La faim

Ça ne va toujours pas très bien sur le plan de la santé physique. J’ai dû reporter mon tatouage. J’ai été malade ce matin et après j’avais trop mal à la tête pour penser à me déplacer dans le nord de la ville. Vivement que les choses rentrent dans l’ordre. J’ai besoin d’énergie. J’ai aussi envie de pouvoir manger sans me demander ce qu’il se passera après.

Le moral va mieux par contre même si certaines jours sont encore difficiles. Ça me hante, toutes ces choses que j’ai vécues. Ça va s’estomper avec de meilleures expériences, mais je finis par me demander quand elles arriveront, ces satanées meilleures expériences. On dirait plutôt que les humains se donnent le mot pour me décevoir et me blesser et honnêtement, je n’en peux plus.

J’ai faim de meilleures expériences humaines. Jalen ai quelques-unes, mais je pense que ça en prendra encore pas mal pour que je me rétablisse.

Hier en finissant de travailler, j’avais mal partout à l’intérieur et je ne voyais pas vraiment comment j’allais faire pour me remettre de tout ce que j’ai vécu et sur quoi les gens viennent appuyer sans arrêt. J’ai encore bien des choses à réparer.

Mon psy avait peur que la dernière expérience me décourage d’être féministe. Au sens où je pourrais décider que j’en ai assez de sans arrêt être punie parce que je le suis par des hommes qui ne comprennent et n’écoutent pas vraiment ce que je dis. Mais non. Je pense que je me ferais volontairement couper une jambe avant de cesser d’être féministe… ou même que je mourrais. J’espère que c’est clair. En fait je pense l’être devenue encore plus suite à cette histoire puisque je n’ai pas seulement été maltraitée par un homme, mais par plusieurs femmes aussi. C’est décourageant. J’ai un projet de bd sur la violence des femmes. Je commence aussi à en avoir un sur les choses absurdes qui me sont arrivées à l’université durant les 24 dernières années…

Pour ce qui est de l’impact sur ma façon de faire, il n’y en a pas vraiment. Ce n’est pas de ma faute si des personnes ne sont pas capables de faire des liens dans leur tête. Partir d’une expérience personnelle pour adresser un sujet qui nous dépasse, c’est la base de l’essai… un genre sans lequel il y aurait bien peu de vie intellectuelle puisque c’est celui qui nous permet le mieux d’entrer en contact avec l’altérité, de retrouver nos expériences et soucis dans les autres et de réfléchir aux problèmes de société. Ce n’est pas ma faute non plus s’il existe encore des personnes assez ignorantes pour penser que la violence est un problème personnelle au lieu de comprendre que c’est un problème de société et que par conséquent, tout travail de réflexion et de création sur la violence n’est jamais personnelle et toujours plutôt nécessairement engagé.

Je suis fatiguée. Je vais aller au lit. Il se passe peu de choses ces jours-ci. Je suis enchaînée à mes corrections et mon état de santé. Ça fait partie de la vie aussi.

Dodo avec les amours qui heureusement, sont gentils eux.

J’avoue que je me demande souvent qui est la personne qui vient toujours vérifier si j’ai écrit autre chose. Avant je pensais que c’était le voisin harceleur. Maintenant je ne sais plus…

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