Remâcher (2)

C’est quand même assez commun, les profs qui font ce genre de choses, soit humilier leurs élèves et ensuite leur fermer la gueule sur ce comportement en les couvrant de compliments et en leur donnant des bonnes notes. C’est un cas classique malheureusement très fréquent. Ce n’est clairement pas un mystère insoluble! Ça ne devrait pas être si compliqué à régler et ça n’aurait pas dû ressembler à une quête épique violente comme ça a été ces derniers mois et dans laquelle la personne qui se retrouve à payer et subir plus de violence encore, c’est moi.

C’est une des raisons pourquoi j’ai arrêté la médiation. D’abord, les excuses que j’ai reçues n’étaient pas vraiment des excuses. C’était une beurrée de compliments sur un travail un peu poche que j’avais fait en moins de 24h et ça insistait beaucoup sur le fait qu’il m’avait toujours donné de bonnes notes…. Le fait qu’il me confondent avec une personne dont le comportement et les valeurs dépendraient des notes qu’on lui donne souligne effectivement qu’il n’a aucune idée de qui je suis. Je ne suis pas une conasse qui accepterait qu’on lui fasse vivre une situation d’abus en échange d’un A+. Je ne suis pas non plus vulnérable de la même façon qu’une élève de 20 ans qui serait paralysée à l’idée de couler sa session si elle dit quoi que ce soit. Je m’en contrecrisse de mes notes. J’ai déjà prouvé tout ce que j’avais à prouver sur le plan intellectuel il y a très longtemps. Je ne suis pas non plus une personne orgueilleuse qui verrait comme une insulte suprême le fait d’avoir une mauvaise note. La preuve en est que j’ai moi-même offert au département de quitter le cours en me contentant de la note de passage pour ne pas avoir à être exposée à nouveau à cet homme. Son A+ il peut se le mettre où je pense. Il ne signifie rien pour moi.

La partie concernant les supposées excuses désignait ce qu’il avait fait comme un commentaire dont on peut juste ne pas tenir compte s’il n’est pas utile… C’est pas mal minimiser ce qu’il a fait. Pas mal beaucoup même. Une classe n’est pas un espace où on peut se permettre d’inventer des troubles de santé mentale à ses élèves ni mentir à leur sujet, encore moins en public. C’est un petit peu beaucoup dépasser les limites de ses compétences et un petit peu beaucoup ne pas respecter les droits que les élèves ont. Ce ne sont pas de vrai excuses puisque ce qui a été fait n’est pas reconnu comme tel. C’est minimisé. C’est fait pour se débarrasser.

J’avais commencé à remarquer qu’il y avait un décalage entre sa compréhension de ce que je fais et la réalité quand il m’avait fait, la dernière fois que je l’ai vu avant le moment où l’humiliation publique s’est produite. Il avait fait la remarque que je pouvais dramatiser si je voulais… comme si c’était ce que je faisais. Je ne pense pas que malgré toutes les informations que j’ai données, il a réalisé qu’en fait, ce que j’ai traversé dans ma vie et ce que je vivais l’automne dernier l’est réellement dramatique et profondément traumatique. C’est une posture extrêmement irrespectueuse, prétentieuse et condescendante de décider dans sa tête qu’une autre personne exagère ou dramatise ce qu’elle a vécu. Qu’est-ce que ça lui prend, tanarnak, pour considérer que c’est vraiment dramatique? Faut-il qu’il se fasse violer deux fois lui-même avant d’avoir une amorce de compréhension? Puis qu’il vive tout le reste de ce que j’ai vécu ensuite? C’est complètement ridicule. Il avait l’air détruit d’une simple Covid. Il ne ferait pas long feu à traverser ce que j’ai traversé…

Après, laisser quelqu’un dans un état de détresse psychologique qu’on a causé pendant trois mois, c’est juste inhumain et cruel. Non, les vacances de Noël n’excusent rien. Personne ne devient handicapé à l’approche de Noël et il ne faut vraiment avoir aucun souci de l’autre pour se dire « Je ne prendrai pas cinq minutes de ma vie pour soulager cette personne parce que ça va empiéter sur mon temps de vacances! » Il faut vraiment être déconnecté de la réalité et ne pas avoir d’empathie.

Alors non, je n’ai aucun regret d’avoir mis fin à la médiation. Il a choisi de ne pas répondre aux messages que je lui ai envoyé, choisi de ne pas réellement s’excuser, choisi de ne pas se rendre disponible, choisi de reporter, choisi de ne pas me respecter moi, ni mon temps, ni mon énergie et… (mais c’est moi qui suis narcissique!! 😅) Il a refusé les chances offertes et la voie facile, qu’il s’arrange avec la voie difficile. Je ne pense même pas qu’il ait ouvert le petit ordinateur qu’on porte tous dans la main tous les jours afin de comprendre les effets réels d’une humiliation publique et encore moins à quoi ça correspond de souffrir de CPTSD. Qu’il s’arrange avec ses choix et ses comportements de merde. Au bout de trois mois, trois mois où j’ai été malade constamment à cause de cette situation, ce n’est pas possible pour moi de penser qu’il est sérieux dans sa démarche ni qu’il a un quelconque respect. Ce n’est pas vrai non plus que j’allais me taper plusieurs fois le stress de me préparer pour les rencontres de médiation inutilement. Ce n’est pas vrai que je vais le laisser me faire vivre ça. Il a clairement besoin d’aide et ce n’est pas une petite médiation qui va arranger ça…

Bon. Je vais mettre tout ça de côté jusqu’à ce que j’aie plus de réponses pour la suite. Je suis complètement dégoûtée. J’ai honnêtement autre chose à faire de mon temps.

Je vais aller me reposer, la conscience tranquille.

Bonne fin de semaine!

(I never promised you a rose garden)

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