Post urgence (2)

Je pense que ce qui presse vraiment le plus, c’est que je retrouve ma santé afin de recommencer à avoir de l’énergie et pouvoir vivre un peu. Ressentir du plaisir. Je pense que pour ça je devrai mettre beaucoup d’efforts dans mes devoirs de mon nouveau suivi, afin que ce soit moins énergivore d’interagir avec des humains. Les neuroatypiques m’épuisent. Vraiment. Cette semaine une collègue s’est même mise en compétition avec moi en me disant que elle non plus n’est pas allée à la garderie et qu’elle a réussi à les attraper comme il faut les virus. Je me suis retenue de lui dire bravo. C’est quand même insensé. Je vais continuer à croire les médecins, si ça ne la dérange pas trop. Ça ne me tentait pas de lui dire que parce que je viens d’un milieu violent, on n’avait pas le droit de sortir ni d’inviter des amis à la maison. Donc oui, j’ai eu des virus, j’ai eu les faibles doses des virus que mon frère a attrapé à la maternelle et après je ne pouvais pas les ravoir « comme il faut » puisque on peut les avoir sous la forme enfantine une seule fois. Que voulez-vous? Je suis un échec même dans ma façon d’attraper les virus.

C’est vraiment épuisant. Je ne sais pas comment ils font pour constamment chercher ou causer des problèmes comme ça, mais ça me pourrit vraiment la vie. Je ne comprends même pas comment ça apparaît dans leur esprit. Je me sens comme un extraterrestre. Apparemment, selon la dame qui fait mon suivi, je dois apprendre à parler de choses plus légères et superficielles afin que mes interactions soient moins problématiques et qu’on me sacre la paix. J’avoue que j’avais l’espoir en enseignant de pouvoir avoir des conversations plus profondes sur des sujets qui m’intéressent vraiment. Ça arrive parfois… mais le nombre de fois où les interactions consistent juste à recevoir une dose de marde négative et irréfléchie au visage est décourageant.

Cette semaine il y avait un poste lié à la victimologie pour la région de Bonaventure et les îles de la Madeleine. Avoir eu quelques crédits en plus, je serais sautée dans une voiture je crois. Je serais même allée en courant avec les chiens sous les bras.

Je comprends que mon corps et mon cerveau m’envoient des signaux. Je ne pense pas que c’est un hasard si ce virus a « attendu la rentrée » pour me recouvrir tout le corps et me forcer à rester chez moi et prendre soin de moi. Il faut que je fasse des changements dans ma vie. Vraiment.

Je veux terminer des projets. Je veux envoyer plein de choses dans le monde. Je veux que mes connaissances et mes compétences soient utiles. Pas volées, minimisées, dénigrées ou ignorées. Je pourrais tellement être utile. Je le sais maintenant. Tout le monde le voit et me le dit… à part à l’endroit où je travaille ou apparemment il faudrait que j’en sache et en fasse moins pour bien m’intégrer.

Il me faut des changements, oui. Le plus vite possible.

J’ai été reprise de la ferveur du tricot compulsif avec l’automne qui approche. Ça me fait vraiment du bien.

Je pense que mon infinie soif de matières me dit que j’ai besoin de me sentir enveloppée et réconfortée.

Hannah est aussi vraiment tannée de l’air climatisé!

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