L’infinie tristesse

J’ai pleuré beaucoup ce soir après que j’ai eu enfin fini de corriger les scénarimages. Ça m’a vraiment épuisée ces presque quatre mois à lutter contre quelque chose que je n’aurais jamais dû vivre. Je ne suis pas faible, mais je suis définitivement un peu brisée et très épuisée. Ça m’a aussi pas mal brisé le cœur.

J’ai eu une rendez-vous avec mon intervenante pour le stress post-traumatique ce matin. Je pense qu’elle a touché quelque chose. Elle a dit qu’elle pensait que le principal problème c’est que toutes les personnes impliquées dans ce que j’ai vécu ces derniers mois ont très gravement sous-estimé la gravité de mon état de santé et le très pénible impact que cet événement de marde à eu sur ma vie et continuera à avoir pendant un certain temps encore. Ce n’est pas parce qu’on ne se roule pas par terre en hurlant qu’on ne souffre pas terriblement intérieurement. Je pense qu’effectivement les gens entendent les mots que je dis, mais ils ne les comprennent pas vraiment et ne prennent surtout pas le temps d’essayer de s’imaginer à ma place. Sinon absolument aucune de ces personnes n’aurait choisi d’agir comme elles l’ont fait à moins de souffrir d’un très grave trouble mental.

Je ne sais pas pourquoi les gens minimisent toujours ce que les autres vivent. Je ne sais pas pourquoi les gens ne se posent jamais de questions sur comment leurs comportements affectent les autres. On dirait que les gens pensent que les autres sont comme des coquilles vides dans lesquelles ils peuvent projeter toute la marde qui leur passe par la tête sans se poser de question ni se soucier de comment ça affectera l’autre personne… et la coquille n’a bien sûr pas le droit de réagir.

Je suis tannée qu’on me demande d’excuser les comportements des hommes en me disant qu’ils ont peut-être des problèmes ou des enjeux de santé mentale. Ce sont deux bonnes raisons de consulter. Pas de maltraiter les autres. C’est un peu beaucoup ridicule pour moi de me faire dire ça alors que je suis allée en thérapie il y a plus de quinze ans justement pour éviter que les choses que j’avais vécues aient pour conséquence que je blesse les autres. On voudrait que j’accepte en silence de subir les problèmes de santé mentale des autres qui ne prennent pas leurs responsabilités et qui ne font pas de travail sur eux-mêmes. Je n’ai aucune idée de pourquoi on espère ça de moi. Ça n’a aucun sens.

Je n’ai jamais eu l’audace de penser que les autres devaient endurer mes comportements de marde. Je ne comprends pas pourquoi autant de personnes assument ça. Je suis tombée tantôt sur une série de captures d’écrans de textos de personnes qui disaient à leur ex qu’elles savaient qu’elles étaient toxiques et les maltraitaient mais qu’elles avaient besoin d’elles… Quand tu es capable d’avoir conscience que tu es toxique et que tu maltraites les autres, tu vas en thérapie. Tu n’essaies pas de récupérer ton ex ou de te défouler sur n’importe quelle autre personne te trouvant minimalement charmante. Ça a donc bien l’air compliqué! Je ne pense pas que je serais en mesure de vivre avec moi-même si je maltraitais des gens qui m’aiment… ou des gens tout court qui ne m’ont rien fait. Les gens qui m’ont fait quelque chose de dégoûtant et violent, c’est une classe à part. Je suis très bien capable de vivre avec le fait de ne pas être gentille avec ces personnes.

Plus rien ne fait de sens en ce moment. Je suis pas mal cassée. Je vais essayé de me réparer.

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