Je n’ai pas eu de nouvelles de quoi que ce soit concernant cette histoire de l’université. Je me dis que c’est fini. Je n’irai pas chier loin avec des excuses qui disent que c’est ma faute et des madames qui mentent et manipulent. J’ai juste besoin de sortir de là et de prendre soin de ma santé sur tous les plans plans.

Quand même, aujourd’hui, pour clore le tout, j’ai lu le livre d’une amie qui parle entre autres de son oncle qui travaillait dans le même département. Je ne vais pas la nommer aujourd’hui ni son livre. Je ferai ça plus subtilement une autre fois. Je préfère éviter que des recoupements soient faits et qu’elle ait des problèmes avec lui. Le livre est excellent et magnifique malgré toute la violence qu’il contient. Donc cet homme, je l’ai eu comme prof durant ma première session à cette université. Il enseignait le dessin. En fait il n’enseignait pas du tout. Il faisait quelques mouvements sur la page puis nous disait de faire ça pendant trois heures. Donc il ne nous apprenait rien. Il faisait aussi toujours pleurer les jeunes femmes en les humiliant publiquement. Il ne m’a jamais rien fait puisqu’il savait que je connais des personnes dans le milieu des arts. Je l’ai quand même envoyé chier durant mon évaluation finale. Pas pour moi. Pour toutes celles qu’il avait fait pleurer en classe et à qui il avait dit que l’art n’était pas pour elles… comme si c’était lui qui décidait. Quand elle m’a appris qu’il s’agissait aussi d’un homme violent dans l’intimité, j’ai été très heureuse de ce que j’avais fait, même si ça ne répare rien au fond. J’ai quand même refusé de me taire, comme cette fois. Il a complètement détruit sa femme. Il y a tellement d’humains immondes. C’est à pleurer.
J’essaie de me concentrer la beauté qu’il y a un peu partout aussi pour me réconforter un peu.

J’essaie de me rappeler qu’un jour j’aurai peut-être ma petite maison sur un terrain un peu boisé, avec mes chiens au lieu de champignons de cour arrière en plein centre-ville:

Ça crée l’illusion quand même un peu, non?
J’ai travaillé sur mon livre. J’ai reçu mon nouvel ordinateur auquel je jure avoir fait de grands sourires tout le temps que j’ai travaillé dessus. J’ai reçu un nouveau climatiseur et j’aurai peut-être moins de scènes comme ça à l’avenir:

J’aimerais dire aux professeur.e.s qui prétendent qu’aujourd’hui les élèves sont plus faibles que vous êtes en fait seulement trop faible pour admettre que vous vous êtes laissés faire. Que vous avez enduré des violences inutiles dans un contexte où la violence n’est à peu près jamais nécessaire. Si vous avez un Marc Lépine en herbe dans vos élèves, je vous encourage à faire tout ce qu’il faut pour l’arrêter, mais ça s’arrête là.
J’aimerais aussi dire aux hommes que je ne vous déteste pas tous encore, non. Il faut cependant comprendre que j’ai perdu une bonne partie de ma vie à me remettre des degueulasseries que les hommes m’ont faites. Les hommes ont littéralement été le cauchemar de ma vie jusqu’à présent. Ce n’est pas possible pour moi d’être toujours patiente et jamais méfiante. Il me semble que c’est facile à comprendre. J’y travaille, mais en ce moment, je n’ai pas trop envie de penser à vous disons.
J’ai besoin que quelque chose de beau m’arrive. J’ai acheté ce qu’il faut pour me faire un genre de jardin intérieur. Tant qu’à rester ici un temps, autant que ce soit magnifique. Aujourd’hui une libraire m’a dit que Julie Doucet avait acheté un de mes zines. C’est un peu de beau, ça.
Un jour à la fois je me remettrai.
Je vais au lit sans me relire. Désolée pour les coquilles. Je me suis levée à 4h…