Mes études dans cette université ont commencé avec un homme violent psychologiquement avec ses élèves de sexe féminin et elle se sont terminées exactement de la même façon. J’ai vu d’autres profs faire ce genre de choses en classe dans ce département entre ces deux là. Personne ne me fera croire que la misogynie est un problème résolu. Je sais que beaucoup de personnes prétendent encore que la violence psychologique n’est pas grave ou encore font comme le chargé de cours soit se mentir aux autres et probablement à lui-même en prétendant que c’est juste un commentaire. Chercher à briser et humilier publiquement quelqu’un ce n’est pas juste un commentaire. C’est une agression psychologique très violente qui a des effets graves sur la personne qui la subi et les personnes qui en sont témoins. La pauvre auxiliaire d’enseignement en avait les larmes aux yeux. Mais pas moi. J’ai tenu bon, en partie parce que j’étais en état de choc, à la fois à cause de la violence et de la stupidité du geste. Je ne sais pas pourquoi autant d’hommes n’ont pas des moyens intellectuels plus pertinents pour agir dans la société que la violence. Je sais par contre que c’est inacceptable et que contrairement à ces femmes qui m’ont fait vivre des violences supplémentaires pendant plusieurs mois, je ne serai jamais complice de cette violence et je ne la minimiserai ni ne l’excuserai jamais.
Ce soir, après mon massage, j’ai revu Aller simple que j’avais regardé à sa sortie. On y voit plusieurs personnes ayant commis des choses répugnantes et injustes dans la société qui se retrouvent piégé dans un chalet où elles reçoivent chacun leur tour un châtiment visant à rétablir une forme de justice par rapport à ce qu’elles ont fait. C’était très satisfaisant parce que c’est une fiction. Je ne suis pas pour le fait de se faire justice soi-même dans la vrai vie. C’était cependant apaisant à regarder à l’écran. À un moment une madame crie « La réputation de l’université! La réputation de l’université! ». J’avoue avoir bien ri… mais sans cette situation la dame engueule un homme qui agresse ses élèves et au moins elle le met à la porte, elle, au lieu de chercher à nuire aux élèves pour les faire taire.
Le chargé de cours et les femmes de cette histoire finiront dans la conclusion du livre que j’écris en ce moment. les femmes iront également dans la bande dessinée sur la violence des femmes que je veux faire depuis un moment. Personne ne me fera taire sur cette expérience. J’en ferai même quelque chose d’utile pour les autres.
Je vais aller au lit tôt. Je suis encore épuisée par tout ça. Demain je veux amener ma vie ailleurs. Les cours dans mon nouveau programme me rendent heureuse. Ils confirment ce que j’ai appris de la violence et ils me donnent confiance en moi. J’ai aussi un A et un A+ dans une nouvelle discipline à enfoncer métaphoriquement dans le derrière de la directrice qui a essayé de me faire croire que j’avais besoin d’aide pour faire mes études à cause de ma condition… comme si c’était le fait que je souffre de stress post-traumatique qui était le problème et affectait mon intelligence de femme qui a déjà un doctorat en poche… et non la violence du chargé de cours. J’approche du moment où je pourrai dire que j’ai tout vu en termes d’hypocrisie et de violence, mais je ne le dirai pas, puisque les êtres humains sont des êtres très créatifs quand il s’agit de violenter les autres.
Vous avez pu trouver ça horrible que je dise que je préférais avoir été violée deux fois plutôt que d’être une des personnes impliquées dans cette histoire. Ça ne l’est pas. Ça veut simplement dire que parce que je sais ce que ça fait de subir autant de violence que j’en ai subi, je n’accepterai jamais de faire partie des gens qui choisiront de violenter les autres… ce qui ne veut pas dire pour autant que ne serai douce dans ma riposte contre les violence qu’on me fait.
Je veux de la vie. Je veux être loin de ces personnes. Je veux de la joie. Je veux retrouver ma santé. Je veux être fière de qui j’aurai été à travers ma vie, ce pourquoi je ne serai jamais comme ces personnes. Jamais.
J’ai juste une vie et je ne la passerai clairement pas à mentir et à faire du mal aux autres.
Bonne nuit
