Dans un documentaire que je regardais hier, celui qui porte sur ce que l’on fait aux jeunes pour les détruire psychologiquement dans les écoles de réforme, il ont dit cette phrase que j’avais déjà entendue avant, mais qui a résonné plus fort cette fois: « La maltraitance se nourrit du silence ».
Je ne serai jamais silencieuse quand on me fait du mal. Jamais.
Qu’ils vivent avec leur honte. Elle leur appartient. Complètement.
Ce matin en promenant Cassius, je pensais à toutes ces jeunes femmes qui s’empêchent de demander de l’aide parce que les hommes qui devraient les aider les traitent de façon répugnante, parce que les enseignants qui devraient se soucier de leur évolution comme personnes les déshabillent du regard comme des crétins incapables de se contrôler. Ne me sortez pas la connerie voulant que les hommes aient une libido plus élevée. J’ai déjà dit que ça fait au moins une décennie que c’est démontré faux par la science. Et même si c’était vrai, nous vivons dans une société où il existe un contrat social selon lequel afin de faire partie de la société, nous nous engageons à ne pas nous agresser les uns les autres. Qu’un ti-coune déficient et non éduqué ne sache pas ça, je pourrais l’imaginer, mais que des hommes qui se considèrent supérieurs aux dits ti-counes et à tout le monde n’en aient aucune idée, ça, ça ne va pas, non. Si vous ne pouvez pas contrôler vos pulsions libidinales, vous avez besoin d’aide et c’est votre responsabilité d’aller la chercher. Sinon, vous n’avez pas de place dan dos société. On doit vous mettre à la porte. Regarder de façon insistante les seins des femmes, c’est une forme d’agression, oui. Je ne sais pas à quel point il faut être un crétin entitled et enfermé dans sa vision glauque du monde dans laquelle on se donne une immense importance pour se permettre de gâcher et éventuellement détruire les conditions d’apprentissage des jeunes femmes au point qu’elles s’empêcher de faire ce qu’elles voudraient faire.
Je ne vais pas faire silence, non.
Ça a quelque chose d’étrange tout ce qui m’est arrivé ces deux dernières années. Ça crée presque un sentiment d’irréalité. Ça crée un dégoût de l’humanité. Le voisin qui me propose d’être son bouche-trou pendant que sa blonde est auprès de sa mère mourante après que je lui ai dit que j’ai été violée deux fois et que j’ai vécu beaucoup de violence dans mes relations et que c’est difficile pour moi de me laisser approcher… et qui me harcèle pendant plus d’un an après. Le chargé de cours qui se présente comme soucieux des autres et ayant des idées élevées et qui s’amuse à humilier ses élèves violemment en ne faisant preuve d’aucun respect, aucune empathie et aucune humanité. Des profs femmes qui mentent au BIPH et qui excusent les actions violentes des hommes. Des professeures d’université qui essaient de me faire croire que c’est ma faute au lieu de me soutenir. Un bureau de harcèlement qui cherche à protéger et excuser un prof qui dévisage les seins des étudiantes au lieu d’aider les élèves. Et… qu’est-ce qu’elles peuvent faire à part avoir peur et être détruites les jeunes femmes de vingt ans? Je ne peux pas imaginer qu’on les traite mieux si on essaie de me faire croire que ce n’est pas grave à moi qui ai l’expérience et les connaissances pour savoir que c’est faux et que tous les comportements énumérées sont répugnants et interdits. C’est à vomir.
J’ai des images qui me repassent dans la tête d’une madame essayant de me faire croire que le chargé de cours a fait ça parce qu’il ne me connaît pas. Comme si c’était normal que des profs ne connaissent pas leurs élèves se permettent d’inventer des troubles de personnalités à leurs élèves qu’ils ne connaissent pas et les en affublent publiquement. Ça relève du délire. Il n’y a pas d’autre conclusion.
Je me réjouis de ne pas être une de ces bonnes femmes lobotomisées par la misogynie internalisée. Je ne suis plus capable de les sentir. Je pense que c’est quelque chose de normal chez les jeunes femmes parce qu’elles n’ont pas encore assez reçu de messages allant à l’encontre de la merde dont on nous bourre le crâne dès l’enfance. Mais chez des femmes adultes et même parfois vieillissantes, je trouve ça désespérant. Vous vous dites peut-être que je ne suis pas très gentille avec les madames misogynes qui s’ignorent… Pas gentille comme elles le sont avec moi? (Presque morte de rire ici. Comme si je leur devais quelque gentillesse que ce soit.)
C’est une bien triste et inutile histoire en tout cas. J’aimerais beaucoup que les gens se posent plus de questions et prennent davantage soin de leur santé mentale. C’est souvent vraiment épeurant malheureusement de constater ce que les gens portent comme idée sur eux-mêmes, les autres et la vie. Si vraiment c’est tellement confrontant pour lui de me voir assumer qui je suis et être capable d’explorer publiquement et artistiquement des sujets personnels et sensibles, il a juste à devenir capable de le faire. Ce serait beaucoup plus sain pour lui et les personnes qui l’entourent. Il est chanceux que je sois si bien entourée. C’était vraiment dangereux de faire ce qu’il a fait à une personne de trouvant dans l’état où j’étais à ce moment. Si je n’étais pas entourée par une si bonne équipe de soins, il aurait probablement une morte sur les bras. Je n’exagère pas, non. Je ne sais pas s’il la trouverait drôle. Peut-être que oui. Je m’attends maintenant vraiment à n’importe quoi des humains.
Au jour de l’an, un homme qui lit le blogue depuis quelques années m’a écrit que quand il avait lu l’histoire avec le chargé de cours, il s’était dit que je n’avais vraiment pas besoin de ça. En effet. Je n’avais vraiment pas besoin de ça. Ça m’a touchée et fait du bien qu’une autre personne le voit.
Demain, c’est la journée des droits des femmes. J’espère que j’aurai de belles surprises de l’humanité et que mes droits seront respectés. Je le souhaite à toutes les femmes.
Je continue bientôt…
