Comme je pensais, je suis restée à la maison aujourd’hui. Désolée si vous êtes allé.e.s au salon en pensant me voir. J’étais définitivement trop épuisée. J’étais déçue aussi parce que j’aurais aimé y aller. Il y avait vraiment des personnes très intéressantes.
Je suis restée ici et j’ai travaillé à mon rythme. Quand je n’ai plus été capable, j’ai commencé à regarder Femme, je te tue. Je pensais que j’en avais vu plusieurs, mais non. J’avais vu un seul épisode. J’entends déjà les gens me dire que je ne devrais pas regarder ça considérant ce que j’ai vécu, que ça va me déprimer… mais non. Ça ne me déprime pas, même si oui, je suis triste pour les familles.
Je ne trouve jamais déprimants les émissions, livres, Balados et… qui traitent de ces sujets. En fait ça me fait du bien, même si au fond j’aimerais que la société soit différente de fond en comble afin que cela ne se produise pas. Ça me fait du bien parce que ça me fait me sentir moins seule. Ça me confirme, même si je le sais déjà, que les personnes qui essaient de me faire croire que ça n’arrive qu’à moi mentent ou alors sont profondément ignorantes. Ça me fait du bien de voir la force des autres et d’entendre parler de ce qu’ils ont fait pour aller mieux après l’impensable, des ressources qui existent.
Un de mes souhaits les plus chers, ce serait que plus de personnes s’informent réellement de ces sujets, que ce soit en regardant cette émission ou une autre (Pas une de plus est génial aussi.) afin que la population générale aient moins de préjugés sur les situations de violence. La police estime que seulement 33% des cas de violence conjugale sont déclarés. À voir la quantité de contenus produits sur différentes formes de violence, je ne peux pas croire que certaines personnes se racontent encore que c’est rare. Je pense que ça provoquerait beaucoup de prises de conscience. À la fois chez les victimes et chez les agresseurs… Ça ne suffirait pas, bien sûr, mais même si une seule personne qui subit ou commet pouvait comprendre qu’elle a besoin d’aide grâce à ça, ce serait déjà infiniment mieux que rien.
Durant le salon, une fille qui avait regardé mes trucs et était allée faire le tour est revenue à la fin. Elle m’a acheté un zine et m’a dit: Tu n’es vraiment pas la seule à avoir vécu ça. La femme avec qui je partageais la table savait très bien de quoi je parlais aussi.
Ce n’est pas rare. Ça ne le sera probablement malheureusement jamais… mais si vous pouviez arrêter d’en rajouter par-dessus en vous informant et en apprenant que vous ne savez pas de quoi vous parlez, les choses changeraient très vite. Il ne faut pas attendre que les agresseurs changent. Il faut changer soi-même.
Bonne nuit!
Je vous laisse Hannah qui boude parce que son amour dort.
