Le syndrome de la Trumpette (2)

Je suis passée au singulier, comme vous voyez, parce que pour moi être une Trumpette est avant tout quelque chose de personnel et d’individuel, même si elles se réunissent parfois. L’identification à l’agresseur et le fait qu’elles le considèrent à tort comme plus fort est un phénomène normal chez les enfants qui grandissent dans des milieux violents. Chez les personnes adultes, c’est plus problématique cependant. Manque de confiance en soi, manque de sentiment d’efficacité personnelle, manque d’empathie et… toutes des choses qui seraient plus pertinentes et intéressantes à travailler que de s’associer a une personne ou une institution qui commet des injustices et de la violence. Je suis heureuse de ne jamais être devenue la marionnette de qui que ce soit. Je suis heureuse d’être libre et capable d’assumer ce que je pense, ce que je fais et ce que je dis. C’est mon choix pour ma vie.

Je suis quand même fière de moi d’être restée polie durant la majorité de mes échanges avec ces personnes. À plusieurs reprises, j’ai clairement eu envie de dire: « Vous êtes une pleine de marde, Madame. Vous mentez. ». Même ça, ça aurait été trop poli encore, je sais. Je suis trop polie…

Si vous pensez encore naïvement que la violence physique est plus dommageable que la violence psychologique et que les agresseurs montrent qu’ils en sont ou que cela paraît de l’extérieur, vous n’êtes clairement pas apte ni compétente à juger une plainte pour violence de quelque ordre qu’elle soit. Vous devriez vraiment mettre vos connaissances à jour plutôt que de jouer avec la vie des autres. C’est insensé et répugnant que ce soit encore le cas dans des institutions d’enseignement. Si vous êtes payée afin d’étouffer ces événements, je vous invite à vous demander pourquoi vous haïssez votre personne et les victimes de violence à ce point. Au chargé de cours, je demanderais si c’est vraiment ce qu’il veut pour sa vie, être un homme violent qui se tape des trips de pouvoir dans une classe. S’il veut être un homme qui, quand une femme lui dit qu’elle souffre de stress post-traumatique parce qu’un homme la harcèle depuis plus d’un an, se dit que c’est le bon moment pour lui fesser dessus puisqu’elle est vulnérable. Chacun ses choix de vie, mais pour moi, les choix nommés dans ce paragraphe seront toujours des choix de merde.

Je suis peinée pour la personne qui a vécu la même chose que moi et qui s’est forcée à témoigner. Elle n’a pas eu de justice ni de respect non plus.

Je vais aussi rester hantée et inquiète parce que si ces personnes ont été capables de me traiter comme de la merde à ce point même si elles savaient que je suis professeure aux études supérieures depuis 17 ans et que j’étais consciente tout ce temps qu’elles me mentaient, je n’ose pas imaginer ce qu’elles font aux jeunes de vingt ans qui n’ont pas les connaissances pour démêler leurs mensonges.

Une partie de moi souhaite et souhaitera toujours que les personnes impliquées dans cette histoire vivent quelque chose d’assez grave pour souffrir de stress post-traumatique et qu’elles puissent voir et sentir ce que ça fait que des personnes sans conscience ajoutent de la violence sans aucune raison valable par-dessus cet état déjà difficile à supporter pendant neuf mois. Vous méritez de la connaître, cette horreur.

Si jamais ce chargé de cours a un minimum de conscience et de capacité de réflexion, j’espère qu’il comprendra que c’est pour toutes ces raisons que c’est une très mauvaise idée de faire ce genre de chose en classe. Ce n’est pas pas moi qui en ai fait une grosse histoire. Ce sont toutes les personnes qui n’ont pas respecté les règles, les lois, les procédures ni mes droits ni mon intégrité psychique.

Ça vous reviendra un jour. Probablement pas par moi parce que j’ai autre chose à faire… mais on ne fait pas des dégueulasseries pareilles sans qu’elles ne finissent par devenir publiques un jour et qu’on en paie le prix. Vous vous arrangerez. J’ai assez donné.

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