J’essaie de me vider la tête pour libérer de l’espace pour la rédaction de ma dissertation dans les prochains jours. Je veux en écrire au moins cinq ou six pages demain.
Ce qui m’a frappée le plus sur le coup et qui me hante encore un peu durant ce moment d’humiliation publique n’est pas tant le fait qu’il m’attribue un faux trouble de la personnalité narcissique même si c’est déjà quelque chose d’extrêmement violent à faire à quelqu’un qu’on ne connaît pas vraiment. Je sais que ce n’est pas vrai. J’ai confiance dans les diagnostics reçus ces dernières années. Il n’y a rien de narcissique dans mon travail non plus. La présence de ma face ou le fait que ça parte de quelque chose que j’ai vécu ne sont pas des critères suffisants pour m’attribuer ce trouble. Il y a des explications beaucoup plus simples et terre à terre… Aussi je n’ai pas vraiment de traits. C’est même l’inverse. J’ai plus tendance à me cacher qu’à me mettre à l’avant plan. Je suis seule depuis plus que huit ans alors que les narcissiques ne sont jamais seuls. Je suis en thérapie depuis quinze ans alors que les narcissiques ne vont jamais en thérapie à moins d’y être forcés par un juge. Je montre souvent mes défauts et faiblesses alors que les narcissiques veulent sembler parfaits. Et… la liste est longue. J’arrête ici.
Non, ce qui m’a vraiment le plus troublée, c’est la quantité de haine qu’il fallait qu’il porte en lui envers moi pour vouloir me faire ça. Peu importe l’angle sous lequel on regarde l’événement, il n’y a pas de façon que ce ne soit pas haineux ni anti pédagogique. Je me souviens m’être opposée à son discours trois fois en classe. Une fois quand il traitait un autre artiste de narcissique alors que nous regardions une œuvre qui représentait clairement le résultat et la symbolisation d’un traumatisme grave. Une fois quand il disait des choses fausses sur le genre du documentaire. Et une fois alors qu’il donnait de fausses informations sur la grève des profs. J’imagine que ça signifie qu’on doit me briser et m’exterminer. J’imagine que la prochaine fois qu’un prof dit des choses fausses aux élèves je devrais le laisser faire… mais à cause de la douance, ce n’est pas facile pour moi de m’empêcher de dire quelque chose. C’est comme avoir une allergie aux fausses informations. Ça me démange et je ne le fais pas pour nuire à l’autre. Je le fais par besoin d’exactitude factuelle. Ça m’irrite vraiment. Je ne pense pas que ça mérite qu’on me fesse dessus sauvagement alors que je suis vulnérable même si oui, je peux parfois être énervante comme bien des être humains.
C’est bizarre à imaginer, quelqu’un qui se dirait: « oh! Cette femme m’a confié qu’elle se fait harceler depuis un an et deux mois et qu’elle souffre de stress post-traumatique complexe et que sa santé va très mal. Je vais l’insulter pendant sa présentation orale et je ne dirai pas un mot sur son travail! Je vais insulter sa personne et inventer un trouble de la personnalité même si elle m’a déjà communiqué son diagnostic! »
C’est weird, hein?
On ne peut pas vraiment dire que ce soit un raisonnement intelligent. C’est plutôt celui d’une personne inutilement sadique. Et les sadiques s’isolent de plus en plus en faisant ces choses, ce qui n’est pas très intelligent non plus… ni utile.
C’était bizarre de lire ses excuses où il disait m’apprécier et avoir aimé nos conversations. C’était impossible à croire. Quand on apprécie quelqu’un on ne l’humilie pas publiquement. On en prend soin
Dodo.
