Je trouve la vie difficile en ce moment même si j’ai parfois des moments de joie. Ils sont rares. Je ressens une urgence de changements que je ne sais pas encore comment incarner. C’est lourd. J’attends des choses qui ne viennent pas et ça rend tout plus difficile.
Demain c’est le retour en classe. Ça devrait bien aller, au moins avec les élèves et quelques collègues. Mais je dois dire que je ne me sens pas très en forme pour être et parler devant plusieurs personnes. Je n’ai pas remonté toutes les pentes que je dois gravir et ça risque de me demander beaucoup d’énergie. Au moins ce sont des cours intéressants à donner. C’est déjà ça. Je verrai en cours de route comment ça se passera.
L’affaire qui s’est produite avec le chargé de cours m’affecte encore. Celle avec le voisin aussi. Malgré tout ce que j’ai vécu, il me reste toujours une forme d’incrédulité face au fait qu’on peut commettre des actes aussi violents et vides en même temps et continuer à vivre sa vie normalement comme si de rien n’était. Je trouve ça très sauvage et inconscient. Je n’arrive pas à comprendre. Mais peut-être qu’il n’y a rien à comprendre en fait. J’ai surtout hâte que ces histoires cessent de m’affecter. J’ai hâte que le malheur et la violence des autres cesse de me placer dans des situations où ils se défoulent sur moi. Chose certaine: je n’avais besoin d’aucune de ces deux histoires qui me hantent même si elles sont dans le passé maintenant. Ça a sévèrement réactivé mon état de CPTSD et on ne s’en débarrasse pas seulement par la volonté, non.
C’est vraiment difficile vivre avec le CPTSD. Quand je suis au plus bas, il m’arrive de souhaiter que les personnes qui me font du mal en souffrent… mais quand je me sens un peu mieux ça arrête, parce qu’au fond de moi, vraiment, je ne souhaite ça à personne.
J’essaie de me concentrer sur ma vie et sur mes projets. Je sens une urgence de me sortir de là de toutes les façons possibles. De ce trou noir où les gens semblent vouloir m’enfoncer à répétition. Je n’arrive plus à ressentir grand-chose pour les autres à part quelques exceptions pour des personnes que je connais bien. Je trouve ça très difficile à vivre. Ça m’effraie beaucoup. J’imagine que quelque chose en moi me protège parce que je suis épuisée sur le plan humain. J’ai encore appris beaucoup. Ça a du positif, mais du négatif aussi, au sens où j’ai de moins en moins de patience pour l’aveuglement des autres.
Les autres… ils sont souvent très lourds. J’avoue que ça me surprend souvent, la quantité de merde que les gens ont dans la tête. Je suis aussi souvent surprise par toutes les degueulasseries qu’ils se permettent de penser, qu’ils connaissent la personne en face d’eux ou pas. Les humains sont capables de bien, oui, mais il y en a vraiment beaucoup qui sont très épeurants aussi. Principalement épeurants intérieurement en fait. Ils passent souvent inaperçus au quotidien. Et puis tout à coup la merde se déverse et on n’a pas le choix de la voir.
J’aimerais avoir une autre vision du monde, mais notre vision du monde provient aussi des expériences que nous vivons et je ne vois pas comment je pourrais avoir une vision positive du genre humain avec les choses qui m’arrivent. C’est quand même fou. J’ai vraiment besoin de repos.
Il faudra que ce soit ça pour les prochains mois. Du repos des autres qui sont si difficiles à vivre. Il faudra travailler fort à la construction de ma vie et au rétablissement de la santé.
J’ai lu un livre que j’ai adoré aussi. Arrêtez ici vos remarques sur le fait que ça a dû contribuer à me déprimer de lire ça, l’histoire d’une fille agressée par un ami de son père pendant un an alors qu’elle avait 15 ans. Ça ne m’a pas déprimée parce que je sais déjà que ces choses sont extrêmement fréquentes. Ça me fait aussi du bien de voir ce que les autres font pour aller mieux et qu’elle parle bien de son parcours. Ce qui me déprime, ce sont les personnes qui choisissent de se voiler la face, de regarder ailleurs, de faire semblant que ça n’existe pas, que nous exagérons, dramatisons ou… ce sont ces personnes que je déteste et que je méprise. Elles pourrissent la vie. Elles empêchent que ces choses cessent. Elles en sont complices… Tout comme les personnes qui trouvent des excuses aux personnes violentes ou qui minimisent leurs actions.
J’ai beaucoup de travail à faire. Je vais me reposer.
À plus!
