Conclure et avancer

Toute cette histoire me laisse avec une impression bizarre. Celle d’être allée au cirque. J’en ressors profondément découragée, mais j’ai bien l’intention de continuer à avancer et à lutter contre la violence dans toutes les sphères de ma vie. Oui, je sais, j’ai utilisé des gros mots dans la suite. Ça s’appelle de la violence réactionnelle et c’est très différent que d’être une personne violente soi-même. À un moment donné, ça ne devient plus possible de rester polie devant des choses qui sont évidemment absurdes et injustes. Aussi, ce soir j’ai regardé une série dans laquelle un jeune fait une tuerie dans une école suite à une humiliation publique et je me suis dit que j’aurais clairement pu avoir une réaction pire que celle que j’ai eue… Donc ça va. Je suis en paix avec moi-même.

C’est vraiment étrange aussi comment ce chargé de cours ne voit pas ou fait abstraction de toute la part sociale de mon travail. Comme si son cerveau ne faisait pas les liens. C’est vraiment bizarre qu’il s’imagine que je parle de violence conjugale seulement pour parler de moi… Je n’ai absolument jamais remis quoi que ce soit où il était seulement question de moi, où j’étais même mise en valeur… et surtout je n’ai jamais produit quelque chose qui n’avait pas un fort engagement envers la société et des expériences de souffrances communes à un très grand nombre de personnes. C’est aussi vraiment bizarre de me faire dire ça alors que j’étais en train de parler de personnes mortes de toxicomanie… et de personnes transgenres… et de moi aussi, oui, mais clairement pas seulement de moi et encore moins dˋune façon qui pourrait être considérée narcissique.

Si à un moment vous avez eu la réflexion immature consistant à vous dire que si cˋétait si faux que ça, ça ne mˋaurait rien fait. vous avez tort. Dans un entretien avec un professionnel en santé mentale cette semaine durant lequel j’ai encore dû raconter cette horrible histoire, l’expert a répondu: Si tu étais narcissique, ça ne t’aurait rien fait qu’il te dise ça. Si on dit à Donald Trump qu’il est narcissique, il ne sera pas blessé. Il n’est pas particulièrement inquiet de ce qu’on peut penser de lui parce que son estime de lui et son ego prennent beaucoup trop de place. Là c’est moi qui embarque… Les narcissiques n’ont souvent pas de lien réel à l’autre… Ils ne vont donc pas se sentir trahis et vivre un état de choc si ça arrive. Leurs mécanismes de défenses qui leur racontent qu’ils sont parfaits sont beaucoup trop forts. Aussi entre un Trump qui prend toute la place et moi qui passe mon temps cachée, effacée dans d’un hoodie et qui passe mon temps à m’excuser d’exister, il me semble que la différence est claire. Il y a des narcissiques plus discrets, je sais… mais dans mon cas, mon équipe de soin considère que j’ai à peine quelque miettes du narcissisme sain (l’amour de soi) que les gens ont normalement… avant que je m’aime trop ou que je sois narcissique, il va tomber de la merde du ciel…. Heureusement.

Je sais que l’idée derrière ça c’est peut-être aussi simplement de me réduire et de réduire la portée de mon travail afin de me blesser. C’est crissement mesquin et immature, oui. Il peut y avoir de multiples raisons en fait, allant du fait qu’il n’a aucune idée de ce qu’est le trouble de personnalité narcissique mais voulait me blesser pour une raison ou une autre jusqu’à c’est un incel et il avait plus de sympathie pour mon harceleur que moi et il a voulu me détruire pour venger tous les pauvres hommes. Le fait est qu’il n’y a pas d’excuse ni de bonne raison de faire ça à aucun élève. Je confirme qu’après 24 ans à occuper diverses positions dans des universités, je n’ai absolument jamais vu la violence donner quoi que ce soit de pertinent. Et oui… c’est indubitablement de la violence. Vous n’avez qu’à jeter un coup d’œil sur les effets secondaires qui en découlent… Qu’ils se le gardent leur charge de cours qui fait vivre des humiliations à ses élèves et qui les regarde dans les seins au point où elles décident de ne plus aller à leurs ateliers… lui va être content de toute façon. Il n’aura plus à me voir.

Je me sens plus prête à fermer la porte maintenant. Je n’aurai pas le choix de la réouvrir pour l’ombudsman, mais bon… Je lui ai dit que je ne pensais pas qu’elle pouvait faire grand-chose pour moi puisque le bris de confiance est pas mal énorme. À la place de demander quelque chose pour moi, j’ai suggéré poliment que ce cas soit utilisé pour encourager fortement une refonte du centre d’aide aux élèves… ça fait depuis 2017 qu’on dit qu’ils ne font jamais rien pour les élèves… et on le dit dans les médias. C’est quand même ridicule que la seule chose qu’ils punissent soit le harcèlement… ça laisse tout un tas de violence possible, dont celles que j’ai vécues dans les derniers mois…

En gros dans cette histoire à l’université on me demande de choisir entre une opinion et je sais démontrée fausse et la recherche scientifique. Je pense que je vais choisir la science. Elle est pas mal plus crédible et moins biaisée… C’est tellement étrange cette idée… et l’arrogance de prétendre que l’opinion vaut plus est incroyable mais si fréquente. Mon frère et ma belle-sœur ont acheté une maison. Ils ont eu la mauvaise surprise d’y découvrir pour 12 000$ de dégâts causés par de la moisissure trois jours après le départ des anciens proprios. Eh bien figurez-vous que le gars a eu l’audace de dire à mon frère que c’est lui qui ne savait pas entretenir une maison et qu’il pouvait lui apprendre s’il le voulait. Après analyse scientifique, la moisissure est là depuis au moins deux ans… Je vais choisir de croire ce qui est vrai sur le plan scientifique au sujet de la violence. Pas ce que les gens me disent et qui les arrangerait que je crois.

La seule envie que j’ai maintenant, c’est de me tourner vers ma nouvelles vie sans dettes, avec une bonne équipe de soins, mes projets, mes chiens et mon nouveau programme d’études. J’ai beaucoup de travail devant moi. Il me faut réapprendre à nouer des liens de confiance. Apprendre à vivre de l’intimité avec des personnes saines.

Il me faudra aussi trouver qui je suis au-delà de tout ces traumatismes… ma vie est en bonne partie recouverte et déterminée par toutes ces violences que j’ai vécues… mais elles ne sont pas tout ce que je suis.

J’aimerais ça avoir un peu de paix au moins, idéalement beaucoup. J’aimerais ça avoir la possibilité de vivre un peu au moins, idéalement beaucoup. Je fonde pas mal d’espoir sur le nouveau traitement. J’espère ne pas être déçue. Pour le moment ça aide. J’ai dit à mon psy que je sentais quelque chose dans ma poitrine sans pouvoir le nommer. Quelques heures plus tard dans mon cours d’histoire de l’art, mon amie m’a dit: Tu ressens du bien-être. C’est juste ça. Je suis partie à rire et j’ai réalisé que c’est ça qui a changé, oui: parce que je ressens moi à d’anxiété, je peux respirer!

Je vais à mes amours.

À plus!

Laisser un commentaire