J’ai fait mes impôts ce matin. Ça m’a fait du bien. En ce moment, je me sens tellement coincée à attendre après les autres que terminer même la plus petite tâche revêt une importance particulière parce qu’elle me donne l’impression d’avancer, ne serait-ce que de quelques millimètres.
Il y avait encore un article bizarre sur mon quartier dans le journal. Je trouve ça étrange de lire ces caricatures qui n’ont pas grand-chose à voir avec la réalité que je vis au quotidien. Le problème s’étale aussi loin qu’une rue et deux stations de métro et on pond des complaintes sur l’ensemble d’un quartier. On le prétend pauvre et pourtant les loyers y sont d’un coût effrayant. Le nombre de personnes riches qui vivent autour de chez moi surpasse de loin le nombre de pauvres. Le problème n’est pas le quartier. Le problème est l’attitude à l’égard des pauvres. Bien sûr qu’il y a beaucoup d’itinérants et de toxicomanes dans le coin. Les ressources pour les aider étaient toutes concentrées ici et elles ont été fermées… Où voulez-vous qu’ils aillent? Pour moi le problème c’est de les considérer eux comme le problème… pendant que les personnes qui ont une soif incessante et inextinguible de toujours plus de luxe et de bourgeoisie ne se posent pas de questions et vivent sur le dos des autres… Pauvres eux! Ils sont confrontés à l’image peu reluisante des conséquences de leur mode de vie et de leur aveuglement précédent! Ça doit être terrible pour eux! Il ne faudrait surtout pas qu’on les force à y penser…
Ça me dégoûte. Je pense que l’embourgeoisement de l’esprit c’est une maladie contagieuse et ça grimpe sur les gens sans qu’ils s’en rendent compte et après ils vivent dans une sorte d’illusion délirante qu’ils sont les meilleurs et que ceux ne vivant pas comme eux sont inférieurs… sauvages, méprisables. Ça me dégoûte. J’essaie très très fort de ne pas me laisser contaminer même si j’évolue dans des sphères où ce type de pensée est monnaie courante.
Je suis malade depuis hier. Je ne sais pas si c’est un rhume, la mauvaise qualité de l’air à Montréal ou des allergies… ou tout ça. Probablement un mélange de tout.
J’ai hâte d’être rendue un peu plus loin dans ma vie. J’ai hâte même si l’on recommande partout de vivre dans le moment présent. Je me sens prisonnière de beaucoup de choses… et de beaucoup de situations. Je veux que ma vie change même s’il me faudra travailler beaucoup pour le faire.
J’ai repensé à la femme qui me suit pour le CPTSD et à sa colère. Je la comprends et je la ressens aussi sa colère. C’est quand même absurde tous ces humains qui se racontent être de bonnes personnes et qui font des choses évidemment répugnantes aux autres sans jamais se remettre en question. C’est rare que je la vois en colère. C’est encore plus rare que je l’entends dire qu’elle est en tabarnak… Mais c’est vrai que la situation est absurde. On travaille à me réparer d’agressions graves. Réparation qui a été aidée par tous les efforts des années précédentes et par la reconnaissance de ce que j’ai vécu et de comment ça a affecté ma vie par l’IVAC. Et là, des employés d’université qui ne se posent pas de questions sur leur façon de traiter les autres et qui se pensent supérieurs aux autres viennent tout saccager en agissant comme des merdeux ignorants dans ma vie et en faisant semblant que c’est normal de leur part de me violenter. C’est un spectacle éminemment répugnant.
C’est difficile à imaginer pour moi que des humains se promènent dans la vie sans se poser de questions au sujet de comment leurs actes et leurs paroles affectent les autres. Je sais que c’est monnaie courante, mais quand même. Ça me dépasse parce que c’est tellement éloigné de comment je vis ma vie, moi qui ai toujours peur de blesser les autres. Moi qui ai pensé que je n’avais pas le droit et ne méritais pas de vivre pendant si longtemps. Ça quelque chose d’obscène à mes yeux ces personnes qui pensent qu’elles peuvent dire et faire n’importe quoi aux autres sans avoir de conséquences. C’est d’une prétention infinie.
Je reste souvent surprise par la quantité de merde pure qu’il y a dans le cerveau de tant de personnes. J’aurais honte d’être si ignorante, prétentieuse, violente et insouciante. Ces personnes semblent trouver ça normal… alors que ça ne l’est pas du tout… Ces personnes se permettent d’essayer de me faire croire que c’est moi qui suis bizarre… C’est quand même drôle… Ce n’est pas moi qui se promène dans la vie à imaginer plein de merde fausse sur les autres et à me permettre de les traiter comme de la merde…
Enfin… je ne les laisserai pas détruire tout ce que nous avons reconstruis et construis même si oui, être indifférent à ce point à comment on affecte les autres ça me dégoûte.
Je retourne soigner mon rhume étrange. Je vous laisse sur une photo de mon quartier super glauque et violent. 😂
