Cours vers le danger

Je suis en train de lire ça. Ça fait écho à beaucoup de choses que j’ai vécues et dont je parle ici. C’est excellent et j’adore le titre. Aussi, même si elle a détesté jouer dans Les contes d’Avonlea, je conserve quand même le souvenir de comment ces histoires m’ont fait rêver enfant.

Hier, j’étais dans un marché et durant les cinq dernières minutes, un homme est entré pour nous filmer, chose qui m’énerve royalement. Après que je lui aie dit que mon travail porte sur la violence psychologique, il s’est mis à me faire du mansplaining. Figurez-vous que sa grande solution à la violence psychologique c’est de ne pas y penser. Oui oui… Je pense qu’on devrait lui donner un prix Nobel pour avoir résolu le problème sur lequel des milliers de chercheurs se penchent depuis plusieurs décennies. Bien sûr il était complètement gelé, vous savez, cette excellente preuve ultime et indubitable que ne pas penser à la violence fonctionne… Refouler… c’est tellement bon pour nous!

Je ne parle pas de ça pour rire de lui, même si je le fais un peu, oui, tout en étant exténuée des attitudes si communes aux hommes. J’en parle parce que je suis fière de moi. En moins de deux minutes, je lui ai coupé le sifflet, à son mansplaining. Je l’ai regardé droit dans les yeux, lui qui me regardait de haut, et j’ai dit: « J’ai 43 ans. Ça fait plus de 15 ans que je suis en thérapie. Je n’ai pas besoin que tu me dises comment vivre ma vie ni gérer ce que je vis. La violence psychologique est pire à long terme que la violence physique. C’est démontré depuis longtemps. Je n’ai pas besoin de tes mauvais conseils. Bye! ». Il a bafouillé et est parti…

Je ne sais pas pourquoi les gens pensent toujours que ce que je crée je le fais pour me faire une thérapie. J’ai fait une thérapie professionnelle. Ça va. Je crée ce que je crée pour conscientiser les gens et que les personnes qui vivent aussi ces choses se sentent moins seules. Pas pour faire ma thérapie. J’étais fière d’avoir répondu aussi vite et de ne pas avoir subi sa marde plus longtemps. Ça m’a rappelé que j’avais répondu très vite à la directrice du département que je viens de quitter quand elle a commencé à me sortir sa marde manipulatrice sur comment le chargé de cours n’avait pas dû aimer que je porte plainte contre lui. Ça m’encourage. Ça me montre que je change peu à peu. Je reste moins en état de choc quand les gens me font vivre de la violence.

Quand même, cette histoire… Si elle ne m’était pas arrivée, j’aurais eu de la difficulté à la croire si on me l’avait racontée. Ou pas. J’ai quand même fait un doctorat qui parlait en bonne partie de la violence institutionnelle contre les femmes… c’est pas mal la même chose à l’université qu’à l’asile…

Je retourne à Polley. Bon dimanche!

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