de le faire subir parce que ça ne respecte pas les droits de l’autre. Si tu le fais, ça s’appelle du harcèlement. Ce n’est pas le cas parce que tout le monde serait soudainement devenu trop sensible, non. C’est le cas parce qu’on a eu le temps maintenant d’étudier sur plusieurs années l’impact que le fait d’être exposé à ce type de traitement a sur les êtres humains. Tout être humain a droit au respect de son intégrité physique et psychique et à sa dignité. C’est un fait. C’est le monde dans lequel nous vivons. Ce sont des droits et des lois qui ont été établis pour nous protéger et ce n’est pas une question de préférence personnelle de les respecter ou pas. Si tu ne le fais pas, tu es en faute. Il n’y a pas de discussion possible. Tu n’es pas une personne spéciale qui aurait le droit d’harceler les autres en paix. Non.

Une autre chose qui est très lourde pour moi est d’être sans arrêt caricaturée et classée dans des stéréotypes réducteurs. Je suis un être humain complexe. Ce n’est pas possible pour moi de me sentir respectée par des personnes qui me rabaissent sans arrêt. En me disant par exemple que je suis leur « collègue créative », que mon doctorat n’a aucune valeur, que mon travail n’est pas important ni apprécié, que je suis une gothique et… la liste des conneries qu’on me lance par la tête est vraiment sans fin. Si tu me positionnes de façon méprisante et réductrice dans ta tête, c’est clair que ce n’est pas possible pour moi de me sentir respectée et que nous ayons un lien sain… et ce n’est pas ma faute, non. Personne d’autre que toi-même ne t’oblige à avoir des préjugés et des idées réductrices de merde. La seule personne qui peut te redonner une estime de toi saine qui fera que tu n’auras plus besoin de rabaisser et caricaturer les autres, c’est toi. Mes tatouages ne sont pas non plus un signe que je serais incapable de m’arrêter comme une droguée ou que je suis une mode. Ils sont une réappropriation de mon corps qui a été violé deux fois par des malades pendant que j’étais inconsciente. Voire un processus de guérison profond et fondamentale être réduit à des idées connes et superficielles comme celles-ci, c’est crissement énervant.

Je ne peux pas contrôler ce que les autres pensent de moi, je le sais. Je suis par contre tout à fait libre de choisir ce que j’endure ou pas et qui fait partie de ma vie ou pas. Je suis aussi libre d’essayer de faire prendre conscience aux autres du mal qu’ils me font. C’est une grande souffrance pour moi, de ne pratiquement jamais être connue. Vous serez immédiatement éjectés si je me rends compte que vous vous amusez à me réduire dans votre tête.

Je suis tout à fait libre aussi de vous retourner le miroir et de vous demander ce qui fait que vous ressentez ce besoin de constamment réduire et rabaisser les autres?

Merci

Je reviens bientôt. Je dois aller faire mon cours de sociocriminologie.

Bonne journée!

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