Aujourd’hui j’ai eu des hauts et des bas. Des moments de soulagement et des moments d’attaques d’anxiété. C’est normal, je sais. Quand ce processus sera terminé, j’aurai passé neuf mois à vivre différentes formes de violence complètement inutiles et non méritées. C’est quand même fou. Maintenant j’ai appris à bien reconnaître les symptômes de stress post-traumatique et les réactions et sensations normales des personnes ayant été maltraitées ou agressées. C’est moins anxiogène un peu, mais ça n’efface pas tout. Ça me permet au moins de ne pas trop me soucier de comment les gens me perçoivent.
J’ai continué les procédures pour quitter l’université. Ils veulent me faire payer des frais généraux. Je trouve ridicule qu’on me demande de payer des frais pour quitter une université où j’ai été violentée et traumatisée. Je leur ai dit que de mon point de vue c’est eux qui me doivent de l’argent pour la thérapie et les frais médicaux entraînés par cet événement qui a été très mal géré par les personnes qui devaient m’aider. Pas l’inverse. Je ne pense pas que ça passera, mais ça reste vrai et ça m’a fait du bien de le dire.
J’ai vécu une injustice, ça, il n’y a aucun doute. Je peux par contre me réconforter un peu en me rappelant que je ne suis pas et que je ne serai probablement jamais une personne aussi répugnante, sans dignité, sans intégrité et sans principes que les personnes impliquées dans cette histoire. C’est déjà une très grande réussite. J’essaie de les voir comme des rappels de ce que je ne veux jamais être.
À certains moments, je me sentais trop mal parce que toute cette démarche a été épuisante. J’ai fini par me donner congé et j’ai continué à réaménager lentement mon appartement, en prenant soin de m’arrêter et de me reposer quand j’en avais besoin.
Je sais que certains jours je serai encore comme Hannah sur la photo, cachée du monde, mais curieuse en même temps:

Et puis avec le temps, je recommencerai à vivre plus. Je ne remettrai probablement jamais les pieds dans cette université. Je commence en fait à avoir des plans et des envies plus précises pour la suite de ma vie et ça fait du bien. Le stress post-traumatique m’a longtemps privée de la capacité d’imaginer un avenir et c’était très effrayant et déprimant, mais j’avance.
Je sais que les injustices font partie de la vie, mais il me semble que j’en ai vécu assez. Je pense quand même que les injustices traversées en disent long sur qui je suis et la force que j’ai. Je suis restée intègre et honnête à travers tout cela. Ce ne sont pas des qualités si répandues. Je survivrai, mais je suis très très fatiguée des humains.
Demain sera déjà un meilleur jour.
J’ai vraiment hâte de passe à autre chose.
Ça viendra.