J’ai commencé à remettre de l’ordre et réorganiser mon atelier. J’ai envie d’être prête à passer à autre chose dès que la session sera terminée. Il y a quelques semaines, je n’aurais pas eu assez d’énergie pour faire ça. C’est quand même assez fou combien j’ai l’impression de vivre une vie différente depuis quelques temps. Ça fait un bien fou.
J’avoue que ranger ici c’est un peu beaucoup comme jouer à Tetris. Je ne désespère pas pour autant. Je vis ici depuis très longtemps et j’ai réussi jusqu’à présent. Force est d’admettre qu’il y a quand même des choses dont je dois me débarrasser. Je vais refaire le tri dans les prochaines semaines. Plus ma santé s’améliore et moins je ressens le besoin de tout garder. Je n’ai plus vraiment cette impression que quelque chose de terrible va m’arriver. Ce n’était pas une fausse impression ni une fausse inquiétude, non. Des choses terribles sont réellement arrivées. Le fait que je suis passée au travers ne signifie pas qu’elles n’étaient pas si pires, non.
Mon intervenante pour le stress post-traumatique m’a parlé d’une série qui va sortir bientôt. C’est une série sur les hommes qui vont bien. L’article se demandait où sont les hommes qui vont bien. Ça m’a fait rire parce qu’on essaie souvent de me faire croire que je suis la seule à rencontrer des difficultés relationnelles. Si des personnes ont ressenti le besoin de faire toute une série télévisée là-dessus, ça doit vouloir dire qu’il y a réellement un problème et que je ne suis très certainement pas la seule. J’ai d’ailleurs terminé durant la fin de semaine un espèce de brûlot misogyne que je n’aurais peut-être pas dû lire… mais bon. Je suis curieuse de nature et j’aime vérifier des choses. Alors j’ai lu. Aussi j’ai déjà travaillé avec l’homme qui l’a écrit. Un cauchemar. Ça parlait d’un féminicide, mais c’était du point de vue de l’homme et on essayait en quelque sorte de montrer qu’elle l’avait un peu pas mal cherché. L’intériorité du gars était répugnante. Je ne suis plus capable de cette masculinité là. Je ne sais pas où était passé l’éditeur non plus. Ça manquait de travail en tout cas. Je n’ai pas été surprise à la fin de voir que l’auteur remerciait juste des hommes et citait juste des hommes… Bref, terrible.
Je suis allée commencer mon gros projet de tatouage aussi. Ça va être super beau. Je suis vraiment heureuse. J’ai repensé à ma mère qui disait que si un jour je me faisais tatouer elle se suiciderait. Je l’ai raconté à la tatoueuse. Après j’ai dit intensément: « Let’s hurt my mom ! » Apres on était morte de rire et il a fallu arrêter un moment pour ne pas que j’aie une toile abstraite sur la poitrine. Si ça vous semble puéril, vous n’avez probablement pas une mère qui vous a suggéré de vous suicider. Je ne pense pas souvent à elle, mais quand j’y pense c’est très loin d’une image de la maternité réconfortante.
Je vous montrerai plus tard. Il faut que je dorme si je veux réussir à finir la session. Je suis heureuse d’avoir plus d’énergie, mais quand même… vivement les vacances!
