Le temps

Il y a tant à faire et le temps passe infiniment rapidement comme je l’avais anticipé. Je m’affaire à réorganiser l’appartement, éliminer des choses, entretenir mon jardin. J’ai réussi à donner 15 livres. Je me suis fixé un objectif de 100 d’ici la fin de l’année. C’est faisable, je crois. Il y en a environ 2000 ici. C’est infiniment trop pour un si petit espace.

J’ai commencé à récolter ma camomille… pour me préparer pour l’automne… Très drôle, je sais…

J’ai recommencé à écrire. Je ne veux pas en parler beaucoup parce que j’ai tendance à me saboter si j’en parle trop. J’aimerais ça finir au moins un projet cet été. Ça désencombrerait mon esprit un peu et je serais fière de moi. Je dois faire attention avec mon ménage pour ne pas que ça me prenne tout mon temps justement. J’essaie de m’organiser assez efficacement pour pouvoir plus travailler sur mes choses pendant la session.

Des fois ça me décourage quand je vois tout ce qui a été accumulé. En même temps, je pense que c’est normal. Ça fait à peine quelques mois que j’ai arrêté d’avoir peur de manquer de tout. Je pense que les gens qui jugent ne s’arrêtent pas vraiment pour réfléchir. Je pense aussi qu’ils ne savent peut-être pas ce que c’est que de ne pouvoir compter sur personne. J’ai vécu très longtemps dans un état de très grande inquiétude.

Je me sens encore un peu confuse face à mon avenir. Non, mes études présentes ne signifient pas que j’abandonne la littérature et les arts. J’ai envie d’en faire plus en fait… ce qui me pousse aussi à chercher des façons de me dégager du temps parce qu’enseigner, c’est sérieusement épuisant et envahissant. Je pense aussi que les remises en question sont importantes. Plus jeune, j’ai choisi d’aller en littérature pour des raisons qui n’étaient pas que miennes. Même si oui, toute ma vie a été la littérature… on le voit bien dans la difficulté que j’ai à me départir de mes livres, même les ennuyants…

Je pense aussi que les gens sous-estiment beaucoup ce que ça fait de grandir dans une situation traumatisante et de vivre ensuite autant de situations traumatiques graves que ce qui m’est arrivé. On est tellement occupé à survivre et se défendre qu’on finit par ne plus vraiment avoir le temps de se développer comme personne. Ou alors on développe seulement certaines sphères. Beaucoup de choses me restent à explorer.

Mon psy m’a dit que j’ai une résilience hors du commun. J’ai souri.

Je vais au lit, à bientôt!

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